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Puces, tiques et aoûtats chez le chat

 

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La femme à la puce, Georges de la Tour, 1638



Points forts :

 

. C'est la puce de chat qui infeste généralement le chienn et le chat. 

 

. La puce adulte ne quitte quasiment jamais son chat, mais 95 % de la population de puces se trouve tout de même dans le milieu extérieur (= dans la maison), sous la forme d'œufs, de larves, et de nymphes dans leur cocon.

 

. Les puces provoquent des démangeaisons chez le chat, et parfois des lésions importantes de la peau, du fait d'une véritable allergie (Dermatite par Allergie aux Piqûres de Puces) et/ou d'un syndrome éosinophilique. Elles transmettent aussi l'hémobartonellose et Dipylidium caninum.

 

. Pour qu'un traitement anti-puces soit efficace, il faut impérativement traiter tous les animaux vivant ensemble, et les "points chauds" de la maison et du jardin (les endroits où chiens et chats se couchent le plus souvent). Les échecs du traitement devront faire l'objet d'une étude approfondie.

 

. La prévention contre les puces (sprays, spot-on, comprimés), se fait tout au long de l'année.

 

. La principale tique, dans notre région, est Rhipicephalus sanguineus, qui vit plutôt à l'intérieur des bâtiments.

 

. Les tiques sont rares chez le chat, et transmettent rarement des maladies, contrairement à ce qui se passe chez le chien.

 

. Les larves d'aoûtats forment des petites croûtes orangées sur la tête, entre les doigts, et sous le ventre des chats. Elles sont généralement responsables de démangeaisons importantes.

 

. Les mêmes produits sont utilisés chez le chat pour la prévention et le traitement des puces, des tiques et des aoûtats. Leur efficacité sur ces deux derniers parasites est moyenne.

 

 

 





Le chat, par son mode de vie vagabond, est particulièrement exposé aux parasites externes. Plusieurs bestioles indésirables peuvent parasiter sa peau, mais les puces sont de loin les plus fréquentes. Les tiques sont beaucoup plus rares chez le chat que chez le chien, et transmettent surtout moins de maladies graves. Les aoûtats sont assez fréquents. Nous nous limiterons dans cette page à l'étude de ces trois parasites, d'autres acariens plus rares, comme les Demodex, ayant été traités dans la section consacrée à la dermatologie.




LES PUCES



Qui est la puce du chat ?

 

La puce du chat est le plus souvent… une puce de chat. Ce n'est pas une lapalissade, lorsque l'on pense que plus de 95 % des puces des chiens appartiennent à l'espèce Ctenocephalides felis, la puce du chat (photo de droite).

Les moins de 5 % restants se répartissent entre puce de chien (Cténocephalides canis), puce humaine (brrrrr !)(Pulex irritans), puce de lapin, puce de hérisson… nous n'avons que l'embarras du choix, puisqu'il existe plus de deux mille espèces de puces !



Le cycle de la puce :

 

Quelques points clefs à connaître pour savoir comment lutter :

 

Contrairement à ce que l'on affirmait il y a quelques années, la puce adulte est un parasite obligatoire du chien ou du chat, qui ne peut se passer de son hôte (photo de gauche : puce adulte courant entre les poils d'un chat).

En revanche, il est vrai que 95 % des puces se trouvent dans la maison sous la forme d'œufs, de larves et de nymphes dans leur cocon, tandis que les adultes vivant sur le chat ne représentent que 5 % de la population globale de puces.

 

Le cycle, donc : Quelques minutes seulement après son arrivée sur le chat, la puce prend son premier repas sanguin, en perçant la peau du chat à l'aide de ses pièces buccales et en injectant un peu de salive anticoagulante, avant de commencer à aspirer le sang (qu'elle éliminera, partiellement digéré, sous forme de déjections  sur la peau du chat). Très casanière, elle aura peu tendance à changer de chat une fois installéeDans les 24 à 48 heures suivant son arrivée sur l'animal, elle va commencer à pondre, au rythme de quarante à cinquante œufs par jour. (schéma ci-contre : document Mérial).

