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La vaccination du lapin

 

 

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Points forts :


. On vaccine les lapins contre la myxomatose et la maladie hémorragique (VHD).


. Il s'agit de deux maladies graves, pour lesquelles il n'existe pas de traitement efficace. Le vaccin n'empêche pas toujours d'attraper la myxomatose, mais diminue la mortalité, et la gravité des symptômes.


. Le vaccin se fait une fois par an. (Au lieu d'une fois chaque six mois, jusqu'en 2012, avant l'apparition d'un nouveau vaccin homologue).


. L'autre intérêt du vaccin est la consultation vaccinale, qui permet de faire le point, une fois par an, sur l'état de santé du lapin.






Un lapin n'est pas un petit chien ou un petit chat avec de grandes oreilles - ni d'ailleurs un gros rat ou un gros cobaye : d'un point de vue anatomique et physiologique, il s'agirait plutôt d'un petit cheval qui s'ignore. C'est dire si la consultation vaccinale du lapin sera spécifique, et ne ressemblera à aucune autre…

L'apparition, en 2012, d'un nouveau vaccin présentant de nombreux avantages, ne peut qu'inciter les propriétaires de lapins à faire vacciner leur animal.



Pourquoi faut-il vacciner mon lapin ?


D'abord parce que la myxomatose et la maladie hémorragique sont deux maladies pour lesquelles il n'existe pas de traitement, et que la vaccination est la seule protection possible. Même un lapin qui vit au troisième étage en centre ville n'est pas à l'abri, puisque la transmission se fait, entre autres, par les insectes piqueurs. Evidemment, le lapin "campagnard" que l'on laisse sortir le jour, dans le jardin où viennent la nuit folâtrer les lapins de Garenne, ou encore le lapin à qui l'on rapporte de l'herbe cueillie dans la nature, seront beaucoup plus exposés.


Une autre raison de faire vacciner son lapin, est que cela donne l'occasion, une fois par an, de l'examiner et de faire le point sur sa santé (voir plus loin le déroulement de la consultation vaccinale).


L'apparition sur le marché, en 2012, d'un nouveau vaccin homologue, non adjuvé, (donc avec moins de risques de réactions vaccinales), associant myxomatose et maladie hémorragique en une seule injection, et avec des rappels tous les douze mois (au lieu de six précédemment)… constitue une raison supplémentaire de vacciner son lapin !



Quels lapins vacciner ?


Les lapins en bonne santé, âgés de cinq semaines au moins.


On évitera de vacciner les animaux présentant une immunité défaillante, et notamment ceux qui reçoivent ou ont reçu résemment un traitement corticoïde.

On évitera aussi de vacciner les lapins le jour d'une intervention chirurgicale (en même temps qu'une castration, par exemple).


Comme nous l'avons vu au paragraphe précédent, tous les lapins sont concernés par la vaccination contre la myxomatose, maladie transmise par piqûre d'insecte. En ce qui concerne la maladie hémorragique, seront particulièrement exposés les animaux qui sortent, mais aussi ceux à qui l'on rapporte des légumes, de l'herbe ou du foin, ramassés à l'extérieur.


Photo de droite : Tennessee, avant sa vaccination.

 

Contre quelles maladies vaccine-t-on ?

 

1 - La myxomatose :

 

Il s'agit d'une maladie virale, due à un Pox virus à ADN enveloppé (comme le virus de la variole), très résistant dans le milieu extérieur. Ce qui veut dire que lorsqu'on a eu un lapin infecté, il faudra désinfecter énergiquement !

 

Rappelons que la myxomatose a été introduite volontairement en France en juin 1952 par un professeur en médecine, qui voulait protéger sa propriété contre les lapins sauvages. Malheureusement, le virus n'est pas resté sagement confiné entre les murs du potager ! À la fin de 1953, tout l'hexagone était déclaré contaminé, et à la fin des années 1950, c'était l'ensemble de l'Europe, y compris l'Angleterre. On estime que 90 à 98 % de la population de lapins sauvages périt de myxomatose en France, entre 1952 et 1955.

 

La myxomatose se présente sous trois formes principales :

 

- La forme nodulaire, la plus classique : comme son nom l'indique, elle se caractérise par l'apparition de nodules sur la face, et autour de l'anus et des organes génitaux. On observe également une conjonctivite et un œdème des paupières. La transmission se fait par piqûre d'insectes, avec une incubation de une à trois semaines - on rencontre donc cette forme de myxomatose essentiellement pendant l'été. (Photo de droite : conjonctivite et œdème des paupières chez un lapin sauvage atteint de myxomatose, trouvé agonisant au bord d'une route, en juillet. Le pauvre lapinou a été euthanasié).

 

Autre exemple de myxomatose avec œdème des paupières, chez deux lapins vivant ensemble. 

 

- La forme respiratoire : elle se traduit par une pneumonie, un jetage nasal, et là aussi conjonctivite et œdème des paupières. La transmission est directe par contact de lapin à lapin, ou indirecte par aérosol de virus. Indépendante des insectes, cette forme de myxomatose se rencontre toute l'année.

 

- Une forme cutanée proche de la variole, encore appelée maladie des boutons rouges.

 

Il n'existe pas de traitement spécifique de la myxomatose : tout ce qu'on peut faire est de traiter les symptômes (les nodules infectés, la conjonctivite…), en attendant que le lapin arrive à se débarrasser lui-même du virus.

