Connexion
Le coronavirus, les chiens et les chats

 

LE CORONAVIRUS, LES CHIENS ET LES CHATS 

 

(DERNIERE MISE A JOUR LE 6 AVRIL 2020)

 

 

Les conséquences de la pandémie de COVID-19


pour les chiens et les chats,


et pour le fonctionnement des cliniques


vétérinaires de Calvisson et Villevieille.

 

 

 

 

 

 

Le but de cet article est de fournir quelques éléments sur les conséquences de l'actuelle pandémie de coronavirus pour nos animaux familiers. Les répercussions concrètes sur le fonctionnement de nos deux cliniques vétérinaires seront également abordées.

 

Si vous recherchez en priorité des informations sur ce dernier point, RENDEZ-VOUS DIRECTEMENT AU PARAGRAPHE 3 DE CET ARTICLE POUR VOIR, EN TEXTE ET EN IMAGES, LES MESURES SPECIFIQUES ADOPTEES PAR NOS DEUX CLINIQUES VETERINAIRES.

 

Si vous êtes à la recherche d'informations plus générales, vous pouvez lire cet article dans l'ordre.

 

 

 

INTRODUCTION

 

A moins de vivre sur la planète Mars, vos dernières semaines ont été rythmées par la progression à travers le monde du coronavirus SARS-CoV-2, responsable d’une maladie infectieuse émergente appelée COVID-19.

(Oui, juste pour préciser : le virus, c’est le SARS-CoV-2, pour Syndrome Aigu Respiratoire Sévère - CoronaVirus), et COVID-19, c’est la maladie provoquée par le dit virus : COrona VIrus Disease, apparue en 2019).

 

Partie de la ville de Wuhan, capitale de la province de Hubei, en Chine centrale en décembre 2019, l’épidémie (classée pandémie par l’OMS depuis le 11 mars 2020), a atteint la France fin janvier 2020. Les mesures que nous connaissons actuellement, sans précédent dans notre pays depuis des dizaines d’années, (entre autres, fermeture des écoles, des commerces non essentiels, et depuis le 17 mars, confinement), ont été prises dans le but de ralentir la progression du virus.

 

Nous n’allons pas faire ici un point complet sur l’infection par le SARS-CoV-2 : ce n’est pas notre propos, et surtout, ça ne relève pas de notre compétence. D’ailleurs, une simple page de ce site n’y suffirait pas.

 

Nous allons logiquement nous limiter au domaine vétérinaire. D’abord, en apportant quelques réponses aux questions que beaucoup se posent, quant à la place de nos animaux familiers dans toute cette histoire. Depuis le début de l’épidémie, des milliers d’informations ont été déversées par les TV, radios, journaux, et réseaux sociaux et parmi elles, bien sûr, beaucoup de fake news et théories complotistes : PLUSIEURS PERSONNES NOUS ONT APPELES CES DERNIERS JOURS, POUR NOUS DEMANDER D’EUTHANASIER LEUR CHIEN PAR CRAINTE DU CORONAVIRUS !!!! On rapporte aussi des abandons. Il y a donc visiblement un gros travail d’information à faire, et pas mal d’infox à démonter.

 

Dans un deuxième temps, nous ferons le point sur les recommandations des différentes instances professionnelles vétérinaires françaises, (Ordre, syndicat, collèges de spécialistes…), puis sur la manière dont nous avons choisi d’appliquer ces recommandations dans nos deux cliniques. Avec pour objectif de préserver au maximum la santé de nos collaborateurs/trices et des propriétaires de nos patients, tout en continuant à apporter à ces derniers la meilleure qualité de soins possible.

 

Toutes les informations données ci-dessous sont susceptibles d’évoluer de jour en jour, voire d’heure en heure. Cette page sera donc mise à jour quasi quotidiennement pendant la durée de la pandémie.

 

 

1- CHIENS ET CHATS FACE AU CORONAVIRUS

 

Nous ne parlerons ici que des chiens et des chats, qui constituent la grande majorité des patients de nos deux cliniques.

