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Comment faire avaler un comprimé à mon chat ?

 

COMMENT FAIRE AVALER UN COMPRIMÉ À MON


CHAT ?





Points forts :


. Faire avaler un comprimé à un chat n'est pas toujours simple. Passe encore s'il s'agit d'un traitement court, avec une seule prise quotidienne, mais s'il s'agit d'administrer plusieurs comprimés tous les jours pendant toute la vie du matou, la situation vire rapidement au cauchemar, et le traitement n'est pas respecté.


. La meilleure solution est la méthode douce, en s'arrangeant pour que le chat prenne ses comprimés tout seul, voire même les réclame : comprimés appétents, cachés dans une crevette ou dans une pâte appétente prévue à cet effet… si l'une de ces méthodes marche, tout va bien !


. S'il n'y a pas moyen de faire autrement, on utilise la contrainte - avec autant de modération que possible ! le lance-pilule est la solution la plus simple. Sinon, il ne reste plus qu'à aller mettre le comprimé au fond de la gorge du chat avec ses doigts !


. Et si on mélangeait douceur et fermeté ? On écrase les comprimés dans un petit broyeur, on les mélange à une pâte bien épaisse, et on colle celle-ci sous la babine du chat… qui est bien obligé de l'avaler. Peut-être la meilleure solution pour un chat difficile, à découvrir en vidéo à la fin de cet article.

 

 


 

 

 

 

Pour commencer, un mot sur la notion d'observance :

 


Alors, ceux qui veulent juste des conseils pratiques parce que c'est l'heure du comprimé, là, maintenant, tout de suite, et qu'Hector est en haut de l'armoire, qu'il les regarde arriver avec la queue ébourriffée et qu'il n'a pas l'air content du tout, peuvent sauter cette introduction et passer tout de suite aux conseils pratiques. Pour les autres, ces quelques lignes sur la notion d'observance sont tout de même intéressantes à lire.

 

 

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit l'observance comme la concordance entre le comportement d'une personne, (prise de médicaments, suivi d'un régime et/ou modifications de comportement), et les recommandations d'un soignant.

 

Pour préciser un peu, on dira que c'est le fait de commencer son traitement au moment indiqué, de ne pas augmenter ou diminuer la dose, ni ajouter ou supprimer un médicament, de respecter l'intervalle entre deux prises et de ne pas en sauter une ou plusieurs, et bien sûr, d'aller jusqu'au bout du traitement.

 

En médecine vétérinaire, plusieurs causes de mauvaise observance sont décrites : un traitement trop compliqué, des explications insuffisantes lors de la prescription du médicament, l'arrêt du traitement dès que l'animal va mieux, le non renouvellement quand on arrive à la fin de la boîte, le manque de temps, ou tout simplement… l'oubli. Malgré tout, l'obstacle numéro un à la bonne administration d'un traitement jusqu'à son terme est probablement la difficulté à faire avaler le(s) comprimé(s). Une étude (référence en fin d'article) a montré que le défaut d'observance était de 30,8 % chez les propriétaires de chiens, contre 61,5 % des propriétaires de chats, ce qui se passe de commentaire !

 

Certains chats sont dociles, et/ou ont été habitués très jeunes à la prise de comprimés, ("on le lui met au fond de la gorge, et hop, il l'avale !"). Dans ce cas tout va bien, et aucune astuce n'est nécessaire. Pour les autres, (et ils sont nombreux), c'est plus compliqué ! Passe encore s'il s'agit de faire prendre un vermifuge deux fois par an. Mais si l'on doit faire avaler trois ou quatre comprimés matin et soir, (par exemple deux antibiotiques et un anti-inflammatoire, cas relativement banal dans une infection un tant soit peu sévère), ou pire un traitement à vie, (pour un insuffisant cardiaque ou rénal, un hyperhtyroïdien…), là, les choses se corsent, surtout avec un chat qui n'a pas faim à cause de sa maladie. Parce que Belzébuth va peut-être se faire avoir une fois mais pas deux ; parce que le matin, on a souvent autre chose à faire que de courir après un chat qui se cache sous le lit en crachant ; parce que si l'opération se termine avec des mains lacérées et un chat traumatisé dès le premier jour, ce ne sera pas vivable bien longtemps, etc.

