Connexion
Chiens, chats et furets, face à la pandémie de COVID-19

 

CHIENS, CHATS ET FURETS, FACE A LA PANDEMIE


DE COVID-19

 

(DERNIERE MISE A JOUR LE 20 février 2022)

 

 

Les conséquences de la pandémie de COVID-19


pour les chiens, chats, furets, et autres animaux,


et pour le fonctionnement des cliniques


vétérinaires de Calvisson et de Villevieille.

 

 

 

 

 



 

Points forts :


Les très rares cas d'infection chez les chiens et chats : § 1.1, à lire ici

Nos animaux familiers ne nous transmettent pas le virus : § 1.2, à lire ici

Recommandations aux propriétaires d'animaux : § 1.3, à lire ici

Les chiens renifleurs de Covid : un succès inexploité : § 2.2, à lire ici

Le couvre feu etc dans les cliniques de Villevieille et Calvisson : § 4, à lire ici

 

 

. Avant tout : faute de temps - et d'énergie, l'intégralité de cet article n'a pas été actualisée depuis début 2021, pour ce qui est de l'aspect scientifique et épidémiologique (nombre d'humains et d'animaux atteints, etc). L'essentiel (informations sur le virus, ses effets chez l'animal, et surtout l'absence de transmission des chiens et des chats aux humains), n'a cependant pas changé. La dernière mise à jour, en février 2022, concerne uniquement les mesures de prévention encore en place dans nos deux cliniques.


. Petite précision pour bien suivre : le coronavirus qui nous pourrit la vie depuis décembre 2019 est le SARS-CoV-2, et la maladie dont il est responsable est la COVID-19.

 

. Il s'agit d'un Betacoronavirus, appartenant au sous-genre des Sarbecovirus, tout comme le SARS-CoV responsable du SRAS dans les années 2000. Il est proche à 96,3 % d'un coronavirus de chauve-souris, et à 99 % d'un coronavirus de pangolin, par lesquels il est probablement arrivé jusqu'à nous. Il est, en revanche, très différent du coronavirus responsable de la PIF chez le chat.

 

. En tout et pour tout, dans le monde, quatre chiens et une vingtaine de chats, (dont deux en France, les 2 et 12 mai 2020), plus quatre tigres, trois lions, et des visons d'élevage, ont présenté une infection active et bien documentée par le SARS-COV-2, dans les conditions naturelles. Un certain nombre de chats de Wuhan, de chats et de chiens du nord de l'Italie ou de France, (enquêtes sérologiques en régions Franche-Comté et Rhône-Alpes), ont été en contact avec le virus, et ont fabriqué des anticorps. La plupart de ces animaux (visons exceptés) ont présenté peu ou pas de symptômes, et leur charge virale était faible, voire indétectable. Quasiment tous les chiens et chats infectés vivaient au contact d'humains malades de la COVID-19, montrant qu'une transmission du virus des humains aux animaux est possible, quoique rare. 


. Il est donc très important de respecter les gestes barrières avec les animaux aussi, surtout si l'on se sait atteint de la COVID-19. Chiens, chats et furets sont des proches au même titre que les membres de la famille, ils sont confinés avec nous, on prend donc les mêmes précautions et on adopte les mêmes gestes barrières avec eux. (Voir la liste de recommandations au § 1.3).

 

. Un petit nombre de chats et de furets ont été infectés en laboratoire, par inoculation de doses massives de SARS-CoV-2 dans les narines. Le virus s'est repliqué dans leur organisme et a pu être transmis, toujours dans des conditions expérimentales très favorables au virus, à quelques chats et furets sains.


. Rien de tel dans les conditions naturelles : les rares chiens et chats trouvés porteurs du virus dans le monde le sont restés peu de temps, et avec une charge virale très faible - pas de quoi contaminer un humain. Aucun cas de transmission d'un animal familier à l'humain n'a d'ailleurs été décrite dans le monde. Eventuellement, l'animal de compagnie peut jouer un rôle de support passif : si votre beau-frère est infecté par le SARS-CoV-2 et tousse ou postillonne sur votre chien, et qu'ensuite vous lui faites des bisous, (au chien, pas au beau-frère), vous pouvez être contaminé - mais pas plus qu'avec une poignée de porte. Donc encore une fois, s'il y a un malade à la maison : gestes barrières, gestes barrières.


. Seuls cas de transmission du SARS-CoV-2 de l'animal à l'homme, décrits dans le monde à l'heure actuelle : dans des élevages de vison, aux Pays-Bas, au Danemark et aux USA, avec apparition d'un virus muté, et une douzaine d'employés atteints. Transmission dans des conditions très particulières, puisque des milliers d'animaux connus pour être sensibles aux virus, (les visons), vivaient confinés à l'intérieur de bâtiments d'élevage, et y ont créé un véritable aérosol de virus.

 

. Les vétérinaires n'ont pas été contraints de cesser leur activité pendant les deux confinements, moyennant un certain nombre de restrictions. Il en est de même pour le couvre-feu, avec la possibilité de rester ouverts après 18 heures. Tous les détails sur le fonctionnement de nos cliniques de Calvisson et Villevieille, dans le paragraphe 4.


. Si on ne devait retenir qu'un chiffre : au 5 novembre 2020, 48 559 927 cas de COVID-19 confirmés chez l'Homme dans le monde, contre quelques dizaines (centaines ?) chez les chiens et chats.


. Si on ne devait retenir qu'une chose : tous les organismes de santé, humains ou vétérinaires, français ou internationaux, sont unanimes :  avec les données actuellement connues, les chiens et les chats n’ont pas de rôle épidémiologique dans la dissémination de la COVID-19. La COVID-19 est une maladie qui se transmet d'humain à humain, et les animaux familiers n'y jouent aucun aucun rôle. Donc pas d'euthanasies, pas d'abandons… et on ne trempe pas son chien ou son chat dans le gel hydro alcoolique, ou dans une baignoire remplie d'eau de javel, au retour de sa promenade !!!!

 

 

 

                                





 

Le but de cet article est de fournir quelques éléments sur les conséquences de l'actuelle pandémie de COVID-19 pour nos animaux familiers. Les répercussions concrètes sur le fonctionnement de nos deux cliniques vétérinaires seront également abordées.

 

Si vous recherchez en priorité des informations sur ce dernier point, RENDEZ-VOUS DIRECTEMENT AU PARAGRAPHE 3 DE CET ARTICLE POUR VOIR, EN TEXTE ET EN IMAGES, LES MESURES ADOPTEES PAR NOS DEUX CLINIQUES VETERINAIRES POUR LE RECONFINEMENT DE NOVEMBRE 2020.

 

Si vous êtes à la recherche d'informations plus générales, vous pouvez lire cet article dans l'ordre !

 

 

 

INTRODUCTION : définitions et infox

 

Partie de la ville de Wuhan, capitale de la province de Hubei, en Chine centrale en décembre 2019, l’épidémie (classée pandémie par l’OMS depuis le 11 mars 2020), a atteint la France fin janvier 2020 avec les répercussions que nous connaissons, sans précédent depuis plusieurs dizaines d'années. Aujourd'hui, à part quelques éventuels naufragés sur leur île déserte, (et encore), il ne reste plus grand monde sur la  planète qui n'ait entendu parler de coronavirus, SARS-CoV-2, COVID-19, sérologie, RT-PCR, cluster, hydroxychloroquine, et j'en passe.

 

Alors d'abord, juste pour préciser, quelques définitions pour bien comprendre la suite :

 

- le virus, c’est le SARS-CoV-2, pour Syndrome Aigu Respiratoire Sévère - CoronaVirus. Et pourquoi un 2 à la fin ? Parce qu'il y a eu un autre SARS-CoV avant lui, (le virus du SRAS en 2002-2004), mais comme il n'y avait que lui à ce mement-là, on n'avait pas éprouvé le besoin de lui mettre un 1, et on l'avait donc appelé SARS-CoV tout court. Maintenant qu'il y en a un deuxième, on lui met un 2.


- la maladie provoquée par le dit virus, c'est la COVID-19, pour Corona Virus Disease, apparue en 2019

Oui, j'ai bien écrit LA COVID-19, parce que le 7 mai 2020, l'Académie française a tranché : "Covid est l’acronyme de corona virus disease, et les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation". En clair, le noyau du groupe de mots COVID, c'est disease (UNE maladie), donc COVID est féminin.


- la PCR, ou Polymerase Chain Reaction, est une méthode de détection directe du matériel génétique d'une bactérie, d'un virus, d'un parasite… (ici, de l'ARN), dans un prélèvement. C'est une technique très sensible, qui détecte (quasiment) tous les individus infectés, même s'ils sont porteurs d'une très faible quantité de matériel génétique. C'est aussi une technique très spécifique : quand elle est négative, il n'y a (généralement) pas ou plus de SARS-CoV-2 : la personne n'est pas infectée, ou si elle l'a été, elle est guérie et s'est débarrassée du virus… ou bien c'est que le prélèvement a été mal fait !. A titre de comparaison, c'est la même technique qu'on utilise pour identifier un assassin dont on a trouvé trois poils de barbe sous les ongles de la victime : un test ADN, c'est aussi de la PCR. Chez les chiens et les chats, les prélèvements se font généralement tout au fond de la bouche, (oropharynx), dans le nez, et dans le rectum ou sur des selles. Une PCR fortement positive pendant plusieurs jours sera en faveur d'une infection active, une faible positivité pendant une durée réduite indiquera plutôt la présence de simples résidus viraux.


- la sérologie : quand on est infecté par un virus, une bactérie, un parasite… on fabrique généralement des anticorps, qui sont des substances, (des protéines), chargées, en gros, de repérer l'intrus et de le neutraliser. La sérologie est une méthode de diagnostic pratiquée (comme son nom l'indique) sur le sérum du sang, et qui détecte ces anticorps. Mais attention, il faut quelques jours à l'organisme pour commencer à les fabriquer, (donc la sérologie est négative en tout début d'infection), et ils peuvent ensuite persister des mois, voire des années, alors que le virus (ou la bactérie, ou le parasite…) est parti depuis longtemps… ou pas ! Donc, une sérologie positive signifie qu'on a été en contact avec le virus à un moment donné, mais ça ne nous dit pas si on est encore infecté au moment de la prise de sang. Au passage, on peut signaler que les anticorps ne sont pas toujours efficaces pour combattre l'infection, d'où la question que tout le monde se pose : les personnes qui ont une sérologie positive et ont donc été infectées par le virus, peuvent-elles l'attraper une deuxième fois ? Eh bien à l'heure actuelle, personne n'en sait rien.