 

Rappelons tout d’abord que la transmission se fait d’humain à humain, essentiellement par les gouttelettes de salive ou de mucus qu’une personne porteuse du virus dissémine autour d’elle lorsqu’elle parle, a fortiori tousse ou éternue. La transmission en touchant une surface ou un objet contaminé, puis en portant sa main à la bouche, au nez et probablement aux yeux est moins fréquente. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les surfaces lisses, (comptoir, poignées de porte…), transmettent mieux le virus que les matériels « poreux », (billets de banque, poils de chien ou de chat), qui absorbent et piègent le virus. Ce qui n’empêche pas, évidemment, de bien se laver les mains après avoir caressé votre chien, si quelqu’un vient de lui éternuer dessus !

 

Bon, ça, c’était pour la transmission d’humain à humain. Quid des animaux familiers ?

 


1.1 - Chiens et chats peuvent-ils attraper le SARS-CoV-2 ?


D'abord, la théorie : les coronavirus sont très spécifiques d'espèces, c'est à dire qu'un coronavirus spécialisé dans les humains va rester chez les humains, et un coronavirus spécialisé dans les chats va rester chez les chats. Chacun dans son pré, et les vaches seront bien gardées. Pour aller un peu plus dans le détail, le SARS-CoV-2 appartient au genre Betacoronavirus, et au sous-genre Sarbecovirus. Parmi les Sarbecovirus, on trouve cinq espèces de SARS-CoV : deux qui infectent l'Homme, (celui du SRAS et celui du COVID-19), et trois qui infectent la Chauve-souris. Ceci explique que la barrière d'espèce ait pu être franchie entre la Chauve-souris et l'Homme, tous deux sensibles à cinq coronavirus assez proches les uns des autres. En revanche, les coronavirus qui infectent le chien et le chat n'appatiennent pas au genre Betacoronavirus, ni par conséquent au sous-genre Sarbecovirus. L'adaptation d'un coronavirus de chien ou de chat à l'Homme, et réciproquement, est donc hautement improbable.

 

Après la théorie, la pratique : DEUX CHIENS ET DEUX CHATS DANS LE MONDE ont été testés positifs pour le SARS-CoV-2. Tous avaient un(e) propriétaire atteint(e) du COVID-19. Les deux chiens et un chat vivaient à Hong Kong, l'autre chat en Belgique. Une bonne description de ces cas en anglais, sur le site de l'AVMA.


Concernant le premier chien : le 27 février 2020, le ministère de l’agriculture de Hong Kong a rapporté que des prélèvements réalisés la veille dans le nez et la bouche d’un Loulou de Poméranie, (ou Spitz nain), âgé de 17 ans, insuffisant cardiaque et rénal, dont la propriétaire était atteinte de COVID-19, étaient revenus « faiblement positifs » pour le SARS-CoV-2, ce qui signifie que les échantillons prélevés présentaient une faible charge virale. Les jours suivants, et jusqu’au 5 mars, le chien est resté faiblement positif, uniquement pour les prélèvements nasaux. Le test utilisé, (RT-PCR), ne permet pas de disitinguer un virus actif, potentiellement infectieux, d’un simple morceau de matériel génétique (ARN) incapable d’infecter qui que ce soit, mais la recherche d'anticorps sériques spécifiques anti SARS-CoV-2 s'est avérée positive, ce qui indique que le chien a bien été infecté par le virus, et a développé une réponse immunitaire spécifique. Les tests s'étant négativés au bout de douze jours, le pauvre Loulou a pu rentrer à sa maison où il est mort, trois jours après sa sortie de quarantaine, sans avoir présenté aucun symptôme de COVID-19. Selon les vétérinaires sur place, le décès du petit chien de 17 ans, cardiaque et insuffisant rénal, est probablement dû au stress de la quarantaine et de la séparation d'avec sa maîtresse. Du fait des faibles valeurs de PCR, il est probable que l'infection développée par le chien a été trop faiblement productive pour présenter un risque de contagiosité, notamment pour les humains. LES EXPERTS EN SANTE ANIMALE AYANT SUIVI CE CHIEN ONT DECLARE QUE LES PROPRIETAIRES D’ANIMAUX DE COMPAGNIE NE DEVAIENT EN AUCUN CAS S’INQUIETER OU ABANDONNER LEURS ANIMAUX, A LA SUITE DE CE CAS !! 



