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Comment faire avaler un comprimé à mon chat ?

 

 

Points forts :


. Faire avaler un comprimé à un chat n'est pas toujours simple. Passe encore s'il s'agit d'un traitement court, avec une seule prise quotidienne, mais s'il s'agit d'administrer plusieurs comprimés tous les jours pendant toute la vie du matou, la situation vire rapidement au cauchemar, et le traitement n'est pas respecté.


. La meilleure solution est la méthode douce, en s'arrangeant pour que le chat prenne ses comprimés tout seul, voire même les réclame : comprimés appétents, cachés dans une crevette ou dans une pâte appétente prévue à cet effet… si l'une de ces méthodes marche, tout va bien !


. S'il n'y a pas moyen de faire autrement, on utilise la contrainte - avec autant de modération que possible ! le lance-pilule est la solution la plus simple. Sinon, il ne reste plus qu'à aller mettre le comprimé au fond de la gorge du chat avec ses doigts !

 

 

 


 

 

 

Faire avaler un comprimé à un chien est relativement facile… dans la plupart des cas !

Pour le chat, en revanche, les choses sont souvent beaucoup plus compliquées.

 

Quand il s'agit de faire prendre un vermifuge deux fois par an, passe encore. Mais si l'on doit faire avaler trois ou quatre comprimés matin et soir, (par exemple deux antibiotiques et un anti-inflammatoire, cas relativement banal dans une infection un tant soit peu sévère), ou pire un traitement à vie, (pour un insuffisant cardiaque ou rénal, un hyperhtyroïdien…), là, les choses deviennent beaucoup plus compliquées, surtout avec un chat qui n'a pas faim à cause de sa maladie. Parce que Belzébuth va peut-être se faire avoir une fois mais pas deux, parce que le matin, on a souvent autre chose à faire que de courir après un chat qui se cache sous le lit en crachant, parce que si l'opération se termine avec des mains lacérées et un chat traumatisé, ce ne sera pas vivable bien longtemps, etc.

 

Le résultat, c'est que les traitements ne sont pas pris, ou pris les deux premiers jours seulement après quoi tout le monde baisse les bras, et qu'on se demande lors des contrôles pourquoi l'infection de ce satané chat ne guérit pas, alors qu'il vient de prendre, (ou qu'il est supposé avoir pris !), vingt jours d'un antibiotique adapté à sa maladie.

 

Certains chats sont dociles, et/ou ont été habitués très jeunes à la prise de comprimés, ("on le lui met au fond de la gorge, comme ça, on est sûrs qu'il l'a avalé !"). Dans ce cas tout va bien, et aucune astuce n'est nécessaire. C'est pour tous les autres, (et ils sont nombreux) que la question se pose. Quelques éléments de réponse :

 

 

1 - Les formulations appétentes :

 

Par empathie pour les maîtres qui se font griffer, par intérêt pour la santé des chats qui ne prennent pas correctement leur traitement, ou pour que leurs médicaments se vendent mieux que ceux de la concurrence, (ou peut-être pour les trois raisons à la fois, allez savoir), les laboratoires ont compris que de gros comprimés pelliculés qui font baver resteront au fond de l'armoire à pharmacie, et ne parviendront jamais dans l'intestin du chat. Depuis quelques années, on voit donc se développer de plus en plus de formulations appétentes. La plupart des anti-parasitaires, antibiotiques et anti-inflammatoire bénéficient ainsi d'une formulation adaptée : comprimés de petite taille ressemblant à des croquetttes, avec une odeur et un goût attirants pour le chat, ou liquides administrés à la pipette, eux aussi avec un goût agréable. Les anti-parasitaires en pipette que l'on dépose sur la peau de la nuque (spot-on), sont évidemment beaucoup plus faciles à administrer, (quoique…), mais hors sujet dans une page consacrée à la manière d'aller mettre ses doigts au fond de la bouche d'un chat sans se faire claver.

 

Donc, le comprimé appétent : quand ça marche, c'est le nirvana, parce que répétons-le, avec la manière forte, et même en utilisant les recettes données ci-dessous, on  se lasse assez vite. Si on peut poser le comprimé devant son chat et que celui-ci le mange spontanément, c'est le top du top. On en voit même certains qui viennent attendre leur comprimé du soir, alors que le traitement est terminé depuis plusieurs jours. Il faut alors leur faire comprendre qu'ils sont maintenant guéris, et qu'il ne faut tout de même pas abuser des bonnes choses : fini le comprimé appétent !

 

 

Vermifugation du chat par un comprimé appétent, mélangé aux croquettes : Pompon se méfie quand même un peu, engloutit ses croquettes, tournicotte quelques secondes, et revient finalement manger le comprimé, parce qu'il sent vraiment trop bon ! après, on ne le voit pas sur la vidéo, mais il part se frotter contre un meuble en ronronnant, tellement il est content.