- un cluster : c'est “un regroupement d'au moins deux cas en même temps, au même endroit”, selon le ministère de la santé. Bon, en bon français, c'est un foyer, quoi…

 

Tiens, tant qu'on est dans les définitions, et juste pour la culture générale, pourquoi "coronavirus" ? parce que coronavirus, ça veut dire "virus à couronne", et que c'est de ça qu'ils ont l'air quand on les regarde au microscope électronique (photo ci-dessous).

 

Virions de SARS-CoV. Crédit : CDC/Dr Fred Murphy.

 

 

Nous n’allons pas faire ici un point complet sur l’infection par le SARS-CoV-2 : ce n’est pas notre propos, et surtout, ça ne relève pas de notre compétence. Nous allons logiquement nous limiter au domaine vétérinaire. D’abord, en apportant quelques réponses aux questions que beaucoup se posent, quant à la place de nos animaux familiers dans toute cette histoire. Depuis le début de l’épidémie, des milliers d’informations ont été déversées par les TV, radios, journaux, et réseaux sociaux et parmi elles, bien sûr, beaucoup de fake news et théories complotistes : PLUSIEURS PERSONNES NOUS ONT APPELES AU DEBUT DE LA PANDEMIE, POUR NOUS DEMANDER D’EUTHANASIER LEUR CHIEN PAR CRAINTE DU CORONAVIRUS !!!! On rapporte aussi des abandons. Il y a donc visiblement un gros travail d’information à faire, et pas mal d’infox à démonter.

 

Petit aparté à propos des infox : il en circule toujours sur les réseaux sociaux, mais là, il faut bien avouer que les complotistes de tous bords s'en donnent à cœur joie ! Trois articles pour démonter les fake news à propos du SARS-COV-2, sont à lire sur le site de l'INSERM. L'un des trois, portant sur l'origine du virus, est en lien ici. Et une série de podcasts sur les mécaniques du complotisme, consacrés au COVID-19, est à écouter par là.

Un peu plus technique et en anglais, mais au cœur du sujet, on peut aussi jeter un coup d'œil à cet article paru dans Nature Medicine, qui démontre, décryptage du génome à l'appui, que l'origine du SARS-CoV2 est une mutation naturelle d'un virus animal. Ben oui, c'est décevant, c'est beaucoup moins fun qu'une manipulation génétique par un savant fou, un groupe terroriste, le régime chinois, la CIA, le FSB, un laboratoire pharmaceutique pour vendre du vaccin, ou peut-être même tout le monde à la fois, mais c'est comme ça : la nature et les chauves-souris sont très douées pour fabriquer de nouveaux coronavirus, et on n'a probablement pas fini d'en voir sortir de nouveaux - plus ou moins méchants. Une mine d'informations sur les (vraies) origines du SARS-CoV-2 est à lire sur le site de l'Académie Vétérinaire de France.

Ah, et puis tant qu'on y est, le virus n'a pas besoin de la 5G pour se répandre. Pour ceux qui se demanderaient ce que la 5G vient faire dans cette histoire, on trouve sur les réseaux sociaux que la 5G dilate les pores, et que le virus peut donc se glisser plus facilement à l'intérieur de nous… Ben là aussi, c'est moins glamour, mais pour répandre le virus, il suffit de postilloner, et le virus rentre par les narines de la personne en face. Voilà, voilà…

 

Dans un deuxième temps, nous ferons le point sur les recommandations des différentes instances professionnelles vétérinaires françaises, (Ordre, syndicat, collèges de spécialistes…), puis sur la manière dont nous avons choisi d’appliquer ces recommandations dans nos deux cliniques. Avec pour objectif de préserver au maximum la santé de nos collaborateurs/trices et des propriétaires de nos patients, tout en continuant à apporter à ces derniers la meilleure qualité de soins possible.

 

Toutes les informations données ci-dessous sont susceptibles d’évoluer de jour en jour, voire d’heure en heure. Cette page sera donc mise à jour quasi quotidiennement pendant la durée de la pandémie.

 

 

1- CHIENS ET CHATS FACE AU CORONAVIRUS

 

Nous ne parlerons ici que des chiens et des chats, (et un peu des furets, voire des lapins), qui constituent la grande majorité des patients de nos deux cliniques.

 

Rappelons tout d’abord que la transmission se fait d’humain à humain, essentiellement par les gouttelettes de salive ou de mucus qu’une personne porteuse du virus dissémine autour d’elle lorsqu’elle postillonne en parlant, a fortiori lorsqu'elle tousse ou éternue. La transmission en touchant une surface ou un objet contaminé, puis en portant sa main à la bouche, au nez et probablement aux yeux est moins fréquente, mais ne doit pas être sous-estimée. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les surfaces lisses, (comptoir, poignées de porte…), transmettent mieux le virus que les matériels « poreux », (billets de banque, poils de chien ou de chat), qui absorbent et piègent le virus. Ce qui n’empêche pas, évidemment, de bien se laver les mains après avoir caressé votre chien, si quelqu’un vient de lui éternuer dessus ! (voir le § 1.3).

 

Bon, ça, c’était pour la transmission d’humain à humain. Quid des animaux familiers ?

 


1.1 - Chiens et chats peuvent-ils attraper le virus ?



1.1.1 : D'abord, la théorie :

 

Les coronavirus sont - en général - très spécifiques d'espèces, c'est à dire qu'un coronavirus spécialisé dans les humains va rester chez les humains, et un coronavirus spécialisé dans les chats va rester chez les chats. Chacun dans son pré, et les vaches seront bien gardées. De ce point de vue, le SARS-CoV-2, comme le SARS-CoV et le MERS-CoV avant lui, ont fait figure d'exceptions, ces vingt dernières années. Pour aller un peu plus dans le détail, le SARS-CoV-2 appartient au genre Betacoronavirus, et au sous-genre Sarbecovirus. En revanche, les coronavirus qui infectent le chien et le chat n'appartiennent pas au sous-genre Sarbecovirus. (Mention spéciale pour le coronavirus entérique félin, également responsable de la Péritonite Infectieuse Féline (PIF), qui appartient au genre Alphacoronavirus, et n'a aucun rapport avec le SARS-CoV-2. Donc si votre chat a la PIF, c'est très embêtant pour lui, mais vous n'attraperez pas la COVID-19). L'adaptation d'un coronavirus de chien ou de chat à l'Homme, et réciproquement, est donc hautement improbable.

Parmi les Sarbecovirus, on trouve cinq espèces de SARS-CoV : deux qui infectent l'Homme, (celui du SRAS et celui de la COVID-19), et trois qui infectent la Chauve-souris. L'isolement et le séquençage complet de nombreux isolats du SARS-CoV-2 un peu partout dans le monde ont permis de montrer une grande homogénéité de ces virus entre eux… mais aussi 96,3 % d'identité avec le génome du Bat-CoV-RaTG13, un coronavirus détecté chez des chauve-souris vivant dans la province du Yunnan, et 99 % avec celui d'un coronavirus de Pangolin. Ceci explique que la barrière d'espèce ait pu être franchie entre la Chauve-souris et l'Homme, en passant probablement par le Pangolin - ce dernier point étant malgré tout contesté. De très nombreux articles consacrés aux origines du SARS-CoV-2 sont à lire sur le site de l'Académie Vétérinaire de France, déjà cité plus haut.

 

Un mot sur l'une des dernières polémiques en date : dans une étude publiée le 14 avril 2020, un chercheur de l'Université d'Ottawa affirme que des canidés pourraient être l'hôte intermédiaire entre la Chauve-souris et l'Homme. Conclusion à prendre avec des pincettes, selon Eric Leroy, vétérinaire, directeur de recherche de l’Institut de recherche pour le développement à Montpellier et spécialisé dans la virologie tropicale, pour qui cette hypothèse est purement théorique, et repose sur des données parcellaires. Pour l’instant, conclut-il, la seule hypothèse pour les hôtes intermédiaires est le pangolin, dont les séquences génomiques virales sont très proches du SRAS-CoV-2 (20 avril 2020).

 

En 2003, une étude avait montré que le virus responsable du SRAS (SARS-CoV, proche du SARS-CoV-2), pouvait infecter des chats et des furets dans des conditions expérimentales. Ces chats et furets infectés purent à leur tour infecter des chats et des furets sains. Aucun des chats ne présenta de symptôme, contrairement aux furets, dont plusieurs moururent. Un virus proche par son génome du SARS-CoV-2 peut donc infecter des chats, mais dans des conditons expérimentales beaucoup plus sévères que les conditions naturelles, sans provoquer de maladie, et aucun cas de transmission du Chat à l'Homme ne fut rapporté pendant l'épidémie de SRAS. On ne peut donc pas parler d'une adaptation du coronavirus humain à l'espèce féline, mais de transmissions occasionnelles.

 

On trouvera plus d'informations sur la barrière d'espèces chez les SARS-CoV sur le site de l'Anses (02/03/2020), et dans un article du Bulletin de l'Académie Vétérinaire de France (30/03/2020).

 

 

 

1.1.2 : Après la théorie, la pratique, en commençant par…

 

 

1.1.2.1 : Les cas individuels :

 

QUATRE CHIENS ET QUINZE CHATS DANS LE MONDE ont présenté une infection active et bien documentée par le SARS-CoV-2, à la date du 23 SEPTEMBRE 2020. (Au 3 novembre 2020, il ne semble pas que d'autres cas aient été décrits). Presque tous avaient un(e) propriétaire atteint(e) de la COVID-19 ou vivaient dans un environnement où circulait le virus. Les deux premiers chiens et un des chats vivaient à Hong Kong, un deuxième chat en Belgique, quatre chats et deux chien aux USA, deux chats en France, (en régions parisienne et bordelaise), deux en Espagne, (Catalogne), un en Allemagne (Bavière), un en Russie, et deux au Royaume Uni. Une bonne description et un récapitulatif des premiers cas (jusqu'en juin 2020) sont lisibles en anglais, sur le site de l'AVMA, un récapitulatif plus actualisé est à lire sur le site de l'Académie Vétérinaire de France.