Photo du Spitz nain (Poméranian) de 17 ans testé positif au SARS-CoV-2 à Hong Kong, publiée dans le South China Morning Post du 18/03/2020.



Le deuxième chien est un berger allemand âgé de deux ans, appartenant à un résidant allemand vivant à Hong Kong et malade du COVID-19 depuis début mars. Le chien a été testé positif par PCR pour le SARS-CoV-2 le 18 mars, et placé en quarantaine et sous surveillance. Lui non plus n'a jamais présenté de signe clinique. Les séquences virales obtenues chez le berger allemand et chez son propriétaire se sont avérées identiques, ce qui renforce l’hypothèse d’une contamination du chien par son propriétaire : en effet, comme pour le Loulou de Poméranie, la charge virale chez le berger allemand était trop faible pour être contagieuse.


Le 27 mars 2020, les autorités belges ont déclaré l'existence d'un troisième cas de détection du SARS-CoV-2 chez l'animal : en l'occurrence, un chat diagnostiqué positif à la faculté de médecine vétérinaire de Liège, le 18 mars, dont la propriétaire, atteinte du COVID-19, était rentrée d'Italie une semaine plus tôt. L'animal a présenté de l'anorexie, de la diarrhée, des vomissements, et de la toux, une semaine après le retour de sa propriétaire. Dix jours plus tard, son état s'est amélioré. Rien ne prouve, au demeurant, que les symptômes soient dus au SARS-CoV-2.

Le 31 mars, un deuxième chat, vivant à Hong Kong avec son propriétaire atteint du COVID-19, a été testé positif à partir d'échantillons prélevés dans la bouche, le nez et le rectum. Ce chat est actuellement en quarantaine, et n'a montré aucun signe de maladie.


A la date du 6 avril 2020, le Center for Disease Control (CDC) americain n'a reçu aucune déclaration rapportant des symptômes de COVID-19 chez un animal de compagnie aux USA. Signalons malgré tout que trois lions et quatre tigres du zoo de New York ont présenté une toux sèche sans atteinte de l'état général, et un tigre a été testé positif pour le SARS-CoV-2. Tous ces animaux avaient été exposés à un soigneur présentant une infection active par le virus. Ils sont actuellement en voie de guérison, déclare le zoo dans un communiqué.


Pour en revenir aux animaux domestiques, le laboratoire IDEXX a mis au point récemment un test de diagnostic (RealPCR). Ce test a été réalisé sur près de 4 000 échantillons respiratoires (77 %) ou fécaux (23 %), récoltés entre le 24 février et le 12 mars 2020 sur des chiens (55 %), chats (41 %) ou chevaux (4 %), dans 50 états américains et en Corée du Sud où il existait des cas humains de Covid-19 : Tous les tests se sont révélés négatifs. D'autres études, portant sur un plus grand nombre d'échantillons provenant d'autres pays atteints par la maladie, seront bien sûr nécessaires avant de pouvoir conclure, mais cette étude portant sur 4000 échantillons montre tout de même que le SARS-CoV-2 ne circule pas très largement chez nos animaux de compagnie.


Quelques éléments supplémentaires ci-dessous, mais obtenus, ceux-là, dans des conditions expérimentales.


1.2 - Chiens et chats peuvent-ils transmettre le SARS-CoV-2 ?


Les conclusions d’études très récentes, mais non encore validées par un comité de lecture (peer reviewed), car publiées dans l’urgence, ont été rapportées dans des communiqués de l'Académie Vétérinaire de France (AVF, 2 avril 2020) et de la World Small Animal Veterinary Association (WSAVA, 3 avril 2020). Des doses massives de SARS-CoV-2 ont été inoculées dans les narines d'animaux de différentes espèces. Certains de ces animaux, notamment des chats et des furets, ont pu transmettre l'infection par voie respiratoire à d'autres animaux, avec qui ils étaient en contact étroit. Les fèces des chats, en revanche, ne présentaient que des traces de virus, ne permettant pas de suspecter une contagiosité par cette voie. Des virus infectieux n'ont pas été détectés dans des prélèvements oro-pharyngés et rectaux des chiens contaminés artificiellement. Ces animaux n'ont pas présenté de signes cliniques. Il en a été de même avec des porcs, poulets et canards. AVF, WSAVA et AVMA (6 avril 20) insistent sur le fait qu'il s'agit d'études préliminaires, réalisées sur un petit nombre d'animaux et dans des conditions expérimentales, bien loin de la réalité du terrain, et que si elles peuvent aider les scientifiques à mieux comprendre le fonctionnement du virus et les mécanismes de la maladie, elles ne consituent en aucun cas un indice de transmission de l'animal aux humains.