Ces œufs, non fixés aux poils, vont tomber du chat, et atterrir… dans les endroits où l'animal passe le plus clair de son temps (les "points chauds", ou hot spots dans la littérature anglo-saxonne), à savoir "son" fauteuil, le canapé du salon, le lit des propriétaires… Ces  petits œufs blancs, ovales, mesurant 0,5 mm de long, éclosent en trois à cinq jours, et il en sort une larve.

 

       

     Œufs (photo de gauche) et larve (photo de droite) de puce, collectés sur un chien.

 

Celle-ci constitue le point faible du cycle de la puce : elle craint la lumière, et a besoin des déjections de puces adultes pour se nourrir, d'une température comprise entre 7 et 32°C, et d'une humidité relative comprise entre 50 et 85 % : le plupart des larves ne deviendront jamais adultes. Celles qui survivent vont muer plusieurs fois, jusqu'à se transformer en nymphe, à l'intérieur d'un cocon très résistant, dans lequel la puce va mener une vie très ralentie, en attendant son futur hôte, parfois pendant près d'un an.

Des vibrations sur le sol, l'émission de gaz carbonique… vont favoriser l'éclosion du cocon, et la sortie de la puce adulte, qui va s'empresser de sauter sur le premier chien, chat… ou homme, passant à sa portée. Les puces tout juste écloses s'orientent vers la lumière, et il a été démontré que si quelque chose bouge devant cette source lumineuse, la puce va immédiatement, par réflexe, sauter sur cette personne ou cet animal.

 

Le cycle dépend de la température : il faut sept à douze semaines pour passer de l'œuf à la puce adulte dans une maison à 18°C, mais moins de trois semaines lorsque l'on frôle les 30°C. L'essentiel du cycle se déroule dans les points chauds, puisque les larves doivent régulièrement voir tomber autour d'elles des déjections de puces adultes pour pouvoir se nourrir. Enfin, les chiens errants, chats sauvages, hérissons, renards… qui viennent tourner autour des maisons pendant la nuit, laissent dans leurs abris une grande quantité d'œufs et de déjections de puces.

 

 

Conséquences pour le chat :

 

Comme nous l'avons vu plus haut, lorsque la puce pique le chat pour prendre son repas sanguin, elle injecte une petite quantité de salive anticoagulante, mais aussi très irritante, à l'origine de démangeaisons et de grattage. Attention cependant, les chats peuvent être plus ou moins sensibles à la piqûre de puce : on peut même dire que les puces sont bien tolérées par la majorité des chats, chez qui elles provoquent peu de démangeaisons : ce n'est pas parce qu'un chat ne se gratte pas qu'il n'a pas de puces !


La salive de puce est cependant un puissant allergène, responsable de véritables allergies (Dermatite par Allergie aux Piqûres de Puces, ou DAPP), pouvant provoquer des lésions cutanées importantes, notamment le long du dos et sur les lombes.

 

 

Photo de gauche : perte de poils tout le long de la ligne du dos, chez une jeune chatte infestée par les puces. Photo de droite : perte de poils, et rougeur de la peau de l'abdomen d'une chatte. Une puce gambade au milieu du ventre.

 

 

Certains chats ont la particularité de réagir de façon disproportionnée aux allergènes, par l'intermédiaire de syndromes éosinophiliques : certains organes, sièges de la réaction allergique, se trouvent totalement infiltrés par des cellules caractéristiques de l'allergie : les polynucléaires éosinophiles (photo de droite). On décrit ainsi des bronchites éosinophiliques, dans les cas d'asthme félin, des entérites éosinophiliques dans les allergies alimentaires… et des infiltrations éosinophiliques de la peau ou des muqueuses, dont les puces sont l'une des principales causes : dermatite miliaire, plaques et granulomes éosinophiliques (ci-dessous à gauche, au fond de la bouche d'un chat), et ulcère atone de la lèvre (ci-dessous à droite).

 

  

 

Les puces peuvent transmettre un certain nombre de bactéries et de virus (dont probablement Mycoplasma haemofelis, ex-Haemobartonella felis), et surtout le "ver solitaire" Dipylidium caninum (photo de droite), lorsque le chien avale, en se toilettant, une de ses puces, elle-même porteuse de la larve de Dipylidium.