Ordre chronologique oblige, commençons par les chiens :


Le 27 février 2020, le ministère de l’agriculture de Hong Kong a rapporté que des prélèvements réalisés la veille dans le nez et la bouche d’un Loulou de Poméranie, (ou Spitz nain), âgé de 17 ans, insuffisant cardiaque et rénal, dont la propriétaire était atteinte de COVID-19, étaient revenus « faiblement positifs » pour le SARS-CoV-2, ce qui signifie que les échantillons prélevés présentaient une faible charge virale. Les jours suivants, et jusqu’au 5 mars, le chien est resté faiblement positif, uniquement pour les prélèvements nasaux. Le test utilisé, (RT-PCR), ne permet pas de disitinguer un virus actif, potentiellement infectieux, d’un simple morceau de matériel génétique (ARN) incapable d’infecter qui que ce soit, mais la recherche d'anticorps sériques spécifiques anti SARS-CoV-2 s'est avérée positive, ce qui indique que le chien a bien été infecté par le virus, et a développé une réponse immunitaire spécifique. Les tests s'étant négativés au bout de douze jours, le pauvre Loulou a pu rentrer à sa maison où il est mort, trois jours après sa sortie de quarantaine, sans avoir présenté aucun symptôme de COVID-19. Selon les vétérinaires sur place, le décès du petit chien de 17 ans, cardiaque et insuffisant rénal, est probablement dû au stress de la quarantaine et de la séparation d'avec sa maîtresse. Du fait des faibles valeurs de PCR, il est probable que l'infection développée par le chien a été trop faiblement productive pour présenter un risque de contagiosité, notamment pour les humains.

 



Le deuxième chien est un berger allemand âgé de deux ans, appartenant à un résidant allemand vivant à Hong Kong et malade de la COVID-19 depuis début mars. Le chien a été testé positif par PCR pour le SARS-CoV-2 le 18 mars, et placé en quarantaine et sous surveillance. Lui non plus n'a jamais présenté de signe clinique. Les séquences virales obtenues chez le berger allemand et chez son propriétaire se sont avérées identiques, ce qui renforce l’hypothèse d’une contamination du chien par son propriétaire : en effet, comme pour le Loulou de Poméranie, la charge virale chez le berger allemand était trop faible pour être contagieuse. A l'issue de sa quarantaine, le chien est retourné chez son propriétaire sans avoir présenté de symptôme.

 

Le 14 mai 2020, une publication "accélérée" en ligne pour le magazine Nature a confirmé que ces deux chiens avaient bien été contaminés par leurs propriétaires : en effet, la séquence génétique des virus isolés chez les deux chiens était identique à la séquence du virus isolé chez leurs propriétaires respectifs. 

 

Plusieurs semaines après ces deux premiers cas, le 28 avril 2020, un carlin nommé Winston a été le premier chien (et troisième animal domestique), infecté par le SARS-CoV-2 aux USA, plus précisément en Caroline du Nord. Winston vit dans une famille dont le père, la mère et le fils ont été malades de la COVID-19, la fille n'ayant pas présenté de symptôme. Le chien a présenté des symptômes discrets au moment où les autres membres de la famille étaient au maximum de leur maladie : une petite toux pendant un jour ou deux, et un matin sans prendre son "breakfast", après quoi tout est rentré dans l'ordre. La mère de famille dit qu'en temps normal, cela n'aurait jamais motivé une consultation chez son vétérinaire. La famille participait à une étude de la Duke University sur la COVID-19, et à ce titre, tous les membres de la famille - animaux compris - étaient testés une fois par semaine. Winston, qui était l'animal le plus proche de ses maîtres et adorait être câliné et faire des léchouilles, a été trouvé positif avec une très faible charge virale. Les deux autres animaux de la famille, un chat plus distant et un vieux carlin qui passe sa vie à dormir dans son coin, ont été testés négatifs. Notons que l'infection n'a pas pu être confirmée en isolant le virus.

 

Un second chien états-unien a été trouvé infecté dans l'état de New-York, le 2 juin 2020. Il s'agit d'un berger allemand qui vivait avec un autre chien et ses deux propriétaires. L'un d'eux avait été testé positif, et l'autre présentait des symptômes évoquant la COVID-19, avant que le chien lui-même ne développe des symptômes respiratoires. Le berger allemand a été trouvé positif par PCR, avec confirmation par isolement du virus. Il semble en voie de guérison complète. Le second chien a été trouvé positif en sérologie, ce qui montre qu'il a été exposé au virus, mais il n'a jamais présenté de symptôme.

 

Signalons qu'un chien a été testé positif par sérologie aux Pays Bas (rapporté le 15 mai 2020), mais sans que le virus ait pu être isolé par PCR. Ce chien, un bulldog américain de 8 ans, a dû être euthanasié suite à de graves symptômes respiratoires. La sérologie positive montre que ce chien avait été en contact avec le virus, mais sans qu'on puisse savoir si ses symptômes étaient liés au SARS-CoV-2. On suppose que le chien a été infecté par son propriétaire, lui-même malade de la COVID-19.

 

 

Après les chiens, les chats :


Le 27 mars 2020, les autorités belges ont déclaré l'existence du troisième animal de compagnie infecté dans le monde par le SARS-CoV-2 : en l'occurrence, un chat diagnostiqué positif à la faculté de médecine vétérinaire de Liège, le 18 mars, dont la propriétaire, atteinte de la COVID-19, était rentrée d'Italie une semaine plus tôt. L'animal a présenté de l'anorexie, de la diarrhée, des vomissements, et de la toux, une semaine après le retour de sa propriétaire. Dix jours plus tard, son état s'est amélioré. Comme aussi bien le chat que sa propriétaire étaient confinés, les prélèvements ont été faits par la propriétaire et le chat n'a pas pu être examiné : même si la suspicion est forte, rien ne prouve donc que les symptômes observés chez l'animal aient été dus au SARS-CoV-2.


Le 31 mars, un deuxième chat, vivant à Hong Kong avec son propriétaire atteint de la COVID-19, a été testé positif à partir d'échantillons prélevés dans la bouche, le nez et le rectum. Ce chat a été mis en quarantaine, et n'a montré aucun signe de maladie.


Le 22 avril 2020, les autorités états-uniennes ont annoncé les deux premiers cas d'infection par le SARS-CoV-2 chez des animaux domestiques aux USA, en l'occurrence deux chats vivant dans deux endroits distincts de l'état de New-York.

Le premier chat a présenté des symptômes respiratoires modérés. Personne dans la maison n'était reconnu malade de la COVID-19, mais une infection asymptomatique d'un membre du foyer n'a pas été exclue, de même qu'une contamination du chat par une personne extérieure : un grand nombre d'humains étaient en effet atteints dans le quartier, et le matou avait l'habitude de vagabonder.

Le deuxième chat a également présenté des symptômes respiratoires. Son propriétaire avait été testé positif pour la COVID-19, avant que l'animal ne tombe malade. Un autre chat de la maison n'a pas présenté de symptôme. Ces deux chats ont guéri.


Le 2 juin 2020, un troisième cas d'infection chez le chat a été décrit dans le Minnesota. Celui-ci a été présenté à son vétérinaire pour fièvre, abattement, et râles respiratoires. Comme le propriétaire de ce chat avait lui-même été atteint par la COVID-19, l'animal a été testé, et trouvé infecté à la fois par le SARS-CoV-2, (avec isolement du virus), et par une bactérie respiratoire (Mycoplasma felis). Cinq jours plus tard, le chat ne présentait plus de symptôme. Le chien de la maison n'a pas été testé, mais n'a jamais présenté de signe de maladie.

Le 5 juin 2020, un quatrième cas d'infection chez le chat a été rapporté dans l'Illinois (où par comparaison, 125 915 cas humain avaient déjà été diagnostiqués à la même date). Il semble qu'on ne connaisse pas grand chose de ce cas, sinon que le chat a présenté des symptômes mi mai, et qu'il vivait avec des personnes testées positives pour le virus.


Le 2 mai 2020, un cas d'infection par le SARS-CoV-2 chez le chat a été déclaré, pour la première fois en France, par l'unité mixte de recherche en virologie de l'École nationale vétérinaire d'Alfort, de l'Anses et de l'Inrae, en lien avec l'Institut Pasteur. Il s'agit de Papille, chatte de deux ans, présentée chez son vétérinaire en région parisienne pour abattement, perte d'appétit, et toux. Le virus a été détecté par PCR sur un prélèvement rectal, les écouvillons nasopharyngés étant testés négatifs. Comme pour cinq des six chats déjà trouvés infectés dans le monde, le propriétaire de la chatte était lui-même atteint par la COVID-19 et vivait en contact étroit avec son animal. (Voir le § 1.3 : gestes barrières, gestes barrières, gestes barrières !) Après six jours d'hospitalisation, l'état de Papille s'est amélioré, et elle a pu rentrer à sa maison.


Un deuxième chat infecté en France, cette fois en région bordelaise, a été déclaré le 12 mai 2020, après que le virus a été mis en évidence par PCR à l'Ecole vétérinaire de Toulouse, sur des prélèvements naso-pharyngés. Le chat présentait des troubles respiratoires, et vivait avec des personnes fortement suspectes d'avoir contracté la COVID-19.


Le 22 avril 2020, un premier chat a été trouvé faiblement positif pour le SARS-CoV-2, en Espagne (centre de recherche IRTA-CReSA, en Catalogne) : il s'agissait de Negrito, âgé de quatre ans, qui souffrait d'une maladie cardiaque fréquente dans cette espèce, d'évolution chronique et sans rapport avec la COVID-19, en l'occurrence une cardiomyopathie hypertrophique (CMH) avec des complications d'embolies pulmonaires qui ont malheureusement motivé son euthanasie. Comme le chat vivait dans une famille dont plusieurs membres avaient été malades de la COVID-19, il a été testé après son décès, et une faible charge virale a été détectée par PCR dans sa cavité nasale et un ganglion mésentérique. Aucune des lésions découvertes à l'autopsie de Negrito n'était compatible avec la COVID-19.

Le 21 mai 2019, un deuxième chat positif a été signalé en Espagne. 23 animaux de compagnie, ne présentant aucun symptôme mais vivant avec des propriétaires atteints de COVID-19, avaient été testés par PCR : il s'agissait de 12 chiens, 8 chats, 2 lapins, et 1 cochon d'Inde. Seule une chatte de huit ans, appartenant à une personne présentant des symptômes respiratoires sévères, a été trouvée positive. L'autre chat de la maison était négatif. L'infection chez cette chatte n'a pas pu être confirmée par isolement du virus ou sérologie.


Le 8 mai 2020, aux Pays-Bas, des visons élevés pour leur fourrure ont été trouvés infectés par le virus (on en parle quatre paragraphes plus loin). Sept chats sur 24 vivant dans les deux fermes concernées ont été trouvés positifs en sérologie, indiquant qu'ils avaient été en contact avec le virus, mais ce dernier n'a été trouvé par PCR que chez un seul chat, et en si faible quantité qu'il n'a pas été possible d'en séquencer le génome.