L'ensemble de ces données montre donc, à partir de quatre cas dans le monde, que le SARS-CoV-2 peut se transmettre à un animal domestique, (chien ou chat), à partir du propriétaire atteint du COVID-19. En revanche, rien n'indique à ce stade qu'un chien ou un chat infectés dans les conditions naturelles puissent, à leur tour, contaminer des personnes non infectées, ou d'autres animaux rencontrés, par exemple, dans la rue. 


Finalement, si les chiens et les chats peuvent jouer un rôle quelconque dans la transmission du virus, c'est éventuellement en tant que « support passif », sur lequel un propriétaire contaminé peut déposer des virus : par exemple par des expectorations, toux sur l’animal, ou contacts très rapprochés. Un humain qui manipulerait cet animal porteur de virus sur son pelage, dans un intervalle de temps court, risquerait alors de se contaminer - ni plus ni moins qu'avec la table de la cuisine, une poignée de porte, un comptoir de magasin ou un billet de banque. En gros, à condition de prendre quelques précautions de bon sens, (voir ci-dessous), votre chien est plutôt moins dangereux que la zapette de la TV.



Un caniche et sa maîtresse portant un masque, dans une rue de Chine. Crédit : Alex Plavevski/Rex, dans The Telegraph, 04/03/2020.

 

    

A pattes ou en poussette dans les rues de Shangaï, mais toujours masqué ! (Photo de droite : crédit : Reuters/Aly Song, photo de gauche non créditée ; publiées dans Business Insider, 05/03/20).

 

En conclusion, au vu des données cliniques et scientifiques actuelles, les avis des experts en maladies infectieuses et des comités scientifiques, (World Small Animal Veterinary Association (WSAVA) et American Veterinary Medical Association (AVMA), enseignants de médecine préventive des quatre écoles nationales vétérinaires françaises, Académie Vétérinaire de France (AVF), Groupe d’Etude en Médecine Préventive (GEMP) de l’Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie (AFVAC)), ou des agences sanitaires, (Organisation mondiale de la santé animale (OIE), ou Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES)) sont unanymes : « avec les données actuellement connues, les chiens et chats n’ont pas de rôle épidémiologique connu dans la dissémination du COVID-19 ».

 

Comme le résume le Pr THIRY, professeur en virologie à la faculté de médecine vétérinaire de Liège, où a été diagnostiqué le premier chat infecté par le SARS-CoV-2 : "nous voyons bien, alors que la pandémie touche des pays européens, où les propriétaires d’animaux de compagnie sont nombreux, que le Covid-19 est une maladie humaine à transmission interhumaine, qui n’a pas d’incidence sur la santé animale, avec des cas rarissimes et isolés de transmission à l’animal".

 

 

 

En Chine, des masques avaient été bricolés pour les chats bien avant la découverte du chat infecté en Belgique. (Sur la photo de gauche, le chat fait sa petite promenade en laisse). Pas  sûr que nos petits félins les conservent très longtemps ! (Photo de droite : Crédit : Liukov, publiée dans ConsoGlobe. Photo de gauche non créditée).

 

 

1.3 - Les recommandations aux propriétaires de chiens et chats :

 

Au vu des éléments ci-dessus et du caractère récent de nos connaisances sur ce virus, il y a des réflexes de bon sens à avoir : quand on est soi-même infecté par le SARS-CoV-2, on va peut-être éviter de faire des bisous sur la truffe de son chien, de lui tousser dessus, de lui souffler dans les narines, de se faire lécher sur la bouche… voire de partager la même assiette ! (« Sharing food » : je ne l’invente pas, c’est le comité scientifique de la WSAVA qui l’écrit !). Même chose quand on papouille un animal ayant été en contact étroit avec une personne malade du COVID-19, a fortiori si l’on est âgé ou que l’on a des facteurs de risque : on se lave les mains après l'avoir caressé, on évite les léchouilles sur la bouche, et on ne mange pas dans la même assiette !