 

Enfin, en cas d'infestation massive par les puces, on observe de véritables spoliations, surtout chez des chats affaiblis et également infestés par des parasites intestinaux… mais pas seulement : on voit alors arriver des chats dont le dos est couvert d'un épais tapis de crottes de puces, et aux muqueuses blanches. S'ils ne sont pas transfusés dans les plus brefs délais avec du sang de chat, ces animaux ne survivent généralement pas.



La lutte contre les puces :

 

Cela peut ressembler à une lapalissade, mais pour lutter efficacement contre les 
puces, il faut d'abord reconnaître leur présence, en les regardant courir sous le ventre du chat, ou en mettant en évidence leurs déjections, petits grains noirs et brillants, entre les poils du bas du dos de l'animal (photos ci-dessous). À défaut de voir les puces ou leurs déjections, on peut tout au moins avoir conscience que que son chat risque d'en attraper. En effet, tant que l'on n'est pas convaincu de la nécessité de traiter son animal ("mais mon chat n'a pas de puces !")… il sera compliqué de mettre en place une prévention et un traitement efficaces.

 

 

Photo de gauche : nombreuses crottes de puces, entre les poils du dos d'une chatte fortement infestée. Photo de droite : un peigne à puces et sa moisson de crottes de puces, récoltées sur la ligne du dos d'un chien infesté. Quelques puces adultes ont été collectées par la même occasion, mais elles ne sont pas restées pour poser pour la photo !

 

Une fois que l'on est convaincu de la nécessité de traiter, la lutte contre les puces va comporter deux volets :


1 - Le traitement des puces sur le chat (en préventif, ou en curatif) :

 

- À l'aide de sprays : le nombre de pulvérisations à déposer sur le chat dépend de son poids, et doit être respecté pour être efficace : il faut compter le nombre de pressions, et ne pas se contenter de trois petits pchitts le long de la ligne du dos. Il faut pulvériser le produit à rebrousse-poil, et bien frictionner ensuite pour le "faire pénétrer". Cette manipulation n'est pas toujours bien vécue par le chat.


- À l'aide de pipettes : le contenu est déposé directement sur la peau, à la base du cou, en écartant bien les poils. Attention à ne pas vider la pipette trop loin du cou, entre les omoplates, car le chat, animal très leste, arrivera parfaitement à se lécher à cet endroit… et passera ensuite un bon moment à baver partout ! Attention surtout à ne pas utiliser chez le chat des pipettes contenant de la perméthrine, très répandues (et efficaces) chez le chien, mais qui provoquent chez le chat un coma, et souvent la mort de l'animal.

 

- À l'aide de comprimés de spinosad : un inhibiteur de croissance des larves de puces (le lufénuron), existait déjà depuis assez longtemps, sous forme orale ou injectable : en empêchant la croissance des larves de puces, il permettait la stérilisation progressive du milieu de vie, (à condition qu'aucun animal non traité ne vienne amener ses propres larves non inhibées), mais il ne tuait pas les puces adultes. Un médicament plus récent, également administré par la bouche, tue la plupart des puces en moins de quatre heures, ce qui ne leur laisse pas le temps de se multiplier, avec une rémanence d'un mois.

 

Ces différents produits doivent être renouvelés tous les mois, pendant toute l'annéeEn effet, même si le cycle de la puce est plus lent à 18°C qu'à 30°C, comme nous l'avons vu plus haut, il n'est pas stoppé pour autant : il faut se dire que même en plein hiver, les puces adultes vivent à 37°C au contact de la peau du chat, bien à l'abri sous les poils, et les larves à 18°C, dans le tapis du salon : hiver comme été, tout va donc très bien pour elles !

 

Tous les animaux présents dans l'environnement doivent, bien sûr, être traités. Si l'on traite les deux chats qui vivent dans la maison, et pas le berger allemand qui vit dans le jardin, au prétexte que les chiens ont peur du chat et qu'ils ne se rencontrent jamais… ça ne marchera pas ! (voir un peu plus loin, les causes d'échecs du traitement).

 

Et pour régler leur compte à quelques idées reçues :

- Les colliers anti-puces ne sont pas efficaces contre les puces.

- Les poudres ne sont pas du tout efficaces : quand le chat se sera secoué trois fois, la poudre sera partie, et les puces pourront continuer à venir.