Le 13 mai 2020, le Bavarian Office for Health and Food Safety a annoncé qu'une chatte de six ans, vivant dans une maison de retraite de Bavière et dont la propriétaires était décédés de la COVID-19, avait été testée positive par PCR. Deux autres chats vivant dans la même maison de retraite ont été testés, mais trouvés négatifs. Tous trois ont été mis en observation, et aucun n'a présenté de symptôme.


Le 18 mai 2020, un chat de cinq ans vivant dans la région de Moscou, (Moskovskaya Oblast), a été trouvé positif en PCR. Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur le cas, sinon que les symptômes étaient probablement bénins, (grade 1 sur une échelle de 0 à 5), que l'origine de l'infection est inconnue, et que l'animal a été mis en quarantaine à son domicile.

 

Enfin, le 23 septembre 2020, une publication a décrit les cas de deux chats infectés par le SARS-CoV-2 au Royaume Uni : d'abord une Ragdoll de quatre mois, dont le propriétaire avait présenté des symptômes compatibles avec la Covid-19 fin mars 2020. La petite chatte a été présentée à son vétérinaire le 15 avril en grandes difficultés respiratoires, et a dû être euthanasiée une semaine plus tard, devant la dégradation de son état. A l'autopsie, le virus a été isolé dans les prélèvements réalisés à partir de ses poumons. Ensuite une siamoise de six ans, seul animal trouvé positif dans une grande enquête épidémiologique (387 chats testés). La chatte présentait un jetage nasal et oculaire, et a guéri sans complications. Elle a été trouvée infectée à la fois par le SARS-CoV-2, et par un Herpes virus, l'un des agents responsables du coryza du chat. Il est donc impossible de savoir si les symptômes étaient dûs à l'Herpes virus du coryza, au virus de la Covid… ou aux deux à la fois ! Au moment où la siamoise a été présentée chez un vétérinaire, l'un de ses propriétaires présentait des symptômes compatibles avec la Covid-19, et a été testé positif. Un autre chat vivant dans le même foyer, a été trouvé négatif pour le virus.


Les lions et les tigres ne sont jamais que de gros chats qui s'ignorent : au zoo du Bronx, à New York, trois lions et quatre tigres ont présenté une toux sèche et une respiration sifflante, mais sans atteinte de l'état général, difficultés respiratoires, ou écoulements oculaire ou nasal. Certains ont eu un appétit diminué pendant quelques jours. Un premier tigre a été testé positif pour le SARS-CoV-2 le 3 avril 2020, les six autres "large cats" l'ont été le 22 avril. Tous ces animaux avaient été exposés à un soigneur infecté par le virus, mais qui n'avait pas encore présenté de symptômes. Tous ont guéri. (Communiqué et recommandations du ministère de l'agriculture US, 5 avril 2020, en suivant ce lien).


Plus récemment, le décès d'une tigresse dans le parc national de Pench dans la Province du Madhya Pradesh en Inde a été, un peu rapidement semble-t-il, attribué à la COVID-19, information rapidement démentie.

 

 

Après les chiens, les petits chats et les gros chats… les animaux à fourrure :


Aux Pays-Bas, le ministre de l'agriculture a annoncé que l'infection de visons d'élevage a été confirmée, après que des taux de mortalité supérieurs à la normale (1,2 et 2,4 % vs 0,6 % d'habitude), et des symptômes respiratoires, ont été observés dans deux fermes abritant plus de vingt mille visons destinés à la production de fourrure (preprint du 18 mai). Plusieurs employés de ces fermes avaient présenté des symptômes compatibles avec la COVID-19. A noter qu'une étude a conclu comme plausible la contamination de ces employés par des visons infectés. En effet, la comparaison mutuelle et la position dans un arbre généalogique, ont montré l'identité des isolats viraux réalisés chez ces personnes et chez les visons, tandis que les virus détectés chez les employés des fermes différaient de ceux trouvés chez les personnes infectées habitant dans les environs, ou ailleurs dans les Pays-Bas. Le 3 juin 2020, la décision a été prise d'éliminer tous les visons des sites contaminés par le SARS-CoV-2, afin d'éviter la formation d'un réservoir de virus. En revanche, l'équipe d'experts a considéré que les chats de ferme présents dans ces élevages ne présentaient pas de risque pour les chats domestiques de la région, ou pour la santé publique. Au 15 juin 2020, 15 des 140 fermes de visons du pays avaient été touchées, et plus de 570 000 visons abattus. Au 14 septembre, 52 élevages néerlandais étaient testés positifs, et deux millions de visons abattus. A noter que l'élevage de visons doit cesser en 2024 aux Pays-Bas, et qu'un débat est en cours pour arrêter plus tôt cette production… ce dont personne (ou presque) ne se plaindra !


Le 18 juin 2020, au Danemark, un élevage de 11 000 visons a, à son tour, été déclaré infecté par le SARS-CoV-2. Plusieurs animaux et un employé ont été testés positifs, et tous les visons abattus. Début septembre, on en était à six élevages déclarés infectés. Début juillet, des élevages espagnols ont été touchés à leur tour. En tout, plus d'un million de furets ont été abattus dans les trois pays.


En août 2020, c'est aux USA que des visons (et là aussi, des employés), ont été testés positifs au SARS-CoV-2 dans deux fermes de l'Utah, malgré les mesures de biosécurité prises après l'annonce des premiers cas en Europe. Notons qu'à ce jour, aucun cas d'infection n'a été déclaré parmi les 26 millions (!) de visons élevés en Chine.


Dernière évolution en date : fin octobre 2020, deux mutations virales du SARS-CoV-2 ont été découvertes dans cinq fermes de visons danoises, avec transmission du virus muté à douze personnes. Les autorités danoises ont pris la lourde décision de faire abattre les 17 millions de visons élevés dans le pays. Les deux mutations en question, qui portent sur le gène codant la protéine S1 du Sars-CoV-2, représentent un danger pour l'Homme, d'une part en favorisant le franchissement de la barrière d'espèce, (adaptation à l'Homme de ce virus muté), d'autre part parce qu'un futur vaccin, élaboré pour protéger du virus "normal", risque d'être moins efficace sur le virus muté.


Ainsi donc, dans le cas des élevages de visons, les animaux se sont largement contaminés entre eux, et ont aussi transmis le virus à plusieurs employés, ce qui constitue à l'heure actuelle un cas unique de contamination d'humains par des animaux domestiques. Qui plus est, au Danemark, le virus transmis est un virus muté. Notons que cette transmission s'est produite dans des conditions très particulières, la diffusion du virus par aérosols étant favorisée par une très forte densité animale, à l'intérieur de bâtiments d'élevage clos. En dehors des techniciens entrant à l'intérieur des bâtiments et respirant cet aérosol, aucun cas humain en rapport avec les visons n'a d'ailleurs été détecté dans le voisinage, et le virus n'a pas été détecté à l'extérieur des bâtiments.


Donc, ne commencez pas à regarder de travers le chat qui dort sur le canapé du salon : il n'est pas en mesure de dégager à lui seul un tel aérosol de virus dans la pièce.



1.1.2.2 : Les études épidémiologiques :

 

Là, il n'est plus question de cas individuels bien décrits, ce n'est d'ailleurs pas le propos : on prend une population de chiens, de chats, de chevaux… on les teste tous, et on voit ce qu'il en sort.

 

Dans une publication datée du 3 avril 2020, une infection par le SARS-CoV-2 a été recherchée chez 141 chats de Wuhan : 39 prélevés avant la pandémie, (tous négatifs), et 102 après. Parmi ces 102 chats, 15 soit 14,7 % présentaient une sérologie positive, ce qui signifie qu'ils avaient été en contact avec le virus. Les trois les plus fortement positifs appartenaient à des personnes malades de la COVID-19. Les autres chats de l'étude, chats de refuge, ou bien hospitalisés dans des cliniques vétérinaires, présentaient des taux beaucoup plus faibles. En revanche, le virus lui-même n'a été trouvé chez aucun chat, (PCR sur des prélèvements respiratoires et fécaux), et aucun n'a présenté de symptôme. Les auteurs en concluent que la charge virale chez ces chats était trop faible, ou que l'infection avait été trop brève, pour que le virus soit détecté.

 

Une autre étude chinoise publiée le 17 avril 2020 a livré des résultats différents : 1914 sérums prélevés chez des animaux de 35 espèces différentes, (de laboratoire, de ferme, de compagnie ou sauvages), ont été testés pour le SARS-CoV-2. On pourra trouver cet échantillonage quelque peu hétérogène, les risques d'exposition au virus n'étant pas les mêmes pour une souris de laboratoire, un chien des rues, un poulet de ferme, un pangolin ou un panda géant, toujours est-il que toutes les sérologies sont revenues négatives. Pour la partie de l'enquête qui nous intéresse ici, 487 chiens, dont 90 beagles de laboratoire, 147 chiens de compagnie, et 250 chiens errants, ont été testés pendant la pandémie. Parmi eux, 15 chiens de compagnie et 99 errants vivaient dans la ville de Wuhan, et l'un des chiens de compagnie appartenait à une personne infectée par le SARS-CoV-2. 87 chats, dont 66 de compagnie et 21 errants, ainsi que 2 furets, ont également été testés dans le cadre de cette étude.

 

Une enquête a été réalisée par le laboratoire IDEXX, à l'aide d'un test de diagnostic (RealPCR) qu'il a mis au point. Ici, c'est le matériel génétique du virus lui-même qui est recherché. Ce test a été réalisé sur près de 4 000 échantillons respiratoires (77 %) ou fécaux (23 %), récoltés entre le 24 février et le 12 mars 2020 sur des chiens (55 %), chats (41 %) ou chevaux (4 %), dans 50 états américains et en Corée du Sud où il existait des cas humains de Covid-19 : Tous les tests se sont révélés négatifs. D'autres études, portant sur un plus grand nombre d'échantillons provenant d'autres pays atteints par la maladie, seront bien sûr nécessaires avant de pouvoir conclure, mais cette étude portant sur 4000 échantillons montre tout de même que le SARS-CoV-2 ne circule pas très largement chez nos animaux de compagnie.

 

Une étude française, rendue publique le 9 avril 2020, vient modérer les résultats de l'enquête réalisée à Wuhan : elle porte sur 12 chiens et 9 chats appartenant à 18 étudiants vétérinaires de l'école d'Alfort (ENVA). Entre le 25 février et le 18 mars 2020, onze de ces étudiants ont présenté des symptômes compatibles avec la COVID-19 : fièvre, toux, perte de l'odorat, etc. Parmi eux, deux ont été testés positifs pour le SARS-CoV-2 ; les neuf autres n'ont pas été testés. Les animaux vivaient en contact étroit avec leurs maître(sse)s : tous les chats et un tiers des chiens dormaient sur le lit, dans des chambres de 12 à 17 m2. La plupart des étudiants acceptaient le léchage des mains et du visage par leurs animaux. Trois chats ont présenté des symptômes respiratoires et digestifs.