 

Des listes de recommandations, dont l'idée générale est que les mesures barrières mises en place chez l’Homme devraient être adaptées aux animaux, ont été publiées par divers comités scientifiques : Académie Nationale de Médecine, qui rassemble médecins et vétérinaires, dans un communiqué en date du 24 Mars 2020 ; Conseil scientifique institué auprès de l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA), en Belgique, après la découverte du chat infecté. Nous reproduisons ci-dessous les recommandations de l'Académie Vétérinaire de France, dans son "communiqué de presse n° 4 Covid-19 chez les chats, furets et chiens" du 2 avril 2020 :

page1image26704


1 - Si l'un des propriétaires est contaminé par le Sars-CoV-2, qu'il soit à la maison, ou hospitalisé :


. Maintenir au domicile ses animaux de compagnie, si possible gardés à distance des autres membres de la famille n’ayant pas développé de symptômes, en évitant les contacts rapprochés.

. Pour les patients contaminés, respecter des règles d’hygiène, (nettoyage et désinfection des mains, port du masque, distanciation), afin d’éviter autant la transmission interhumaine que la transmission aux animaux de compagnie.

. Aérer périodiquement les locaux et nettoyer le sol avec un détergent ménager.

. Afin de respecter la santé et le bien-être de l’animal :

  • désigner une personne proche non contaminée pour nourrir et soigner l’animal,
  • réserver des vêtements exclusivement dédiés aux soins de ces animaux et se changer à l’entrée du domicile et avant de sortir, en évitant le contact entre les vêtements d’intérieur et d’extérieur,
  • garder le collier, la laisse, et la cage de transport à l’entrée du domicile, sans contact avec le patient contaminé ou suspect de l’être,
  • éviter si possible la sortie des chats du domicile,
  • maintenir la promenade du chien en le gardant en laisse et à distance des autres animaux et en ramassant ses matières fécales,
  • nettoyer les coussinets plantaires au savon doux avant et après la promenade en utilisant des gants à usage unique.

2 - Si les personnes de l'entourage sont en bonne santé : on applique les mesures ci-dessous, qui sont à peu de chose près les mesures d'hygiène normales quand on a un animal à la maison : se laver les mains après avoir nettoyé la caisse du chat… on n'avait peut-être pas besoin d'une pandémie pour y penser !

  • éviter les contacts étroits avec l’animal de compagnie, surtout au niveau de la face (ne pas se faire lécher le visage),
  • se laver les mains au savon après contact avec l’animal de compagnie et surtout après un entretien de la litière, de l’écuelle ou des réservoirs d’eau de boisson,
  • maintenir le chien en laisse et garder une distance avec les autres chiens au cours de la promenade,
  • tenir le chien éloigné des matières fécales,
  • ramasser les matières fécales du chien avec des gants à usage unique,
  • nettoyer des coussinets plantaires au savon doux avant et après la promenade en utilisant des gants.

 

Ah, au fait, quand on parle de nettoyer les coussinets plantaires avec un savon doux, ça ne veut pas dire laver son chat au gel hydro-alcoolique, ou immerger son chien dans une baignoire d'eau de javel !!! On ne rigole pas, ça s'est vu, et ça fait des dégâts.

 

Si l'on devait résumer, on dirait que le chien ou le chat sont des membres de la famille comme les autres : on adopte les mêmes gestes barrières avec Médor ou Tigrou qu'avec Tante Amélie ! On prend les mêmes précautions, on les confine pareil, et on évite de les laisser au contact d'une personne atteinte ou suspectée de COVID-19 !!


Et bien garder en tête ces conclusions de l'Académie Nationale de Médecine :


1 - dans un foyer où une personne est malade du Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toît est bien plus lié aux contacts avec ce malade, qui contamine fortement son environnement, qu'avec l'animal de compagnie,

2 - tout particulièrement en période de confinement, l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger.


Le Conseil scientifique auprès de l'AFSCA, comme l'ensemble des comités scientifiques et agences sanitaires, exclut, en l'état actuel des connaissances, le recours à l'euthanasie des animaux de compagnie de patients infectés par le SARS-CoV-2.