- Les shampooings insecticides ont un effet immédiat et tuent les puces présentes sur l'animal, mais ils s'en vont avec l'eau du rinçage, et doivent donc être complétés par une pipette ou un spray. Et puis d'abord, il n'est pas commode de shampouiner un chat !

 

 

2 - Le traitement des puces dans l'environnement (uniquement en cas d'infestation) :

 

On se concentrera sur les "hot spots", les "points chauds" où l'on pense qu'un maximum d'œufs de puces ont pu être déposés : le canapé, sur lequel votre vieux chat passe ses journées ; la niche où votre chien est souvent couché, et que l'on n'a pas nettoyée depuis longtemps (ci-dessous à gauche) ; le petit nid bien sablonneux, à l'ombre sous la haie, où votre chat passe toutes ses journées quand il fait chaud, et où des chats errants viennent également faire une pause pendant la nuit (ci-dessous à droite)…

 

 

 

- Il faut commencer par éliminer mécaniquement un maximum d'œufs, de larves et de cocons de puces : soulever les coussins du canapé, retirer et laver leurs housses avant de les étendre au soleil (l'ennemi des larves !), et passer l'aspirateur sous les coussins. Faire de même avec les couvertures qui se trouvent dans le panier du chien, et passer l'aspirateur dans et sous le panier, en particulier entre les lattes de plancher, le long des plinthes… Brûler la vieille couverture qui traînait depuis un an dans la niche, et laver l'intérieur au jet, ou y passer l'aspirateur, si c'est possible. Retourner le sable à l'endroit où le chat se couche dans le jardin, et si possible l'exposer à la lumière…


- Ensuite, on peut terminer le travail à l'aide d'insecticides sous forme d'aérosols, à pulvériser sur l'ensemble des hot spots, et si nécessaire dans le jardin, avec un produit autorisé pour l'environnement. En cas d'infestation sévère, on pourra utiliser des diffuseurs (ou foggers), qui "gazeront" une ou plusieurs pièces, voire l'ensemble de la maison, en diffusant un gaz insecticide pendant votre absence.

 

- Notons que les produits contenus dans les spot-on ont généralement une action sur la population de larves présentes dans l'environnement : inhibiteur de croissance, toxicité pour les larves des déjections des puces adultes…

 

Avec tous ces produits, on arrive généralement à se débarrasser des puces. Et puis parfois… ça ne marche pas !

 

 

Et pourquoi ça ne marche pas ??

 

Parce que les choses sont parfois plus compliquées, et il faut alors se creuser un peu la tête pour trouver les causes de la persistance des puces.

 

Il arrive souvent que la quantité de puces dans la maison augmente dans le mois qui suit le traitement avec un produit a priori efficace : le propriétaire verra alors davantage de puces sur son chien (et parfois sur lui-même) après traitement qu'avant, et en conclura naturellement que le produit utilisé ne marche pas. Les puces observées proviennent en fait des œufs déposés dans la maison, plusieurs semaines avant le traitement insecticide. Ces œufs vont continuer à donner naissance à des larves, des nymphes et des adultes, et le propriétaire verra surgir de nouvelles puces, jusqu'à ce que tous les œufs présents dans la maison aient éclos - ce qui peut prendre, on l'a vu, entre trois semaines et près d'un an ! Dans ce premier cas de figure, il ne s'agit donc pas d'un échec du traitement, mais de l'évolution normale de la population de puces, avant sa disparition.

 

Une autre cause d'échec apparent des insecticides est la contamination des chat de la maison par des puces de l'extérieur : visite de la petite sœur qui vient avec son propre chat, week-end chez la grand-mère en emmenant le chat, promenade du soir avec le chien de la maison et le labrador du voisin, visites nocturnes de hérissons ou de chats couverts de puces dans le jardin…

 

Si le(s) chat(s) et l'intérieur de la maison sont bien traités contre les puces, qu'aucun visiteur ne peut a priori en apporter, et que le(s) chat(s) en attrape(ent) quand même régulièrement, il faut chercher un "hot spot" à l'extérieur : en particulier une structure couverte (niche, haie, porche), de préférence ombragée et à sol sablonneux, où des animaux errants (chats, hérissons…), peuvent venir déposer des œufs de puces pendant la nuit. Il peut être intéressant d'aller se promener dans ces endroits suspects, et de voir si des puces nous sautent le long des jambes !