Parmi 21 chiens et chats appartenant à des étudiants vétérinaires de l'Ecole d'Alfort, aucun n'avait été contaminé par son maître ou sa maîtresse, alors que plus de 60 % de ces derniers étaient atteints de la COVID-19… et que la plupart acceptaient le léchage des mains et du visage par leurs animaux ! Ce qu'on évitera quand même de faire en ce moment : les gestes barrières, c'est aussi avec les chiens, les chats et les furets ! (voir plus loin, paragraphe 1.3)

 

Des tests sérologiques ont été réalisés sur les vingt et un animaux le 25 mars 2020, et à partir de cette date, des prélèvements ont été effectués dans leur nez et leur rectum tous les jours pendant une semaine, afin de rechercher le virus par PCR. Tous les tests se sont avérés négatifs. Aucun des 21 chiens et chats n'a donc été contaminé par des humains dont plus de 60 % étaient malades de la COVID-19, en dépit de contacts étroits, fréquents et prolongés dans de petits logements.

Malgré la faible taille de l'échantillon étudié, on peut donc penser qu'en France, (où la charge virale de la plupart des malades est sans doute moindre qu'à Wuhan), le taux de transmission du Sars-CoV-2 entre les humains et les animaux de compagnie, dans des conditions naturelles, est probablement extrêmement faible, surtout si l'on pense à la facilité avec laquelle le virus se transmet d'une personne infectée à une personne saine.

 

Dans une étude italienne de grande ampleur, réalisée en Italie du nord entre les mois de mars et mai 2020, soit au plus fort de la pandémie, des prélèvements ont été réalisés sur 915 chiens et 505 chats, à l'occasion de visites de routine chez leur vétérinaire : écouvillons nasaux, oropharyngés et/ou rectaux pour PCR, et/ou prises de sang pour sérologies.

Les PCR réalisées sur 1420 prélèvements ont toutes été négatives, y compris celles réalisées chez 38 chats et 38 chiens présentant des symptômes respiratoires au moment des prélèvements, et chez 64 chiens et 57 chats vivant en compagnie d'humains chez qui un diagnostic de COVID-19 avait été confirmé. Des sérologies positives ont été trouvées chez 13 (3,35 %) des chiens et 6 (3,95 %) des chats, vivant majoritairement, en ce qui concerne les chiens, dans des familles où des cas de COVID humaines avaient été formellement diagnostiqués ou soupçonnés. Aucun de ces animaux ne présentait de symptôme respiratoire au moment du prélèvement.

Cette étude montre que l'infection des chiens et des chats dans une région où le virus circule beaucoup n'est pas exceptionnelle, quoique beaucoup plus rare que l'infection humaine. Les chiens y apparaissent plus souvent touchés que les études expérimentales ne pouvaient le laisser penser. La différence entre les résultats des sérologies (qui montrent qu'il y a eu infection à un moment donné), et des PCR (qui indiquent la présence du virus au moment du prélèvement), confirme que les chiens et chats infectés n'hébergent le virus que pendant une courte durée. 

 

Enfin, contredisant quelque peu les résultats précédents, une étude française menée conjointement par des médecins, des virologues, et des vétérinaires de l'université VetAgro Sup de Lyon, entre mars et mai 2020, a révélé un pourcentage d'animaux séropositifs beaucoup plus élevée que prévu, dans des  familles où un propriétaire au moins avait été infecté par le SARS-CoV-2. L'étude a porté sur 13 chiens et 34 chats de la région Franche-Comté, appartenant à des propriétaires atteints de la COVID-19, et 22 chiens et 16 chats de la région Rhône Alpes, appartenant à des propriétaires dont le statut vis à vis de la maladie n'était pas connu. Selon le critère de diagnostic choisi, (un ou plusieurs tests positifs nécessaires pour considérer l'animal séropositif), les taux de chiens et chats ayant été infectés ont varié entre 23,5 % des chats - 15,4 % des chiens, et 58,8 % des chats - 38,5 % des chiens, en région Franche-Comté, vs 2,6 % à 15,8 % , chiens et chats confondus, en région Rhône Alpes. Ces taux d'infection sont beaucoup plus élevés que dans les études précédentes, et confirment le risque augmenté pour un animal d'être infecté par le virus lorsque l'un de ses propriétaires est atteint de COVID-19. Notons à nouveau que ces résultats indiquent que ces chiens et chats ont été infectés par le virus à un moment donné, mais pas qu'ils en sont encore porteurs, et encore moins excréteurs.

 

 

 

Si l'on fait le bilan de tous ces cas d'infection naturelle par le SARS-CoV-2, on constate qu'il s'agissait presque toujours de chats, et à un degré moindre (?), de chiens, qui vivaient au contact étroit d'humains infectés, que la plupart n'ont pas présenté de symptômes ou très peu, qu'ils ont guéri spontanément en quelques jours dans la plupart des cas, et que le virus n'a été présent que peu de temps dans leur organisme, avec une charge virale très faible. La plupart des chiens et chats vivant au contact étroit d'humains malades de la COVID-19, n'ont cependant pas été infectés. Les chercheurs qui ont suivi ces différents cas ont conclu que le SARS-CoV-2 est peu adapté aux chiens et aux chats, dont certains ont pu se trouver infectés accidentellement par le virus qui circulait d'humain à humain dans leur environnement, mais qu'avec leur faible charge virale, il est très improbable que ces animaux aient participé à la circulation du virus.

Le cas du chien Winston décrit ci-dessus (§ 1.1.2.1) nous semble très représentatif.

 

Des chiffres qui résument tout : au 5 novembre 2020, il y a eu dans le monde 48 559 927 cas de COVID-19 confirmés chez l'humain, (1 648 521 en France), contre quelques dizaines, (allez, peut-être quelques centaines ?) chez les chiens et les chats - dont deux chats en France. Bon d'accord, on n'a pas testé autant de chiens et de chats que d'humains…  mais quand même. Les cas confirmés de chiens et chats décédés de la COVID-19 se comptent sur les doigts d'une main.

 

Quelques éléments supplémentaires ci-dessous, mais obtenus, ceux-là, dans des conditions expérimentales.

 


1.2 - Chiens, chats, furets, hamsters… peuvent-ils


transmettre le virus ?


 

 

1.2.1 : Une mise au point nécessaire : PIF n'est pas Covid :

 

Une mise au point nécessaire, donc : le coronavirus entérique du chat, également responsable de la PIF (péritonite infectieuse féline), n'a rien à voir avec le SARS-CoV-2 (voir début du § 1.1). Donc, si vous retrouvez dans le carnet de Félix une feuille de résultats disant qu'il a eu "le" coronavirus (exemples ci-dessous)… ça n'a rien à voir avec le COVID-19, vous n'allez pas l'attraper, et vous n'allez pas mourir !

 


Deux résultats de laboratoire indiquant que le chat testé était positif pour le coronavirus félin : ci-dessus, une sérologie montrant que le chat a été en contact avec le virus et a fabriqué des anticorps, ci-dessous une PCR indiquant que l'ARN du virus a été détecté dans l'abdomen du chat. Dans les deux cas, le chat est "positif pour le coronavirus", mais ce n'est pas le coronavirus du COVID-19, c'en est un autre, qui va rester bien sagement chez le chat et ne viendra pas chez nous !! (plus d'infos en suivant ce lien).

 

 

 

1.2.2 - La transmission "classique" du virus :

 

Pour en revenir au coronavirus de 2020 responsable de la COVID-19, une étude chinoise de Shi & Coll, publiée dans Science le 8 avril 2020, décrit les effets de l'inoculation expérimentale de doses massives de SARS-CoV-2 humain dans les narines d'animaux de différentes espèces. Il a ainsi été montré que le virus peut se repliquer dans les voies respiratoires hautes des furets (cornets nasaux, palais, amygdales). Quelques-uns ont présenté de la fièvre, de l'abattement, et des lésions pulmonaires. Il ne semble pas que la possibilité d'une transmission de furet infecté à furet sain ait été recherchée dans cette étude.


Le SRAS-CoV-2, inoculé de la même façon chez des chats, (une forte dose dans les narines), s'est également répliqué dans les cornets nasaux, le palais, les amygdales, la trachée et les poumons, entraînant la mort d'un des chats. Les chats infectés ont été placés dans des cages en pression négative, avec un flux d'air allant vers des cages hébergeant des chats sains. L'infection a ainsi été transmise par voie aérienne à deux chats sains sur les six exposés à cette contamination, les jeunes chats étant plus réceptifs que les adultes.

 

Le 13 mai 2020, une Lettre à l'éditeur publiée dans le New England Journal of Medicine, a été largement reprise dans la presse, sur le thème "Les chats peuvent transmettre le coronavirus". Cette "lettre à l'éditeur" émanant de l'Université du Wisconsin, reproduit dans ses grandes lignes l'étude de Shi & Coll. Dans la série : mais qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour arriver à contaminer un chat ? d'importantes quantités de SARS-CoV-2 d'origine humaine ont été injectées dans le nez, la trachée, la bouche et les yeux de trois chatons anesthésiés, âgés de 15 à 18 semaines. Ces trois chatons ont ensuite été enfermés pendant une journée dans de tout petits boxes, deux par deux, avec trois chatons non infectés. Aucun des six chatons n'a présenté de signe de maladie. Les trois chatons indemnes au départ ont effectivement été contaminés, mais aucun des six chatons n'a excrété le virus pendant plus de six jours. Comme quoi… oui, on le savait déjà, le chat peut être infecté et transmettre le virus à d'autres chats… mais jusqu'à preuve du contraire, uniquement dans des conditions expérimentales, et il faut vraiment y mettre du sien ! Et sans symptôme, avec un virus qui ne reste pas plus de six jours dans l'organisme, on ne peut pas dire que le chat soit un hôte idéal pour le SARS-CoV-2.


Le virus à l'état infectieux n'a pas été retrouvé chez quatre chiens également contaminés artificiellement. Ces chiens n'ont pas transmis le virus à deux chiens sains, et deux chiens sur six seulement ont fabriqué des anticorps. Aucun n'a présenté de signes cliniques. Il en a été de même avec des porcs, poulets et canards.