1.4 - Et si l'infection avait au moins une conséquence positive…


Ce serait que la vente et la consommation des espèces animales sauvages est interdite en Chine depuis février 2019, le point de départ de la pandémie semblant  être un marché d'animaux sauvages de la ville de Wuhan. Les autorités s'attendent malgré tout à ce que l'interdiction soit difficile à faire respecter : l'utilisation d'animaux sauvages a en effet des racines très profondes en Chine, dans l'alimentation, mais aussi la médecine traditionnelle, l'habillement, la bijouterie… et même comme animaux de compagnie.


Par ailleurs, Shenzhen, en Chine du sud-est, est devenue la première ville du pays à interdire la consommation de viande de chien et de chat. Même si l'on estime que dix millions de chiens et quatre millions de chats sont encore victimes de cette pratique chaque année en Chine, selon l'organisation Humane Society International (HSI), la plupart des chinois disent déjà n'avoir jamais consommé de chien ou de chat et ne pas avoir l'intention de le faire, dans un pays où les animaux de compagnie occupent maintenant une place importante - ce qui était déjà le cas depuis longtemps à Hong Kong et Taiwan. La nouvelle loi prendra effet le 1er mai 2020. (Source BBC News, 2 avril 2020).


 

Manifestation pour les droits des animaux en Chine, demandant l'interdiction de manger les chiens et les chats (Photo CNN, 2 avril 2020).

 

 

2 - LES RECOMMANDATIONS FAITES AUX


VETERINAIRES, EN PRATIQUE :

 


Accès à des feuilles d'information très didactiques en suivant ce lien :


Pour le détail :


2.1 : La profession vétérinaire n’a pas été contrainte de cesser ses activités, mais à condition de respecter certaines règles, comme l’ensemble de la collectivité nationale. Voici à ce sujet la position du Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral (SNVEL), au 19/03/2020 :

 

« …Notre profession a été considérée comme essentielle pour maintenir des soins aux animaux et garantir la qualité sanitaire des productions animales et a été appelée à poursuivre le service aux usagers.

 

Il est de la responsabilité de chacun d’évaluer, en son âme et conscience, la balance bénéfice-risque dans l’unique objectif de limiter la circulation du virus COVID-19 au sein de la population HUMAINE pour chaque consultation ou visite acceptée… Le gouvernement nous fait confiance dans cette crise, il est du devoir de chacun d’assumer cette responsabilité. »

 

 

2.2 - Une liste des actes devant ou pouvant être différés avait été dressée par l’Ordre des vétérinaires. Elle est résumée, de façon drastique, dans ce communiqué du président du Conseil National de l’Ordre des Vétérinaires, en date du 20/03/2020 :

 

La suspension du libre accès des établissements de soins vétérinaires (ESV) signifie un passage en mode de gestion de la Permanence et de la Continuité de Soins (PCS) uniquement dans un régime de Gardes-Astreintes.

Cela concerne les animaux malades et/ou blessés qui nécessitent des soins, soit en urgence, soit pour prendre en charge une situation amenée à devenir urgente à court terme.

En d’autres termes, tout ce qui est prévention et/ou non indispensable doit être différé jusqu’à un retour à la normale.

 

Autrement dit, tout ce qui n’est pas urgent, à commencer par les vaccinations, doit être différé jusqu’à la fin de la crise. Rappelons que chez les chiens adultes, un dépassement de quelques mois de la date du rappel est possible, sans préjudice pour l’animal : de quoi attendre, normalement, la sortie de crise.

Pour les jeunes animaux pas encore, ou insuffisamment, immunisés, il faudra provisoirement se débrouiller sans vaccin. Pas question d’ajouter une épidémie animale à la pandémie humaine. Ajoutons qu’une épidémie animale multiplierait les déplacements chez les vétérinaires, et mettrait donc en danger la santé des propriétaires. Il est donc conseillé de confiner, autant que possible, les chiens et chats non vaccinés : sorties uniquement pour les besoins, et dans des endroits présentant le moins de risques possibles : pas sur un coin de trottoir couvert de crottes de chiens. Pendant la promenade, ne pas les laisser manger ce qu’ils trouvent par terre. Quand on arrive de l’extérieur, s’arranger pour qu’ils ne viennent pas renifler les chaussures, à cause du risque de ramener sous les semelles un peu de crotte contenant, par exemple, un parvovirus. (Responsable de la parvovirose du chien et du typhus du chat). C’est très contraignant, je sais…

Pendant cette période de confinement, il conviendra d’interagir au maximum avec les jeunes chiens et chats, afin de préserver le meilleur développement comportemental possible, et que cet isolement ne conduise pas, par exemple, à un syndrome de privation.