 

La contamination par les puces de l'extérieur peut même concerner des animaux… qui ne sortent jamais ! dans ce cas, ce sont les propriétaires eux-mêmes qui jouent le rôle de transporteurs de puces, par exemple lorsqu'ils travaillent dans le jardin à proximité d'un "hot spot". Les puces sautent donc sur les propriétaires et se laissent transporter à l'intérieur de l'habitation où, une fois arrivées, elles descendent pour aller infester le chat ou le chien de la maison, hôtes qui leur conviennent mieux que les humains. Ensuite, le cycle s'installe de façon durable à l'intérieur de l'habitation. Si un chat se toilette moins efficacement que les autres, parce qu'il est plus vieux ou qu'un problème de bouche l'empêche de se lécher, il hébergera plus de puces, qui produiront davantage d'œufs, et de déjections indispensables au développement des larves.

 

Des puces peuvent infester un chien, un chat ou un humain, "en un éclair", en moins de dix secondes montre en main, à l'occasion d'une promenade le long d'une haie, ou d'une incursion dans un débarras ou abri de jardin un peu négligé, par exemple (photo de droite). Des œufs de puces ont pu être déposés dans ces endroits par l'animal de la maison lui-même, avant son traitement insecticide, ou par des chats errants ou d'autres visiteurs. L'éclosion des cocons est déclenchée par une vibration du sol, et comme nous l'avons vu plus haut, le saut de la puce à peine éclose sur un animal ou un humain sera un réflexe devant tout changement de luminosité. Il a été démontré qu'en quelques secondes, un chat peut ainsi attraper quatre ou cinq puces.

 

Enfin, parmi les causes d'échec d'un traitement anti-puces, ne négligeons pas la possibilité que, le rythme de la vie quotidienne étant ce qu'il est, le produit insecticide n'ait pas été appliqué avec toute la régularité nécessaire, ou que l'un des animaux de la maison ait été oublié !

 

Comprendre pourquoi un traitement insecticide bien conduit ne fonctionne pas demande parfois une véritable enquête policière, évidemment impossible à réaliser en routine, faisant appel à un interrogatoire poussé des différents membres de la famille, au comptage répété des puces sur tous les animaux impliqués, à la pose de pièges à puces un peu partout dans l'environnement, et à l'identification des puces capturées : sachant que les premières puces qui éclosent sont des femelles, et les dernières des mâles, capturer essentiellement des puces mâles indiquera que l'on a réussi à stopper la reproduction et/ou le développement des œufs, et que les puces capturées sont les dernières à éclore des œufs présents dans la maison depuis longtemps (avant le traitement). En revanche, lorsque les puces sont majoritairement des femelles, a fortiori si elles sont gavées de sang, cela indique l'éclosion de nouveaux œufs et l'arrivée de nouveaux adultes, donc l'échec du traitement… ou plus probablement une contamination par des animaux extérieurs (MW Dryden : the deep dive : c'est en anglais, mais c'est très instructif ! la plupart des infos ci-dessus sont tirées de ses articles).

 

À défaut d'enquêtes aussi élaborées avec une "flea team" posant des pièges à puces dans la maison et dans le jardin, n'hésitez pas à nous contacter en cas d'échec d'un traitement anti-puces, afin de rechercher les meilleures mesures à prendre pour vous débarrasser de ces désobligeantes petites bêtes.




LES TIQUES

 

 

Qui sont les tiques du chat ? 

 

La tique est un acarien de grande taille présent dans l'environnement, en particulier dans les zônes forestières et broussailleusesessentiellement au printemps et à l'automne, même si l'on peut en rencontrer toute l'année. Dans notre région, on trouve essentiellement la "tique brune du chien" Rhipicephalus sanguineus, bien adaptée aux climats chauds et secs, également appelée "tique des chenils" du fait de sa capacité à coloniser les habitations (tique endophile) (photo de droite). Ixodes ricinus et Dermacentor reticulatus, tiques exophiles qui recherchent respectivement le froid et l'humidité, sont peu présentes sur le pourtour méditerranéen, et se rencontrent plus au nord (forêts de feuillus et sous-bois pour Ixodes ricinus, prairies, terrains vagues, haies et berges de rivières pour Dermacentor reticulatus).