 

Le résultat, c'est que les traitements ne sont pas pris, ou pris les deux premiers jours seulement, après quoi tout le monde baisse les bras. Plusieurs études ont analysé l'observance des traitements en médecine vétérinaire : dans l'une d'elles, une bonne observance n'a été observée que dans 27 % des cas ; dans une autre, 71 % des propriétaires s'estimaient parfaitement observants… alors que 26 % seulement l'avaient été ; dans une troisième, 16 % des propriétaires n'ont même pas acheté les médicaments, et l'observance n'a été bonne que dans 37 % des cas.

 

La première conséquence de tout ça, c'est l'échec thérapeutique : pourquoi donc l'infection de ce satané chat ne guérit-elle pas, alors qu'il vient de prendre, (ou est supposé avoir pris !), vingt jours d'un antibiotique adapté à sa maladie ? Chez l'humain, une étude a montré que 13,6 % des échecs thérapeutiques sont liés à la non-observance du traitement. Autre conséquence, et non des moindres, la création de résistances chez les bactéries, parce que les petits staphylocoques qui ont reçu trois jours de traitement et puis c'est tout… ils ne seront pas tous tués vu qu'il aurait fallu dix ou quinze ou vingt jours de traitement pour les exterminer tous, en revanche, ceux qui auront survécu à ces trois jours seront les plus résistants de la colonie à l'antibiotique en question. Et c'est comme ça, entre autres, qu'on sélectionne des souches résistantes. Accessoirement, si l'on peut dire, une mauvaise observance augmente le coût du traitement pour le propriétaire ; parce que le chat ne guérit pas, et que ça génère de nouvelles consultations, puis de nouveaux traitements qui ne seront pas plus efficaces que les précédents s'ils ne sont pas mieux donnés, et comme le vétérinaire ne comprend pas pourquoi le chat ne guérit pas malgré un traitement a priori adapté, il va pousser plus loin les examens pour rechercher une autre cause possible à la maladie…

 

Bon, tout ça pour dire qu'un traitement, ça se donne comme il faut, et jusqu'à la fin. Oui, mais que faire si votre félin refuse de coopérer ? Quelques éléments de réponse :

 

 

1 - Les formulations appétentes :

 

Par empathie pour les maîtres qui se font griffer, par intérêt pour la santé des chats qui ne prennent pas correctement leur traitement, ou pour que leurs médicaments se vendent mieux que ceux de la concurrence, (ou peut-être pour les trois raisons à la fois, allez savoir), les laboratoires ont compris que de gros comprimés pelliculés qui font baver resteront au fond de l'armoire à pharmacie, et ne parviendront jamais dans l'intestin du chat. Depuis quelques années, on voit donc se développer de plus en plus de formulations appétentes. La plupart des anti-parasitaires, antibiotiques et anti-inflammatoire bénéficient ainsi d'une formulation adaptée : comprimés de petite taille ressemblant à des croquetttes, avec une odeur et un goût attirants pour le chat, ou liquides administrés à la pipette, eux aussi avec un goût agréable. Les anti-parasitaires en pipette que l'on dépose sur la peau de la nuque (spot-on), sont évidemment beaucoup plus faciles à administrer, (quoique…), mais hors sujet dans une page consacrée à la manière d'aller mettre ses doigts au fond de la bouche d'un chat sans se faire claver.

 

Donc, le comprimé appétent : quand ça marche, c'est le nirvana, parce que répétons-le, avec la manière forte, et même en utilisant les recettes données ci-dessous, on  se lasse assez vite. Si on peut poser le comprimé devant son chat et que celui-ci le mange spontanément, c'est le top du top. On en voit même certains qui viennent attendre leur comprimé du soir, alors que le traitement est terminé depuis plusieurs jours. Il faut alors leur faire comprendre qu'ils sont maintenant guéris, et qu'il ne faut tout de même pas abuser des bonnes choses : fini le comprimé appétent !

 

 

Vermifugation du chat par un comprimé appétent, mélangé aux croquettes : Pompon se méfie quand même un peu, engloutit ses croquettes, tournicotte quelques secondes, et revient finalement manger le comprimé, parce qu'il sent vraiment trop bon ! après, on ne le voit pas sur la vidéo, mais il part se frotter contre un meuble en ronronnant, tellement il est content.

 

 

2 - On va acheter des crevettes !