 

Une étude comparable, (inoculation expérimentale de fortes quatités de virus dans le nez de chauves-souris, furets, porcs et poulets), a été réalisée au Friedrich-Loeffler-Institut (FLI). Des résultats préliminaires ont été publiés le 2 avril 2020 : le virus s'est repliqué chez les furets infectés expérimentalement, ces derniers n'ont pas présenté de symptôme, mais ont transmis le virus à des furets non infectés.

 

Ensuite est venu le tour des rongeurs, avec une étude publiée le 26 mars 2020 a montré que le Hamster syrien (= hamster doré) pouvait être infecté expérimentalement par le SARS-CoV-2. Il développe une maladie assez proche de la COVID-19 chez l'Homme, en terme de durée des symptômes,  (généralement bénins), localisation du virus, lésions, et production d'anticorps. Il peut ensuite transmettre l'infection à des hamsters sains. Comme pour les chats et les furets ci-dessus, il s'agit d'études expérimentales, très éloignées de la réalité du terrain, qui ne montrent en aucun cas qu'un hamster puisse transmettre la COVID-19 à un humain. Donc n'abandonnez surtout pas votre cochon d'Inde, il n'y est pour rien, dans toute cette histoire !

 

N'allez pas abandonner non plus votre lapin ! des néerlandais ont publié le 27 août les résultats d'une étude qui a consisté, là aussi, à inoculer de très fortes doses de virus à des lapins. Aucun n'a présenté de symptôme, mais on a retrouvé dans le nez de ceux qui avaient reçu les plus fortes doses, des titres maximaux de 1000 TCID50 - peu importe ce que ça veut dire, l'essentiel étant de savoir que la dose minimale de SARS-CoV-2 à excréter par le nez si on veut contaminer quelqu'un, (enfin, je suppose un autre lapin, et dans les conditions de l'étude), est de 100 000 TCID50. Donc si on y met vraiment de la bonne volonté, on peut arriver à infecter un lapin, mais ce n'est pas par lui que vous attraperez la Covid !

 

Les seuls cas de transmission de l'animal à l'humain qui semblent actuellement avérés, (et il ne s'agit pas d'animaux de compagnie), sont finalement ceux qui se sont produits dans les élevages de visons aux Pays-Bas dans les conditions très particulières que nous avons décrites précédemment (fin du § 1.1.2.1) : à l'intérieur de bâtiments d'élevage clos abritant une très forte densité d'animaux, où le virus pouvait se répandre sous forme d'aérosols.

 

 

Dans des communiqués, la Word Small Animal Veterinary Association (WSAVA, 3 avril 2020), l'American Veterinary Medical Association (AVMA, 6 avril 20) ainsi que des virologistes et épidémiologistes (Nature, 1er avril 2020), insistent sur le fait que dans tous les cas cités ci-dessus, (excepté le dernier, publié plus tard), il s'agit d'études préliminaires, réalisées sur un très petit nombre d'animaux et dans des conditions expérimentales favorisant au maximum la transmission du virus, bien loin de la réalité du terrain, et que si elles peuvent aider les scientifiques à mieux comprendre le fonctionnement du virus et les mécanismes de la maladie, elles ne consituent en aucun cas un indice de transmission de l'animal aux humains.

 

 

1.2.3 : Un possible rôle de support passif :

 

Finalement, si les chiens et chats peuvent jouer un rôle quelconque dans la transmission du virus, c'est éventuellement en tant que « supports passifs », sur qui un propriétaire contaminé peut déposer des virus : par exemple en expectorant ou en toussant au dessus de l'animal, ou à la faveur de contacts très rapprochés. Un humain qui manipulerait ensuite, dans un intervalle de temps court, cet animal dont le pelage a été aspergé de virus, pourrait éventuellement se contaminer - mais ni plus ni moins qu'avec une poignée de porte, un comptoir de magasin ou un billet de banque. Surtout que comme on l'a vu plus haut, (début du § 1), on attrape beaucoup plus facilement le virus quand il est sur une surface lisse, que quand il est absorbé et piégé dans le pelage d'un animal. En gros, à condition de prendre quelques précautions de bon sens, (voir ci-dessous les recommandations aux propriétaires des animaux de compagnie § 1.3), votre chien est plutôt moins dangereux que la zapette de la TV… et beaucoup beaucoup moins que votre beau-frère quand il vous postillonne dessus. Et on en remet une couche : quand un membre de la famille est infecté, les gestes barrières, ce n'est pas que pour la grand mère, c'est aussi pour Médor et Félix !

 

 

 

EN CONCLUSION,


Au vu des données cliniques et scientifiques actuelles, les comités scientifiques de la World Small Animal Veterinary Association (WSAVA) et de l'American Veterinary Medical Association (AVMA), les enseignants de médecine préventive des quatre écoles nationales vétérinaires françaises, l'Académie Vétérinaire de France (AVF), le Groupe d’Etude en Médecine Préventive (GEMP) de l’Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie (AFVAC)… affirment unanimement qu'avec les données actuellement connues, les chiens et chats n’ont pas de rôle épidémiologique connu dans la dissémination de la COVID-19.


Nous reproduisons ci-dessous la position de l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail (ANSES), publiée le 20 avril 2020 :


"Concernant une éventuelle transmission du virus par des animaux domestiques (animaux d’élevage et de compagnie), les conclusions du groupe d’experts indiquent que :

  • Les résultats des premières infections animales expérimentales publiées depuis le 9 mars montrent que :
    • les porcs et les volailles (poulets et canards) ne sont pas réceptifs au SARS-CoV-2, dans les conditions des deux essais conduits en Chine et en  Allemagne ;
    • les chiens s’avèrent peu réceptifs au virus dans les conditions expérimentales de l’unique étude publiée par des chercheurs chinois ;
    • les jeunes chats sont réceptifs au virus, sur la base des résultats de l’unique essai expérimental disponible. Cet essai a identifié des lésions au niveau de l’appareil respiratoire consécutives à l’infection chez un jeune chat infecté et la transmission du virus à un des chats contacts (chat évoluant dans la même enceinte mais sans contact direct avec le chat infecté) ;
    • le furet, dans les trois études expérimentales publiées, est réceptif au virus et développe des signes cliniques et des lésions au niveau de l’appareil respiratoire consécutives à l’infection, ainsi qu’une transmission avérée du virus aux furets contacts. Il en va de même pour le hamster.
  • De rares cas de contamination et/ou d’infection naturelle des animaux de compagnie par le SARS-CoV-2, suite à des contacts étroits avec leurs propriétaires eux-mêmes atteints du Covid-19, ont été rapportés. Ces cas restent sporadiques et isolés au regard de la forte circulation du virus chez l’Homme et de l’ampleur de la pandémie actuelle.

En conclusion, dans le contexte actuel et au vu des informations disponibles, l’Anses considère qu’il n'existe actuellement aucune preuve que les animaux domestiques (animaux d’élevage et de compagnie) jouent un rôle épidémiologique dans la diffusion du SARS-CoV-2. De plus, aucun cas de contamination de l’Homme par un animal de compagnie n’a été à ce jour rapporté."


NB : cette conclusion a été démentie par les faits, en ce qui concerne les élevages de visons, ainsi que nous l'avons décrit plus haut. Mais il s'agit de conditions d'élevage très particulières, et la conclusion reste valable pour tous les autres types d'élevage, et pour les animaux de compagnie.

 

 

1.3 - Les recommandations aux propriétaires :

 

 

Au vu des éléments ci-dessus, (notamment la même séquence génétique du virus chez les deux chiens infectés à Hong Kong et chez leurs propriétaires malades), et du caractère récent de nos connaisances sur ce virus, il y a des réflexes de bon sens à avoir : quand on est soi-même infecté par le SARS-CoV-2, on va peut-être éviter de faire des bisous sur la truffe de son chien, de lui tousser dessus, de lui souffler dans les narines, de se faire lécher sur la bouche… voire de partager la même assiette ! (« Sharing food » : je ne l’invente pas, c’est le comité scientifique de la WSAVA qui l’écrit !).

Lorsque le propriétaire de Papille, (la première chatte infectée en France, voir § 1.1), lui-même atteint par la COVID-19, a su que sa chatte était également atteinte, il a déclaré : « Si j'avais su que je pouvais contaminer mon chat, je ne lui aurais plus fait de câlin et ne l'aurais pas laissé dormir sur mon lit ».

L'Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort en profite pour rappeler qu'afin de protéger leur animal familier, il est conseillé aux personnes malades de la COVID-19 de limiter les contacts étroits avec leur chat, de porter un masque en sa présence et de se laver les mains avant de le caresser. Comme on le ferait avec les autres membres de sa famille, quoi.

 

De même, quand on papouille un animal ayant été en contact étroit avec une personne malade de la COVID-19, a fortiori si l’on est âgé ou que l’on a des facteurs de risque : on se lave les mains après l'avoir caressé, on évite les léchouilles sur la bouche, et on ne mange pas dans la même assiette ! Parce que si un malade a postillonné du virus sur le chien et qu'on le caresse tout de suite après, (le chien), on va ramasser tous les postillons qu'il a sur les poils du dos. Et si après on se met le doigt dans le nez, eh bien pouf ! on est infecté.

 

Mention spéciale pour les quelque 500 000 furets français : on en parle moins, mais on a vu qu'ils sont, comme le Chat, sensibles à l'infection, (certes expérimentale), par le SARS-CoV-2, et leur sensibilité au SARS-CoV du SRAS est connue depuis le début des années 2000. Par ailleurs, nous avons abondamment décrit plus haut, (§ 1.1.2.1), la large diffusion du SARS-CoV-2 dans les élevages de visons, avec contaminations humaines et mutation du virus : or, les visons appartiennent au même genre (Mustela) que le Furet. Et on sait aussi que ces derniers ont souvent des contacts très étroits avec leurs propriétaires : manipulations, léchage, bisous, siestes et nuits en commun… Donc quand une personne est (potentiellement) infectée, elle applique les mêmes mesures barrières à ses animaux qu'aux personnes de son entourage, mais encore plus aux furets qu'aux chiens et aux chats ! On évite le contact, on porte le masque, on se lave les mains. Si on est infecté, pas question de transmettre le virus à son furet, et de risquer ainsi une multiplication du virus… même si un furet dans un appartement n'équivaut pas à quelques milliers de visons dans un bâtiment d'élevage.