 

 

Le cycle des tiques


Au cours de sa vie, une tique passe par trois stades : larve, nymphe, et adulte. Elle est obligatoirement parasite au cours de ces trois stades. Certaines tiques ne sont pas spécifiques d'espèce, et peuvent parasiter des rongeurs aussi bien que des oiseaux, des ongulés ou des chiens (cas d'îxodes ricinus). Rhipicephalus sanguineus, "notre" tique régionale, se plante essentiellement sur le chien, et à l'occasion sur le chat ou sur l'Homme.

 

La tique guette le passage d'un hôte convenable, (si possible un chien, éventuellement un chat, dans le cas de Rh. sanguineus), du haut d'une branche ou d'une brindille. Lorsqu'un chien ou un chat passe en dessous d'elle, la tique le repère à sa chaleur et à son odeur (émission de CO2 notamment), et se laisse tomber sur lui. Elle se déplace ensuite à la recherche d'une région à peau fine, où elle pourra manger tranquillement : oreille (photo de gauche), aisselle, région inguinale, ou espace inter-digité. La tique perce alors la peau grâce à ses pièces buccales élaborées, qui vont lui permettre de se fixer au chat, de secréter en moins d'une demi-heure un cément qui va renforcer cette fixation, d'injecter une salive anticoagulante qui provoque également la dilatation des vaisseaux sanguins du chat et un début de digestion,  et - c'est tout de même le but - d'aspirer le sang. La plupart du temps, le chat enlève lui-même ses tiques au cours de sa toilette, (sauf si elles sont placées à des endroits peu accessibles, comme le cou ou les oreilles)(photo ci-dessus), ce qui fait que l'on observe rarement chez le chat les fortes infestations que l'on rencontre chez le chien.

 

Le cycle de Rh. sanguineus est décrit chez le chien plus que chez le chat. La larve de la tique se nourrit sur un chien pendant deux jours, puis se laisse tomber sur le sol, et y cherche une cachette. Elle y reste de quelques jours à plusieurs semaines (selon la température et l'humidité), avant de muer en nymphe et de repartir à la recherche d'un chien. Le même processus se 
répète pour la nymphe (photo ci-dessous à droite), avec des périodes de nutrition sur le chien et de vie sur le sol plus longues que pour la larve, jusqu'à la mue en tique adulte. L'adulte femelle (photo ci-dessous à gauche) peut se nourrir sur un chien pendant plusieurs semaines, tandis que le mâle prend de multiples repas sanguins, parfois sur différents chiens de la même maison. Notons que la tique est capable de concentrer le sang qu'elle aspire, et que son volume final ne correspond en rien à la quantité de sang qu'elle a ingéré. Après l'accouplement, la femelle finit de se gorger, puis se laisse tomber sur le sol où, après un délai de quelques jours à quelques semaines, elle va pondre de façon initerrompue 1500 à 4000 œufs, sur une durée de plusieurs semaines. Il faudra de six jours à plusieurs semaines avant l'éclosion des œufs, et la sortie de fragiles larves à six pattes (dessin ci-dessus : cycle de la tique - document Mérial).

 

Photo de gauche : tique femelle adulte gorgée, de l'espèce Rhipicephalus sanguineus, retirée d'une chienne atteinte de piroplasmose, au printemps. Photo de droite : minuscules "plombs", ou nymphes de Rh. sanguineus, reconnaissables à leurs quatre paires de pattes. Ces plombs étaient présents en très grand nombre sur un chien affaibli, en milieu d'été.

 

Concrètement, les grosses tiques brunes que vous trouvez sur votre chien, (plus rarement sur votre chat), au printemps sont les femelles adultes, (les mâles étant les petites tiques noires qui gravitent autour), tandis que les minuscules "plombs" grisâtres qui les remplacent à partir du milieu de l'été et en automne, sont les nymphes issues des tiques adultes du printemps (photos ci-dessus).