 

Bon, alors vous avez posé votre comprimé appétent sous le nez de Félix, ou dans sa gamelle, en le lui montrant du doigt joyeusement et en lui grattouillant le bas du dos, mais ça n'a vraiment pas eu l'effet escompté : l'abominable félin vous regarde en ronronnant et en pétrissant le tapis avec ses griffes, puis il vous tourne le dos et s'éloigne avec dignité, vous laissant planté là, tout seul devant votre comprimé appétent. Et pourtant, on veut encore essayer de s'en tirer par la ruse, d'obtenir une prise spontanée et de ne pas avoir à se bagarrer matin et soir.

 

Il faut alors passer à la deuxième étape : camoufler le comprimé, qu'il soit appétent ou non, dans quelque chose que le chat aime bien. (Ou dont le chat raffole, parce que bien aimer, dans ce cas de figure, ça ne suffit pas toujours).

"Oui, mais il est malin, il trie et il nous laisse le comprimé", nous répond-on souvent. Ou bien : "il ne mange que ses croquettes, on a essayé de lui donner autre chose, mais ça ne l'intéresse pas".

Ben oui, c'est compliqué. Mais avec un peu d'imagination, on a encore des chances de s'en sortir avant d'en arriver à la manière forte.

 

Donc, qu'est-ce qui marche ? en vrac : le thon, un grand classique. Idéalement, on met le comprimé entier au milieu des miettes de thon, bien imbibé de jus, mais on peut aussi le couper en petits morceaux, voire le broyer. Evidemment, ça marche aussi avec d'autres poissons.

Les crevettes : ça, c'est l'arme fatale. On achète un paquet de crevettes réfrigérées ou congelées, on en coupe une en deux, et on fourre le comprimé, entier ou morceau par morceau, dans la demi-crevette. C'est rare que ça ne marche pas, mais si c'est le cas, vous pourrez toujours vous consoler en mangeant la fin de votre sachet de crevettes à l'apéro - avec les cacahuètes.

Le yaourt, (les chats adorent lécher la fin des pots de yaourt, vous avez remarqué ?), ou de la Vache qui rit, dans la série des produits laitiers. Avec modération, bien entendu, attention aux calories. Enfin, il faut ce qu'il faut, et ce n'est (officiellement), que pour la durée du traitement.

Ne négligeons pas les aliments humides auxquels le chat est habitué. Il existe un risque de créer une aversion pour cet aliment si Pompon s'aperçoit qu'on essaye de le piéger avec un comprimé caché dans sa pitance quotidienne, mais bon, là aussi, il faut ce qu'il faut. Si vous n'avez pas d'aliment humide à la maison, vous pouvez demander à votre vétérinaire, en même temps que les médicaments prescrits, des pâtées dans lesquelles cacher les petites pilules (voir la vidéo ci-dessous). L'intérêt est que ces aliments seront, en plus, adaptés à la maladie dont souffre votre chat : aliment pour insuffisant rénal, pour chat convalescent, etc.

 

 

Suite à un trauma au bas de la colonne vertébrale, Félix a quelques comprimés à prendre pour l'aider à uriner. Celui-ci est caché dans une pâtée très appétente, utilisée pour les convalescents. A la première tentative, Félix mange toute la pâtée… et laisse le petit comprimé ! la deuxième tentative est la bonne : l'assiette est nottoyée, et le comprimé a disparu.

 

Enfin, il existe des pâtes très appétissantes, ressemblant à de la pâte à modeler, et destinées à favoriser l'observance. (C'est d'ailleurs comme ça que ça s'appelle - Observence). On en détache un petit bout, on enfonce le comprimé à l'intérieur, on malaxe bien le tout, et on met ça sous le nez du chat. Bien souvent, ça marche. (Photo et vidéo ci-dessous).

 

 

 

Revoilà Félix, pour la prise de comprimé du soir. (La pâtée, c'était le matin). Cette fois, nous le piégeons avec un petit morceau d'Observence. Alors là, c'est bon ! le petit emballage de pâte avec son comprimé à l'intérieur amène le chat au comble de l'excitation : le voilà qui se frotte énergiquement et se met à ronronner ! (NB : si la vidéo tremble un peu et n'est pas toujours bien cadrée, c'est parce que la caméra est tenue d'une main pendant que l'autre donne à manger ou caresse le chat !)

 

Alors par contre, le truc à ne pas faire, c'est de dissoudre le comprimé dans l'eau ou dans le lait du chat. Et pourtant, c'est quelque chose que l'on entend souvent : "on va le dissoudre dans son lait !"