 

 

Des listes de recommandations, dont l'idée générale est que les mesures barrières mises en place chez l’Homme devraient être appliquées aux animaux, ont été publiées par divers comités scientifiques : Académie Nationale de Médecine, qui rassemble médecins et vétérinaires, dans un communiqué en date du 24 Mars 2020 ; Conseil scientifique institué auprès de l'Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA), en Belgique, après la découverte du chat infecté ; Académie Vétérinaire de France, dans son "communiqué de presse n° 4 Covid-19 chez les chats, furets et chiens" du 2 avril 2020. Nous reproduisons ci-dessous, (avec quelques commentaires, on ne peut pas s'en empêcher !), un mix des recommandations de l'Académie vétérinaire de France, (lien ci-dessus) et de l'AVMA (American Veterinary Medical Association), qui nous semblent combiner souci de sécurité pour tous, bon sens, et réalisme :


1 - Si les personnes de l'entourage de l'animal sont en bonne santé : 

 

- On pratique une bonne hygiène lors des interactions avec l'animal : on se lave les mains avant et après l'avoir papouillé, de même qu'après avoir manipulé sa nourriture, sa litière ou ses affaires. Et on évite les léchouilles sur le nez. Bon, ça, il n'y avait peut-être pas besoin d'une pandémie pour y penser.

- On évite de laisser le chien interagir avec les personnes et les autres animaux, pendant la promenade. Donc on balade Médor en laisse, on respecte le mètre de distance, on évite les coins où tous les chiens du quartier font à la fois leur promenade et leurs besoins, et on ramasse les crottes de médor avec un sac en plastique ou équivalent. Ben oui, distanciation sociale pour tout le monde !

- Dans le même esprit, on garde les chats à l'intérieur - tout au moins aussi longtemps que vous pourrez supporter la mauvaise humeur de Tigrou : il y a quand même un chat aux USA qui s'est visiblement contaminé en traînant dans le quartier.

- Si on veut être au top, on nettoie le dessous des pattes du chien au savon doux, en rentrant de promenade. Bon… Disons que si vous enlevez vos chaussures avant de rentrer dans l'appartement ou la maison, vous pouvez aussi nettoyer les pattes du chien. 

 

 

2 - Si l'un des propriétaires est contaminé par le Sars-CoV-2 :


- Gestes barrières, gestes barrières, gestes barrières ! on n'a pas plus envie d'infecter Médor ou Tigrou que son conjoint ou sa belle-mère.

- Donc si on peut, on laisse une personne de l'entourage, non infectée, s'occuper des animaux, les nourrir, les balader, et leur donner leur lot de caresses quotidiennes.

- Si on est soi-même infecté et qu'on n'a personne pour s'occuper du chien et du chat, ben il faut bien s'en occuper soi-même, mais alors on porte un masque, on évite les léchouilles sur le nez et les bisous sur la truffe, le chat qui dort sur, voire dans le lit, sans parler du furet, et on se lave les mains avant et après les avoir touchés. Et ce, tant qu'on est contagieux.

- Comme on l'a déjà dit plus haut, on s'arrange pour que le chien garde ses distances et évite de renifler les crottes pendant sa balade, et si on peut, on lui lave les pattes au retour, et on essaye de garder le chat dedans.

- Et puis pour les plus méticuleux et les plus motivés, on se garde des vêtements spécialement pour les soins aux animaux, et puis on se change quand on a fini, et puis on les remet quand on veut de nouveau s'en occuper, et puis on se rechange quand on a fini… Bon…


- Et on se souvient surtout que jusqu'à preuve du contraire, c'est l'humain qui contamine le chien et le chat, et pas le chien et le chat qui contaminent l'humain, et que pendant la pandémie, humains et animaux ont besoin du soutien l'un de l'autre ! Le comité scientifique de l'AVMA insiste sur le fait qu'il n'y a pas de raison de retirer les animaux de compagnie d'un foyer où des personnes sont atteintes de la COVID-19, à moins que ces personnes ne soient plus en mesure de s'occuper de l'animal.

 

 

Ah, au fait, quand on parle de nettoyer les coussinets plantaires avec un savon doux, ça ne veut pas dire laver son chat au gel hydro-alcoolique, ou immerger son chien dans une baignoire d'eau de javel !!! On ne rigole pas, ça s'est vu, et à défaut de tuer le virus, ça tue le chat.

 

Si l'on devait résumer, on dirait que le chien ou le chat (ou le furet), sont des membres de la famille comme les autres : on adopte les mêmes gestes barrières avec Médor ou Tigrou qu'avec Tante Amélie ! On prend les mêmes précautions, on les confine pareil s'il faut confiner, et on évite de les laisser au contact d'une personne atteinte ou suspectée de COVID-19 !!


Et bien garder en tête ces conclusions de l'Académie Nationale de Médecine :


1 - dans un foyer où une personne est malade de la COVID-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toît est bien plus lié aux contacts avec ce malade, qui contamine fortement son environnement, qu'avec l'animal de compagnie,

2 - tout particulièrement en période de confinement, (ça, heureusement, c'est fini, mais la conclusion reste intéressante), l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger.


Le Conseil scientifique auprès de l'AFSCA, comme l'ensemble des comités scientifiques et agences sanitaires, exclut, en l'état actuel des connaissances, le recours à l'euthanasie des animaux de compagnie de patients infectés par le SARS-CoV-2.



2 - On y pense moins, mais…



2.1 - Une conséquence positive dans tout ça ?



Ce serait que la vente et la consommation d'animaux sauvages, toutes espèces confondues, sont interdites en Chine depuis le 24 février 2020, le point de départ de la pandémie semblant  être un marché d'animaux sauvages de la ville de Wuhan. Les autorités s'attendent malgré tout à ce que l'interdiction soit difficile à faire respecter : l'utilisation d'animaux sauvages a en effet des racines très profondes en Chine, dans l'alimentation, mais aussi la médecine traditionnelle, l'habillement, la bijouterie… et même comme animaux de compagnie.


Par ailleurs, Shenzhen, en Chine du sud-est, est devenue la première ville du pays à interdire la consommation de viande de chien et de chat. Même si l'on estime que dix millions de chiens et quatre millions de chats sont encore victimes de cette pratique chaque année en Chine, selon l'organisation Humane Society International (HSI), la plupart des chinois disent déjà n'avoir jamais consommé de chien ou de chat et ne pas avoir l'intention de le faire, dans un pays où les animaux de compagnie occupent maintenant une place importante - ce qui était déjà le cas depuis longtemps à Hong Kong et Taiwan. La nouvelle loi prendra effet le 1er mai 2020. (Source BBC News, 2 avril 2020).

 

Après… faut pas rêver non plus. Suite à l'épidémie de SRAS en 2002-2003, dans laquelle des civettes palmistes, achetées vivantes sur un marché de Canton, avaient joué le rôle d'hôte intermédiaire pour le virus, le commerce d'animaux sauvages avait déjà été interdit  en Chine… mais il avait rapidement repris - si tant est qu'il se soit jamais arrêté.


Dans le même genre, rappelons l'arrêt de l'élevage des visons aux Pays-Bas, évoqué plus haut dans cet article, qui surviendra peut-être avant la date programmée de 2024.


 

 

 

 

2.2 - Nos chiens renifleurs de COVID !


Cocorico ! Là, la France est en pointe. On connaissait déjà les chiens stupéfiants, les chiens pisteurs, ceux qui repèrent les explosifs ou les personnes ensevelies. On savait que des chiens entraînés peuvent détecter un cancer du sein ou un paludisme. Eh bien, ça marche aussi avec la Covid. Après deux à trois semaines de formation, les chiens deviennent capables  de reconnaître  un certain nombre de composés volatils produits par l'organisme du malade, appelés volatilomes, ou VOC pour volatile organic compounds. Ces volatilomes sont présents dans la circulation sanguine, et excrétés dans l'air expiré, l'urine, la salive, les selles, la sueur et le lait.


Une étude française, (projet NOSAÏS), a été menée avec huit chiens, par l'équipe du Pr Grandjean à l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort, en utilisant la sueur des aisselles de personnes suspectes de Covid. Quatre chiens ont réalisé des scores de 100 %, les autres ont été efficaces à 83, 84, 90 et 94 %. Un autre projet français (COVIDOG) est conduit par les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. De très bons résultats ont aussi été obtenus en Allemagne, (Université vétérinaire de Hanovre), ainsi qu'au Liban et aux Emirats Arabes Unis où les chiens sont déjà utilisés avec succès dans les aéroports. Certains (futurs) malades ont même été identifiés par les chiens, avant même l'apparition des symptômes et la positivité de la PCR.


Si ces résultats étaient confirmés à plus grande échelle, l'utilisation des chiens pourrait constituer une procédure simple, rapide, économique et non invasive, tout en diminuant la pression sur les laboratoire d'analyse médicale.

 

Tous tous tous les détails de l'étude d'Alfort, y compris la collecte de la sueur sous les aisselles et les photos des chiens en pleine action, sont visibles ici.

 


 



L'un des chiens renifleurs de Covid de l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort (ENVA), en action : le chien passe à toute viitesse devant les cônes d'olfaction, (voir le lien vers la vidéo, à la fin de ce paragraphe). Lorsqu'il détecte l'odeur caractéristique, il marque l'arrêt en s'asseyant… et reçoit tout de suite sa récompense ! Photo : ENVA.

 

 

 

 

Mais, me demanderez-vous, ces chiens dépisteurs ne risquent-ils pas de s'infecter eux-mêmes, à force de renifler des malades atteints de Covid ? Outre le fait que les chiens sont beaucoup moins sensibles à l'infection que les humains, (cf § 1.1.2.1 et 1.1.2.2), on ne demande pas à nos chiens renifleurs d'aller inhaler les postillons de malades potentiels : les chiens formés à l'Ecole vétérinaire d'Alfort travaillent sur de la sueur axillaire, qui n'est pas une voie d'excrétion du virus, et n'est donc pas contaminante. Il en va de la sécurité des chiens, tout autant que de celle des personnels qui les encadrent. Les cônes d'olfaction sont d'ailleurs conçus de telle sorte que le nez du chien ne soit pas en contact avec la compresse imprégnée de sueur.

 

Sauf qu'aux dernières nouvelles, il semblerait que pour cause de lourdeurs administratives, pour ne pas dire plus, l'expertise française dans ce domaine soit utilisée un peu partout dans le monde… sauf chez nous !

Voir à ce sujet l'interview édifiante du Pr Grandjean, en vidéo à cette adresse. On y voit aussi nos chiens renifleurs en action.