 

 

Conséquences pour le chat :

 

Première conséquence qui vient à l'esprit : les tiques transmettent un certain nombre de maladies, essentiellement par morsure. La mycoplasmose (ex-hémobartonellose) est la plus connue, mais on rencontrera occasionnellement des ehrlichioses, anaplasmoses, ou encore l'hépatozoonose qui se transmet non pas par morsure, mais lorsque le chat avale une tique contaminée… Toutes ces maladies sont traitées dans un autre chapître, et ne seront donc pas développées ici. L'importance des maladies transmises par les tiques est bien moindre chez le chat que chez le chien.

 

Rappelons que la tique véhiculée par votre chien ne dédaignera pas forcément de grimper sur vous et de se  planter à un endroit où elle mettra peut-être quelques jours à être découverte (dans les cheveux…), et qu'à cette occasion, elle pourra transmettre un certain nombre de maladies (fièvre boutonneuse méditerranéenne, maladie de Lyme, ehrlichiose…). Ceci venant en plus du caractère un peu répugnant de la découverte de cette tique, quelque part sur soi !

 

Le risque d'être saigné à blanc par les tiques est quasiment inexistant chez le chat, contrairement à ce qui se passe chez le chien, les chats hébergeant rarement plus d'une dizaine de tiques. Comme nous l'avons vu plus haut, le risque d'une forte anémie par spoliation est beaucoup plus important avec les puces.

 

    

La lutte contre les tiques

 

Il est illusoire de vouloir détruire les tiques dans le milieu extérieur… à l'exception des maisons (garages, remises…) envahis par Rh. sanguineus : dans ce cas de figure, on pourra utiliser les sprays et diffuseurs déjà décrits pour lutter contre les puces dans l'environnement.

 

Au printemps et à l'automne, il est toujours possible d'essayer de garder son chat à l'intérieur pour quelques jours, le temps que les choses se calment, s'il est revenu de sa précédente escapade couvert de tiques… mais l'interdiction de sortie n'est pas toujours bien vécue !

 

En prévention : 

 

Les produits les plus efficaces que l'on utilise chez le chien (perméthrine, amitraz), sont toxiques pour le chat. Les pipettes de fipronil sont malgré tout actives sur les tiques, ainsi que d'autres spot-on plutôt indiqués pour les puces du chat. En cas de forte infestation, ces produits peuvent être administrés toutes les trois, voire deux semaines, au lieu de quatre.

 

 

En traitement :

 

Lorsque l'on découvre plusieurs dizaines de tiques galopant sur son chat (ou déjà plantées), au retour de sa promenade (photo de droite), la première chose à faire est d'en retirer un maximum, assez rapidement. En effet, les parasites ou bactéries transmis par les tiques ne sont généralement inoculés au chat que 24 à 48 heures après la morsure de la tique, même si, comme nous l'avons vu, le risque de transmission de maladies est moins important pour le chat que pour le chien. Pour les retirer, le mieux est d'utiliser un crochet à tiques (photo de gauche), qui permet d'extraire la bestiole sans risquer de laisser sa tête dans la peau du chat, et surtout, de ne pas être en contact direct avec les sécrétions de la tique si on l'écrase malencontreusement entre deux doigts, en la retirant (risque de transmission de maladies). À défaut, une pince à épiler fera tout à fait l'affaire. Et puis si l'on n'a ni crochet à tiques ni pince à épiler sous la main, à la guerre comme à la guerre, on arrache les tiques avec les doigts, et il est tout de même bien rare de laisser la tête à l'intérieur ! pensez juste à protéger vos doigts autant que possible, pour éviter le contact avec les secrétions de la tique.

 

 

Si le chat en est "claffit" (ce qui est tout de même rare), et qu'on est sûr d'en oublier quelques-unes avec notre petit crochet à tiques, il faut compléter l'épluchage manuel par l'un des produits décrits plus haut pour la prévention.

 

 

 

 

LES AOÛTATS

 

 

Qui sont les aoûtats ?

 

Relativement fréquents chez le chat, ce sont des acariens présents dans l'environnement (surtout dans l'herbe). L'espèce la plus fréquente est Trombicula autumnalis. Les aoûtats se multiplent quand les conditions climatiques sont favorables. Dans notre région, contrairement à ce que leur nom pourrait laisser supposer, on ne les rencontre pas tellement au mois d'août, mais surtout en plein hiver, quand il fait bien froid ! et aussi au printemps et en automne.