 

 

2 - On va acheter de la Vache qui rit !

 

Bon, alors vous avez posé votre comprimé appétent sous le nez de Félix, ou dans sa gamelle, en le lui montrant du doigt joyeusement et en lui grattouillant le bas du dos, mais ça n'a vraiment pas eu l'effet escompté : l'abominable félin vous regarde en ronronnant et en pétrissant le tapis avec ses griffes, puis il vous tourne le dos et s'éloigne avec dignité, vous laissant planté là, tout seul devant votre comprimé appétent. Et pourtant, on veut encore essayer de s'en tirer par la ruse, d'obtenir une prise spontanée et de ne pas avoir à se bagarrer matin et soir.

 

Il faut alors passer à la deuxième étape : camoufler le comprimé, qu'il soit appétent ou non, dans quelque chose que le chat aime bien. (Ou dont le chat raffole, parce que bien aimer, dans ce cas de figure, ça ne suffit pas toujours).

"Oui, mais il est malin, il trie et il nous laisse le comprimé", nous répond-on souvent. Ou bien : "il ne mange que ses croquettes, on a essayé de lui donner autre chose, mais ça ne l'intéresse pas".

Ben oui, c'est compliqué. Mais avec un peu d'imagination, on a encore des chances de s'en sortir avant d'en arriver à la manière forte.

 

Donc, qu'est-ce qui marche ? en vrac : le thon, un grand classique. Idéalement, on met le comprimé entier au milieu des miettes de thon, bien imbibé de jus, mais on peut aussi le couper en petits morceaux, voire le broyer. Evidemment, ça marche aussi avec d'autres poissons.

Les crevettes : ça, c'est l'arme fatale. On achète un paquet de crevettes réfrigérées ou congelées, on en coupe une en deux, et on fourre le comprimé, entier ou morceau par morceau, dans la demi-crevette. C'est rare que ça ne marche pas, mais si c'est le cas, vous pourrez toujours vous consoler en mangeant la fin de votre sachet de crevettes à l'apéro.

Le yaourt, (les chats adorent lécher la fin des pots de yaourt, vous avez remarqué ?), ou de la Vache qui rit, dans la série des produits laitiers. Avec modération, bien entendu, attention aux calories. Enfin, il faut ce qu'il faut, et ce n'est (officiellement), que pour la durée du traitement.

Ne négligeons pas les aliments humides auxquels le chat est habitué. Il existe un risque de créer une aversion pour cet aliment si Pompon s'aperçoit qu'on essaye de le piéger avec un comprimé caché dans sa pitance quotidienne, mais bon, là aussi, il faut ce qu'il faut. Si vous n'avez pas d'aliment humide à la maison, vous pouvez demander à votre vétérinaire, en même temps que les médicaments prescrits, des pâtées dans lesquelles cacher les petites pilules (voir la vidéo ci-dessous). L'intérêt est que ces aliments seront, en plus, adaptés à la maladie dont souffre votre chat : aliment pour insuffisant rénal, pour chat convalescent, etc.

 

 

Suite à un trauma au bas de la colonne vertébrale, Félix a quelques comprimés à prendre pour l'aider à uriner. Celui-ci est caché dans une pâtée très appétente, utilisée pour les convalescents. A la première tentative, Félix mange toute la pâtée… et laisse le petit comprimé ! la deuxième tentative est la bonne : l'assiette est nottoyée, et le comprimé a disparu.

 

Enfin, il existe des pâtes très appétissantes, ressemblant à de la pâte à modeler, et destinées à favoriser l'observance. (C'est d'ailleurs comme ça que ça s'appelle - Observence). On en détache un petit bout, on enfonce le comprimé à l'intérieur, on malaxe bien le tout, et on met ça sous le nez du chat. Bien souvent, ça marche. (Photo et vidéo ci-dessous).

 

 

 

Revoilà Félix, pour la prise de comprimé du soir. (La pâtée, c'était le matin). Cette fois, nous le piégeons avec un petit morceau d'Observence. Alors là, c'est bon ! le petit emballage de pâte avec son comprimé à l'intérieur amène le chat au comble de l'excitation : le voilà qui se frotte énergiquement et se met à ronronner ! (NB : si la vidéo tremble un peu et n'est pas toujours bien cadrée, c'est parce que la caméra est tenue d'une main pendant que l'autre donne à manger ou caresse le chat !)

 

Alors par contre, le truc à ne pas faire, c'est de dissoudre le comprimé dans l'eau ou dans le lait du chat. Et pourtant, c'est quelque chose que l'on entend souvent : "on va le dissoudre dans son lait !"