 

 

 

3 - LES RECOMMANDATIONS FAITES AUX


VETERINAIRES, EN PRATIQUE :

 

 

La profession vétérinaire n’a pas été contrainte de cesser ses activités, y compris pendant les deux confinements, mais se doit de respecter certaines règles, comme l’ensemble de la collectivité nationale. Nous rappelons pour mémoire la position du Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral (SNVEL) au 19/03/2020, qui reste d'actualité dans l'esprit, sachant que les restrictions actuelles ne sont plus, et de loin, aussi drastiques (voir le paragraphe suivant) :

 

« …Notre profession a été considérée comme essentielle pour maintenir des soins aux animaux et garantir la qualité sanitaire des productions animales et a été appelée à poursuivre le service aux usagers.

 

Il est de la responsabilité de chacun d’évaluer, en son âme et conscience, la balance bénéfice-risque dans l’unique objectif de limiter la circulation du virus (de la) COVID-19 au sein de la population HUMAINE pour chaque consultation ou visite acceptée… Le gouvernement nous fait confiance dans cette crise, il est du devoir de chacun d’assumer cette responsabilité. »

 

Au début de la pandémie, la suspension du libre accès aux établissements  vétérinaires avait été conseillée, et une liste des actes devant ou pouvant être différés avait été dressée par l’Ordre des vétérinaires. Elle pouvait se résumer à la  permanence et à la continuité de soins uniquement pour les animaux accidentés, atteints d’une affection aiguë, ou d’une affection dont les répercussions à court et moyen, voire long terme, réduiraient très sensiblement le confort et l’espérance de vie.

En revanche, tout ce qui était prévention et/ou non indispensable à court terme (vaccinations, stérilisations, bilans de routine…), devait être différé jusqu’à un retour à la normale.

 

Un deuxième confinement et un couvre-feu plus tard, les établissements de soins vétérinaires peuvent rester ouverts, sans aucune restriction d'activité. Comme le précise, dans un communiqué du 29/10/2020, le Conseil national de l'Ordre des vétérinaires :

- Les établissements de soins vétérinaires sont organisés et équipés pour respecter les gestes barrières,

- Les vétérinaires disposent de moyens de protection adaptés dont des masques homologués et du gel hydroalcoolique en quantité suffisante,

- Les consignes de biosécurité sont désormais assimilées par les détenteurs d’animaux.



Quelques principes généraux, énoncés dans un communiqué du Conseil de l'Ordre des vétérinaires en date du 30 avril 2020, lors du premier déconfinement, restent malgré tout, d'actualité :


"…La décision de réaliser ou non un acte vétérinaire repose sur une analyse bénéfice/risque. Celle-ci n’est pas figée dans le temps et dans l’espace. En effet, la notion de risque (circulation virale, contagion entre personnes, santé humaine), tout comme celle de bénéfice (santé animale, protection animale) évolue sans cesse au fil du temps (…)

Les flux de personnes dans les établissements de soins vétérinaires, la possible difficulté de faire respecter les distances aux équipes vétérinaires, les relâchements des comportements dans la population sont autant de paramètres à anticiper avec rigueur. Il convient de s’appuyer sur les acquis, par exemple d’aménager les horaires de consultations et les flux de circulation au sein des établissements, de recueillir un maximum d’éléments d’anamnèse en amont de la consultation... Tous les aménagements sont possibles sous couvert du respect des dispositions législatives et règlementaires en vigueur et surtout en n’acceptant aucune concession à la qualité des soins".

 

 

4 - LA SITUATION DANS LES CLINIQUES


VETERINAIRES DE CALVISSON ET DE 


VILLEVIEILLE, DEBUT 2022 : 

 

 

Plus rien à voir, heureusement,avec le début de la crise : couvre-feu, attestation de déplacement, etc.

 

Certaines mesures persistent, globalement celles qui s'appliquent dans tous les lieux recevant du public, portant essentiellement sur la distanciation sociale et les gestes barrières.

 

 

1Nos deux cliniques sont ouvertes, aux horaires habituels.

 

2Consultations sur rendez-vous uniquement - ça, c'est comme d'habitude, en fait.

 

3Port du masque obligatoire pour pouvoir entrer dans les cliniques.

  

4 - Le pass sanitaire / vaccinal n'est pas demandé dans les établissements de soins vétérinaires. Nous comptons malgré tout sur l'esprit de responsabilité de chacun pour que les personnes présentant de la fièvre, de la toux ou autres symptômes compatibles avec la COVID, ou celles testées positives et actuellement en quarantaine, ne se déplacent pas elles-mêmes pour accompagner leur animal.

 

5 - Une solution hydro-alcoolique est à votre disposition dès l'entrée, ainsi qu'à la réception et au comptoir de sortie de nos deux cliniques.

 

6 - Respect des distances de sécurité et des gestes barrières ! Concrètement :

 

a - Ne pas s'agglutiner en salle d'attente : distance de sécurité d'un mètre minimum, plus si possible, lorsque plusieurs personnes se présentent devant le comptoir d'accueil. Une fois enregistré, au moment d'aller vous asseoir, vous constaterez qu'un certain nombre de sièges ont été condamnés, pour respecter la distanciation. En revanche, le nombre de personnes accompagnant un animal en salle de consultation n'est plus limité… dans la limite du raisonnable ! (mais ça, c'est comme d'habitude).


b - Toujours pas de poignées de main, ou autres formes de contact direct, mais ça, tout le monde commence à en avoir l'habitude.

 

c - Des panneaux de plexiglas ont été installés sur les banques d'accueil, à l'entrée et à la sortie afin de protéger notre personnel… et on évitera de se pencher pour venir parler à travers l'ouverture, au ras du guichet !

 

Pour mémoire : Les gestes barrières Covid-19 - Informations gouvernementales

 

7 - Il est recommandé de prévilégier les paiements sans contact. Nos terminaux CB de Villevieille et Calvisson en sont maintenant équipés. Du gel hydro-alcoolique est à disposition à côté de chaque terminal.

 

 

(ça continue après les photos).




Ci-dessus : trois vues de la salle d'attente de la clinique de Calvisson : Des plaques de plexiglas sont en place sur les banques d'accueil et de sortie. Notre assistante porte un masque, pour la sécurité de tous. Dans la salle d'attente, sept des douze fauteuils ont été condamnés afin de respecter les distances de sécurité. Et du gel hydroalcoolique est à disposition.
L'entrée de la clinique vétérinaire de Villevieille : gel hydroalcoolique à disposition, et port du masque obligatoire avant d'entrer. Les gestes barrières et autres consignes de sécurité sont affichés sur la porte.



Les banques d'accueil à l'entrée et à la sortie de la clinique de Villevieille, avec le rappel des consignes et des gestes barrières, affiché sur la plaque de plexiglas, à l'arrivée en salle d'attente. Le terminal CB est équipé pour le paiement sans contact.
Comme à la clinique de Calvisson, la moitié des fauteuils de la salle d'attente ont été condamnés, afin de respecter la distanciation sociale.
Depuis le début de la crise, tout le monde porte un masque dans nos deux cliniques afin de protéger nos visiteurs, (maîtres et animaux !), et accessoirement de nous protéger entre nous. Sur cette photo, prise à la clinique de Villevieille, tout le monde est masqué… sauf le chat ! Ce pauvre minou s'est intéressé d'un peu trop près aux chenilles processionnaires du pin, et y a laissé un bout de langue. Il est ici sédaté, sous perfusion, et on peut voir un patch de fentanyl, collé sur son flanc droit afin de lutter contre la douleur. Les masques sont le principal sujet de la photo… mais on peut quand même préciser que le chat s'en est sorti !

Enfin, quelques informations un peu en vrac, et néanmoins utiles :
  • Rappelons que le masque protège la personne qui le porte, mais aussi (surtout ?) la personne en face, en empêchant la projection de gouttelettes de salive. Ceci pour dire que porter le masque, ce n'est pas faire preuve de faiblesse en montrant qu'on a peur de la maladie, c'est faire preuve de civisme en protégeant les autres. Et comme le masque ne protège pas à 100 %, le porter ne dispense pas des gestes barrières, mais ça, tout le monde commence à le savoir.
  • Pour cause de Covid, de suspicion de Covid, de cas contact…, le personnel de nos deux cliniques a parfois été réduit depuis le début de la crise, et risque de l'être à nouveau. Nous vous remercions d’en tenir compte, par exemple en cas d’attente prolongée au téléphone ou à votre arrivée dans l'une des deux cliniques.
  • Un conseil qui était donné au début de la pandémie, qui semble beaucoup moins d'actualité aujourd'hui et que nous avons donc hésité à laisser dans cette liste, mais après tout, pourquoi pas, il s'agit d'un geste barrière comme un autre : autant éviter les déplacements et les contacts inutiles, donc si l'on prévoit de venir pour un vaccin, peut-être préparer sa liste de courses pour tout faire d'un coup, et ne pas avoir à revenir le lendemain pour le vermifuge, le surlendemain pour les croquettes, et le jour d'après pour l'anti-puces anti-tiques. (Même si, dans un autre contexte, ça nous fait plaisir de vous voir quatre fois au lieu d'une !)

 

 

 

 

 

Voilà, il nous reste à vous souhaiter une bonne santé, à vous et à vos proches. Même si la situation se tasse par rapport aux premiers mois, on n'en a pas encore fini avec ce virus.

 

 

 


DONC…

PROTEGEZ-VOUS, ET PROTEGEZ VOS PROCHES…    Y COMPRIS VOS CHIENS ET VOS CHATS !


Concrètement, si on a la COVID, la distanciation concerne aussi nos animaux familiers : si possible, on les confie à un proche jusqu'à la fin de la quarantaine, et si ce n'est pas possible, on arrête les bisous sur la truffe et on ne les fait pas dormir dans le lit, jusqu'à ce qu'on ne soit plus contagieux.

Pour leur santé à eux, parce qu'encore une fois, chiens et chats ne transmettent pas le virus aux humains !

 

 

 

 

 

Pour plus d'informations : 

Le suivi de la progression mondiale du virus en temps réel, à l’adresse : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

le site officiel du gouvernement, pour les dernières nouvelles sur la maladie :

https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus)

et le site de l'INSERM pour des informations très complètes et actualisées, tous azimuts : 

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/coronavirus-sars-cov-et-mers-cov

Pour des informations scientifiques, fiables, le plus souvent en langue anglaise, un site qui centralise toutes les publications scientifiques mondiales concernant le SARS-CoV-2, au fur et à mesure qu'elles sont recensées sur PubMed :

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/research/coronavirus/

 

© Copyright texte, photos et logo : SCP Vétérinaires Beaufils, Jumelle, Jannot, Lorant, Duchene. Tous droits réservés pour tout support. Reproduction interdite.