 

Ce sont les larves qui vont contaminer le chat : de toute petite taille (0,7 mm de long) et de couleur orange, elles ne deviennent visibles que quand elles sont nombreuses et regroupées (photo ci-dessous). On les repère alors sous forme de petites croûtes orange dans les zônes avec peu de poils, et dans les plis (photos plus loin) : base de l'oreille, oreillon, entre les doigts, autour des mamelles… Quelques-unes de ces petites bêtes sont visibles en mouvement, ci-dessous, et en cliquant ici.

 

Une croûte orangée a été retirée de l'oreille d'un chat (Bouba, ci-dessous), et observée au microscope : de nombreux aoûtats de couleur orange sont visibles.





Vidéo ci-dessus : larves d'aoûtat observées au microscope : quand on voit ces bestioles galoper en agitant frénétiquement leurs longues pattes, on ne s'étonne pas que les chats se grattent quand ils en ont sur les oreilles ! Plus d'images et de vidéos d'aoûtats dans la fiche Dermatologie, en cliquant ici

 

Le repas sanguin (plus précisément, de lymphe), va durer quelques jours, après lesquels la larve va se détacher spontanément, pour muer en nymphe, puis en adulte, qui ira pondre ses oeufs dans l'environnement.

 

 

Conséquences pour les chats

 

Certains chats ne présentent aucun symptôme, d'autres des démangeaisons intenses, à l'origine de rougeurs, dépilations, croutes et automutilations. Ces lésions sont le plus souvent situées sur la tête (bord des oreilles, région de l'oreillon, menton…), mais on peut en trouver sur d'autres parties du corps. Les démangeaisons sont dues à l'action directe des larves (traumatisme de la piqûre, salive irritante qui lyse les protéines), et à des mécanismes allergiques chez certains chats.

 

 

Photo de gauche : dépilations croûteuses sur le bord des oreilles de Bouba, un an et demi : le chat présentait d'autres lésions du même type en arrière des oreilles, et des croûtes au niveau du menton et des mamelles. Le tout s'accompagnait de fortes démangeaisons. Photo de droite : Vue rapprochée de la dépilation de l'oreille droite : une croûte orange, due à la couleur des larves d'aoûtats, est bien visible.



Une photo de Daisy, pendant sa préparation chirurgicale en vue d'une stérilisation (au mois de décembre). Le ventre de la minette est déjà rasé… laissant apparaître de nombreuses croûtes. L'une d'elles a été mise sous le microscope, ce qui nous a permis d'observer la présence d'aoûtats, à l'origine de cette dermite.

 

Attention, il n'y a pas que les chats qui collectionnent les aoûtats : ces petites bestioles ne dédaigneront pas de vous monter dessus, provoquant l'apparition de papules rouges, voire de pustules, très prurigineuses, particulièrement dans les zônes de frottement : à montrer à votre médecin. Comme chez le chat, les parasites s'en vont d'eux-mêmes au bout de quelques jours.

 

 

La lutte contre les aoûtats

 

On suspecte la présence d'aoûtats devant un chat qui se gratte et qui présente des croûtes orange sur la tête (oreilles, menton…) et sur le corps (entre les doigts, tour des mamelles…) Le diagnostic définitif se fait en plaçant l'une de ces croûtes sous le microscope, pour mettre en évidence les larves de Trombicula, de forme et de couleur caractéristiques (photos ci-dessus et ci-contre).

 

Les traitements antiparasitaires classiques sont moyennement efficaces. Le meilleur moyen de se débarrasser de ces bestioles est probablement de pulvériser du fipronil en spray, directement sur les croûtes orange représentant les groupes de larves.

 

Les spot-on indiqués pour les puces et les tiques chez le chat auront une certaine activité sur les aoûtats, en prévention et en traitement, à condition de les appliquer chaque deux ou trois semaines, au lieu d'une fois par mois.

 

Comme pour les tiques, pendant les périodes où le chat revient systématiquement infesté par des aoûtats, on peut toujours essayer de l'empêcher de sortir… à nos risques et périls !

 

 

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