A moins que le chat ne lèche goulûment jusqu'à la dernière goutte, il est très probable que les débris du comprimé broyé se retrouveront à la fin au fond du bol, et que seule une petite partie du traitement aura été prise.

 

 

3 - La méthode (plus ou moins) forte :

 

Toutes les méthodes douces ont échoué. Belzébuth reste imperturbable devant son assiette avec ses petits mordeaux de thon, sa demi-crevette, son reste de yaourt, son bâtonnet d'Observence, et il vous regarde d'un œil sombre. Il ne reste alors plus d'autre option que de lui faire ingurgiter son traitement de force. On prend son courage à deux mains, et on y va.

 

- Les doigts dans la bouche ! (aïe aïe aïe !) :

 

Pour ceux qui aiment prendre des risques. On se place plus ou moins en arrière du chat, (mais de face, comme sur la vidéo ci-dessous, ça marche aussi). On se saisit de la tête du chat de la main gauche, (si l'on est gaucher, on inverse, of course), le pouce à droite de la mâchoire, et l'index (et les autres doigts avec), à gauche, en évitant de trop serrer pour ne pas énerver la bête. (Pi si il bouge trop, ben on serre un peu plus, tant pis). On met la tête du matou un peu en arrière, du coup la bouche à tendance à s'entrouvrir toute seule. De la main droite qui tient le comprimé entre pouce et index, (j'espère que vous suivez, une vidéo va bientôt arriver), on en profite pour finir d'ouvrir la bouche avec le majeur, et pouf ! on va déposer le comprimé le plus loin possible au fond de la gorge. Après, On peut l'aider à avaler en le massant sous le cou, ou en utilisant une seringue préparée à l'avance pour lui envoyer un peu d'eau dans la bouche, et l'obliger ainsi à déglutirEt après, on lui fait de grosses papouilles.


 

Ce minou s'est fait tirer dessus. Bilan : un intestin perforé et une péritonite. Après la chirurgie qui a consisté à lui retirer un morceau d'intestin et rincer abondamment l'abdomen, pas mal de perfusions et d'injections, un patch délivrant un analgésique en continu, (visible sur son flanc droit), une alimentation par sonde gastrique… mais aussi quelques comprimés à avaler, matin et soir. En voici illustration dans cette vidéo, qui montre que le minou n'est pas vraiment traumatisé par la prise du comprimé !

 

En ce qui concerne les félins qui auraient trop tendance à envoyer les pattes, on peut les envelopper dans une serviette de bain en ne laissant dépasser que la tête, (version soft), ou mobiliser toute la famille pour maintenir les pattes du fauve, mais là, c'est traumatisant pour tout le monde. On peut aussi mettre des gants de jardinage, au moins pour la main gauche, parce qu'en ce qui concerne la main droite, il sera difficile de lâcher le comprimé juste au bon moment avec les gros gants dont on se sert pour tailler la haie.

 

Deux trucs intéressants :

- si vous coupez les griffes du chat le premier jour du traitement, vous aurez moins de chances de vous faire labourer les mains et les avant-bras. Evidemment, la bête aura plus de mal à grimper aux arbres pendant quelques semaines - mais dans la vie, il faut savoir choisir ses priorités.

- tapoter doucement sur la tête d'un chat le distrait, et permet de faire quelques manipulations qu'il ne supporterait pas autrement.

 

- La pince à épiler :

 

Alors c'est exactement la même manœuvre que ci-dessus, à part qu'au lieu d'aller mettre le comprimé au fond de la bouche du fauve avec ses petits doigts, on le fait avec une petite pince, style pince à épiler. La seule chose, c'est qu'il faut lâcher le comprimé juste au moment où on arrive au fond de la gorge, et vite ressortir la pince de la bouche du chat.

 

 

- Le lance-pilules :

 

Par ordre de progression technologique et de sophistication, après les doigts et la pince à épiler, voici le lance-pilules. Il s'agit d'une sorte de tube avec un piston à l'intérieur (photo ci-dessous) : on coince le comprimé au bout du tube, et quand on pousse le piston, pouf ! ça expulse le comprimé. C'est facile, c'est pas cher, et ça peut rapporter gros. Enfin, ça évite surtout de se faire mordre les doigts pendant qu'on les enfonce bien profond dans la gorge du matou pour faire descendre le comprimé !