 

On diffèrera aussi les stérilisations, (castrations, ovariectomies), les détartrages, (sauf en cas d’affection bucco-dentaire grave), les visites pour des affections anciennes ne mettant en jeu ni l’espérance de vie ni le bien-être de l’animal, les suivis de maladie chronique si l’animal est stable.

 

Ne pourront être reçus que les animaux accidentés, atteints d’une affection aiguë, ou d’une affection dont les répercussions à court et moyen, voire long terme, réduiraient très sensiblement le confort et l’espérance de vie.

 

 

2.3 : Pour recevoir les animaux qui nécessitent ces soins en urgence, un certain nombre de conditions doivent être respectées :

  • Le nombre de personnes accueillies en même temps au sein d’un établissement de soins vétérinaires ou d'un centre hospitalier universitaire des écoles nationales vétérinaires doit être limité au maximum en fonction de l’espace disponible (une distanciation d’au moins un mètre entre les personnes présentes doit être respectée)
  • Les moyens de nettoyage-désinfection doivent être indiqués et mis à disposition autant que faire se peut
  • Les mesures barrières pour éviter la propagation du virus doivent être rappelées (affichées) à l’entrée et à l’intérieur des établissements
  • Des consignes doivent également être rappelées pour maintenir une distanciation d’au moins un mètre dans les éventuelles files d’attente à l’extérieur des établissements.

COVID-19 - Informations à l’attention de notre clientèle (.pdf)

 

 

 

3 - MISE EN PLACE DE CES MESURES DANS LES

 

CLINIQUES VETERINAIRES DE CALVISSON ET DE


VILLEVIEILLE

 

 

Dans le souci d’éviter au maximum tout risque de contamination humaine, chez les propriétaires de nos patients ou les collaborateurs/trices de nos deux cliniques, tout en continuant à apporter la meilleure qualité de soins possible, nous avons décidé de coller au plus près aux recommandations de nos instances professionnelles (Ordre, syndicat), et des collèges d’experts (Enseignants des écoles vétérinaires, AFVAC…)

 

  • Comme indiqué ci-dessus, nous ne recevons que les animaux pour lesquels les soins ne peuvent pas être différés.
  • Les deux cliniques restent ouvertes, mais les heures d'ouverture de la clinique de Villevieille sont réduites : 

    8h30-12h et 15h-18h les mardis et jeudis,

    15h-18h les lundis, mercredis et vendredis,

    fermeture le samedi.

    Les horaires de la clinique de Calvisson restent, pour l'instant, inchangés.

  • Prise de rendez-vous téléphonique obligatoire pour se rendre dans les deux cliniques : que ce soit pour les soins urgents à un animal, mais même pour la délivrance de médicaments vétérinaires, ou la vente d’aliments, qui ne sont pas interrompues. (Les animaux doivent bien continuer à manger !) Sur ce dernier point, les experts recommandent de se procurer suffisamment d’aliment et de médicaments pour faire face à la durée présumée de la crise, afin de limiter au maximum les déplacements.
  • Venez seul(e) avec votre animal, et sans enfant (de moins de 16 ans).
  • Depuis le 20 mars 2020, dans le but de restreindre au maximum les contacts entre les personnes, donc le risque de transmission du virus, LES PROPRIETAIRES DE NOS PATIENTS SONT INVITES A ATTENDRE A L’EXTERIEUR DES LOCAUX, MÊME PENDANT QUE NOUS EXAMINONS LEUR ANIMAL : à votre arrivée à la clinique, il vous sera donc demandé de nous prévenir par téléphone, ou à défaut de sonner à la porte de sortie en utilisant la sonnette des urgences. Nous viendrons recueillir toutes les informations nécessaires à l’extérieur de la clinique, puis nous amènerons votre animal en salle de consultation, où il sera examiné. Il vous sera ensuite rapporté à l’extérieur.
  • Conformément aux recommandations générales, il est demandé aux personnes attendant à l’extérieur de ne pas former une file d’attente, de ne pas se rapprocher à moins d’un mètre les uns des autres, se serrer la main, se faire la bise, etc.