A moins que le chat ne lèche goulûment jusqu'à la dernière goutte, il est très probable que les débris du comprimé broyé se retrouveront à la fin au fond du bol, et que seule une petite partie du traitement aura été prise.

 

 

3 - La méthode (plus ou moins) forte :

 

Toutes les méthodes douces ont échoué. Belzébuth reste imperturbable devant son assiette avec ses petits mordeaux de thon, sa demi-crevette, son reste de yaourt, son bâtonnet d'Observence, et il vous regarde d'un œil sombre. Il ne reste alors plus d'autre option que de lui faire ingurgiter son traitement de force. On prend son courage à deux mains, et on y va.

 

- Le lance-pilules :

 

Il s'agit d'une sorte de tube avec un piston à l'intérieur (photo ci-dessous) : on coince le comprimé au bout du tube, et quand on pousse le piston, pouf ! ça expulse le comprimé. C'est facile, c'est pas cher, et ça peut rapporter gros. Enfin, ça évite surtout de se faire mordre les doigts pendant qu'on les enfonce bien profond dans la gorge du matou pour faire descendre le comprimé !

 

 

Donc, on tient la tête du chat de la main gauche, (si l'on est droitier, sinon, on inverse, of course), le pouce à droite de la mâchoire, et l'index (et les autres doigts avec), à gauche, en évitant de trop serrer pour ne pas l'énerver. (Pi si il bouge trop, ben on serre un peu plus, tant pis). On met la tête du matou un peu en arrière, du coup la bouche à tendance à s'entrouvrir toute seule. On a préalablement inséré le comprimé dans le petit embout de caoutchouc, à l'extrémité du lance-pilule. Avec la main droite, on glisse l'embout dans la bouche du chat, dirigé vers le fond, et pouf ! on pousse sur la tige, ce qui envoie la pilule dans la gorge du chat, qui n'a plus qu'à l'avaler. (On peut l'aider à avaler en le massant sous le cou, voire en utilisant une seringue préparée à l'avance pour lui envoyer un peu d'eau dans la bouche, et l'obliger ainsi à déglutir). Et après, on lui fait de grosses papouilles. Rassurez-vous, une vidéo arrive pour vous montrer tout ça en live, mais il faut encore que nous la tournions.

 

- Les doigts dans la bouche ! (aïe aïe aïe !) :

 

Pour ceux qui aiment prendre des risques. On se place plus ou moins en arrière du chat, et de la main gauche, (toujours si l'on est droitier), on saisit la tête de l'animal comme indiqué ci-dessus, basculée en arrière, ce qui conduit la bouche du minou à s'entrouvrir légèrement. De la main droite qui tient le comprimé entre pouce et index, (j'espère que vous suivez, là aussi, une vidéo va bientôt arriver), on en profite pour finir d'ouvrir la bouche avec le majeur, et pouf ! on va déposer le comprimé le plus loin possible au fond de la gorge. Après, comme avec le lance pilules, on masse sous le cou, on fait boire à la seringue etc, tout ce qu'on veut pour inciter le chat à avaler.

 

En ce qui concerne les félins qui auraient trop tendance à envoyer les pattes, on peut les envelopper dans une serviette de bain en ne laissant dépasser que la tête, (version soft), ou mobiliser toute la famille pour maintenir les pattes du fauve, mais là, c'est traumatisant pour tout le monde. On peut aussi mettre des gants de jardinage, au moins pour la main gauche, parce qu'en ce qui concerne la main droite, il sera difficile de lâcher le comprimé juste au bon moment avec les gros gants dont on se sert pour tailler la haie.

 

Deux trucs intéressants :

- si vous coupez les griffes du chat le premier jour du traitement, vous aurez moins de chances de vous faire labourer les mains et les avant-bras. Evidemment, la bête aura plus de mal à grimper aux arbres pendant quelques semaines - mais dans la vie, il faut savoir choisir ses priorités.

- tapoter doucement sur la tête d'un chat le distrait, et permet de faire quelques manipulations qu'il ne supporterait pas autrement.

 

- La pince à épiler :

 

Pour ceux qui n'aiment pas trop prendre des risques. Bon, finalement, c'est à peu près la même manœuvre que ci-dessus, à part qu'au lieu d'aller mettre le comprimé au fond de la bouche avec le pouce et l'index, on le fait avec une petite pince, style pince à épiler. La seule chose, c'est qu'il faut lâcher le comprimé juste au bon moment, et vite ressortir la pince de la bouche du chat.

 

 

 

Voilà voilà, avec tout ça, vous devez y arriver, je crois en vous !

Quoi qu'il en soit, vous aurez toujours plus de chances d'arriver au bout du traitement de votre chat si vous trouvez un moyen de lui faire avaler ses comprimés spontanément, sans avoir à vous bagarrer. Et sinon, pensez au lance-pilules !

 

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