 

 

Donc, je ne redétaille pas ce qui a déjà été dit plus haut : on tient la tête du chat de la main gauche entre pouce et index, on la bascule en arrière, ce qui conduit la bouche à  à s'entrouvrir toute seule. (Cela dit, avec le lance-pilules, on peut parfois se dispenser de basculer la tête, puisqu'il est possible de glisser l'embout entre les dents du chat sans lui ouvrir la bouche plus ou moins de force). On a préalablement inséré le comprimé dans le petit embout de caoutchouc, à l'extrémité du lance-pilule. Avec la main droite, on glisse l'embout dans la bouche du chat, dirigé vers le fond, et pouf ! on pousse sur la tige, ce qui envoie la pilule dans la gorge du chat, qui n'a plus qu'à l'avaler. (Comme dans les autres techniques, on peut l'aider à avaler en le massant sous le cou, voire en utilisant une seringue préparée à l'avance pour lui envoyer un peu d'eau dans la bouche, et l'obliger ainsi à déglutir). Et après, on lui fait de grosses papouilles. Rassurez-vous, une vidéo arrive pour vous montrer tout ça en live, mais il faut encore que nous la tournions.

 

 

- Et pour finir… la pâte gluante !!

 

Peut-être finalement la meilleure méthode quand on a un chat difficile, parce que là,  on combine douceur et fermeté ! (Ne rêvez pas, c'est de comprimés dont on parle).

 

Donc, on commence par écraser le comprimé, ou plusieurs comprimés ensemble si le chat doit en prendre plusieurs. On sait que l'observance est moins bonne si le patient reçoit trois médicaments ou plus, aors il vaut mieux un petit tas de poudre qu'on avale d'un coup, que quatre comprimés qu'on avale l'un après l'autre. Pensez tout de même à demander à votre vétérinaire si les comprimés en question peuvent s'écraser et/ou se mélanger, sans perdre leur activité. Pour écraser, deux solutions : la plus efficace est d'avoir un petit appareil, pas cher et bien pratique, qui peut soit couper, soit broyer les comprimés. Autre solution plus artisanale, on écrase le comprimé sous le dos d'une cuillère, mais on risque d'obtenir de plus gros débris, ou de voir des morceaux gicler à droite à gauche sous la pression de la cuillère. Cette opération peut être facilitée si le comprimé est enrobé dans une pâte alimentaire bien gluante, avant d'être écrasé.

 

La pâte alimentaire, justement : on peut utiliser celles qu'on donne aux chats pour éliminer les boules de poils. Il existe aussi des pâtes laxatives, (ça, ça peut être embêtant selon la maladie dont souffre le chat), ou d'autres encore qui contiennent des compléments alimentaires. On pourrait aussi utiliser du fromage ou du miel, mais pour que ça marche, il faut que ce soit vraiment épais, gluant et collant ! Bref, on mélange notre/nos comprimé(s) écrasé(s) à la pâte en question, et on plaque le tout sous la babine du chat, le long de la gencive, mais sans rentrer le doigt à l'intérieur de la bouche. Et comme c'est bien gluant, le chat a beau tourner dix fois sa langue dans sa bouche, il est bien obligé d'avaler, à la fin.

 

Donc, voilà : de la douceur parce que le chat va avaler la pâte tout seul, et qu'en général il aime bien ça, mais un peu de fermeté quand même, parce que vu comment la pâte est gluante et comment on la lui met dans la bouche… on ne lui laisse quand même pas trop le choix ! Le chat n'est pas traumatisé, et ses maîtres finissent le traitement avec leurs dix doigts.

 

Démonstration avec la vidéo ci-dessous, extraite du site Internet catedog.com, conseil vétérinaire en ligne gratuit sur le chien, chat, chiot, chaton.

 

 

 

 

 

 

Voilà voilà, avec tout ça, vous devez y arriver, je crois en vous !

Quoi qu'il en soit, vous aurez toujours plus de chances d'arriver au bout du traitement de votre chat si vous trouvez un moyen de lui faire avaler ses comprimés spontanément, sans avoir à vous bagarrer !

 

 


Référence : MOIGNARD M, Prescription et observance des traitements chez les animaux de compagnie. Thèse de doctorat vétérinaire, Vetagro Sup Lyon, 2015.



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© Copyright vidéo "[Tuto Véto] Comment donner un comprimé à son chat" extraite du site Internet catedog.com