Les trois points suivants ne concernent que les cas où, pour une raison ou une autre, une consultation ou une discussion auraient lieu, malgré tout, à l’intérieur des locaux :

  • Une seule personne doit accompagner l’animal.
  • Une fois dans la clinique, une ligne a été tracée au sol afin de respecter une distance de sécurité de deux mètres entre les visiteurs et le personnel présent à la réception. Nous vous remercions de bien vouloir la respecter.
  • Une solution de gel hydro-alcoolique et des mouchoirs jetables sont à votre disposition sur la banque d’accueil.

Les banques d'accueil des cliniques de Villevieille (ci-dessus), et de Calvisson (ci-dessous). Une distance de sécurité est matérialisée par une bande autocollante, sur le sol. Le gel hydroalcoolique était arrivé à Villevieille au moment de la  photo, mais pas encore les mouchoirs jetables : ils étaient en place une heure plus tard. Gel et mouchoirs sont présents sur le comptoir de la clinique de Calvisson.
Notre assistante porte un masque, pour la sécurité des propriétaires de nos patients.

Tout le monde est masqué dans la clinique… sauf le chat. Ce pauvre minou s'est intéressé d'un peu trop près aux chenilles processionnaires du pin, et y a laissé un bout de langue. Il est ici sédaté, sous perfusion, et on peut voir un patch de fentanyl, collé sur son flanc droit afin de lutter contre la douleur. Les masques sont le principal sujet de la photo, mais on peut quand même préciser que le chat s'en est sorti.

Enfin :
  • Il a été décidé que tout le personnel de nos deux cliniques porterait un masque, (dans la limite des stocks disponibles), afin de protéger nos visiteurs… et de nous protéger entre nous. Rappelons que les masques protègent essentiellement la personne en face, en empêchant la projection de gouttelettes de salive, mais protègent peu le porteur du masque lui-même.
  • Pour des raisons évidentes, (garde d’enfants suite à la fermeture des écoles, principe de précautions dès que quelqu’un tousse ou a de la fièvre dans une famille, voire légitime droit de retrait…), le personnel de nos deux cliniques, vétérinaires comme assistantes, sera fortement réduit jusqu’à la fin de la crise. Nous vous remercions d’en tenir compte, par exemple en cas d’attente prolongée au téléphone ou à votre arrivée devant l'une des deux cliniques.
  • Enfin, pour éviter des ennuis avec la maréchaussée, à l’aller ou au retour vers/de l’une de nos deux cliniques, la dernière version de l'attestation de déplacement dérogatoire peut être imprimée en cliquant ici. Si vous n'avez pas d'imprimante sous la main, vous pouvez aussi la recopier sur papier libre. Il faut cocher la case : « Consultation et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés ». Si vous ne vous êtes pas muni du document pour venir, des exemplaires pré-imprimés sont disponibles dans nos cliniques, pour repartir.

 

 

Voilà, il nous reste à vous souhaiter une bonne santé, à vous et à vos proches. Un bon courage pour le confinement, surtout si vous avez cinq chats, trois rottweilers, et quatre enfants.

 

 

 

PROTEGEZ-VOUS, PROTEGEZ VOS PROCHES.


ON A HÂTE DE VOUS RETROUVER !

 

 

 

 

Pour plus d'informations : 

Le suivi de la progression mondiale du virus en temps réel, à l’adresse : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

et le site officiel du gouvernement, pour les dernières nouvelles sur la maladie :

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus).

Pour des informations scientifiques, fiables, le plus souvent en langue anglaise, un site qui centralise toutes les publications scientifiques mondiales concernant le SARS-CoV-2, au fur et à mesure qu'elles sont recensées sur PubMed :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/research/coronavirus/

 

© Copyright texte, photos et logo : SCP Vétérinaires Beaufils, Jumelle, Jannot, Lorant, Duchene. Tous droits réservés pour tout support. Reproduction interdite.