 

Notons que la vaccination n'empêche pas forcément un lapin d'attraper la myxomatose. Mais un lapin vacciné aura moins de risques de mourir de myxomatose, et présentera des symptômes moins graves.

 

2 - La maladie hémorragique du lapin :


Encore appelée VHD, pour Viral Haemorrhagic Disease, il s'agit d'une maladie de découverte relativement récente (1984 en Chine, mise en évidence en France en 1988), et due à un Calicivirus à ARN enveloppé. Le virus est présent dans toutes les sécrétions du lapin malade, notamment dans le jetage nasal et les excreta. La transmission se fait directement de lapin à lapin, ou indirectement par l'eau, les aliments, les objets contaminés, et probablement les insectes.


Les symptômes sont aussi frustres que violents, puisqu'après une incubation de un à trois jours, les lapins présentent de l'abattement, de l'anorexie, une fièvre, des difficultés respiratoires, une diarrhée… et meurent en moins de 36 heures, dans 100% des cas ! Les hémorragies qui donnent leur nom à la maladie (saignement par le nez, par l'anus…), ne sont observés que chez 10% des lapins malades. Il n'y a pas de traitement.

 


Concrètement, comment se passe la vaccination ?

  

Vous amenez votre lapin à la clinique, dans une cage suffisamment grande pour qu'il ne se sente pas trop à l'étroit, ce qui pourrait augmenter l'anxiété due au trajet : une cage de transport pour chat sera parfaitement adaptée, davantage en tout cas qu'une boîte à chaussures ou une "boîte à NAC". (Photo de droite : Morfalou, dans sa boîte de transport).

 

Une fois arrivé en consultation, Monsieur (ou Madame) Lapin(e) sera tout d'abord examiné. On évitera de l'attraper par les oreilles pour le sortir de sa cage. Attention, les os du lapin sont très fragiles : un mouvement brusque peut provoquer une fracture de la colonne vertébrale, et une chûte de la table peut se terminer avec une patte cassée ! Signalez-nous donc si votre lapin est peureux, et peut avoir des réactions incontrôlées, avant de le sortir de sa cage : nous disposerons alors une serviette éponge sur la table, afin d'empêcher Lapin de glisser, et de rendre le contact plus agréable (ci-dessous : Burton sur sa serviette). Les plus stressés seront rassurés si on leur enfouit la tête dans la serviette, voire même si on les enroule complètement dedans.



Une partie de l'examen clinique est la même que pour le chien ou le chat (photos ci-dessous) : on regarde l'allure générale, l'état d'embonpoint, la couleur des muqueuses, on palpe l'abdomen, on écoute les bruits du cœur et de la respiration, on vérifie l'intérieur des oreilles à l'aide d'un otoscope.


 

Examen clinique de Morfalou, avant sa vaccination : palpation de l'abdomen (photo de gauche), et auscultation cardiaque (photo de droite).


Il existe cependant quelques spécificités de l'examen clinique du lapin : on vérifiera particulièrement sous la queue, l'absence de traces de diarrhée, et sous les pattes arrières,
l'absence d'abcès ou autres lésions de la peau (ci-dessous à gauche : coloration des poils sous les pattes arrières d'un lapin bélier, indiquant une macération). La longueur des ongles sera contrôlée. Enfin et surtout, l'état des dents sera vérifié : cela se fait sans difficulté pour les incisives, qui poussent parfois complètement de travers et demandent alors à être coupées (un exemple un peu extrême sur la photo ci-dessous à droite !). Pour les dents du fond, qui peuvent également mal pousser et irriter la gencive, l'examen (à l'otoscope) ne pourra se faire que chez les lapins pas trop stressés ! (ou sous sédation, mais seulement pour les lapins dont le comportement laisse suspecter un problème de ce côté-là).


 


Les parasites intestinaux n'étant pas rares dans cette espèce, il peut être intéressant d'apporter des crottes de son lapin, qui seront analysées pendant la consultation. Cet examen est conseillé particulièrement chez le lapereau, avant son premier vaccin, et chez le lapin adulte si ce dernier sort beaucoup, ou en cas d'amaigrissement, de diarrhées, de crottes plus rares ou de plus petite taille…


Une fois l'examen clinique terminé, et si tout va bien… on vaccine !




Et après, faut-il des rappels ?


Un rappel par an, comme pour les chiens et les chats.

Ce qui constitue un progrès, puisque les "anciens" vaccins, jusqu'en 2012, demandaient deux injections par an.



Y a-t-il des risques ou des effets secondaires ?


Après vaccination, on décrit occasionnellement une augmentation de la température du lapin de 1 à 2°C, un petit nodule au point d'injection qui doit disparaître en moins de deux semaines, une augmentation de taille du ganglion le plus proche, le tout sans atteinte de l'état général.


L'arrivée, depuis 2012, d'un nouveau vaccin homologue, sans adjuvant, permet d'obtenir une meilleure protection, avec moins de réactions locales au point d'injection (en particulier, il n'existe plus de risque de fibrome de Shope, que nous n'avions rencontré, au demeurant, qu'exceptionnellement).



Et combien ça coûte ??


Voir nos tarifs par ici



Autre chose à faire, pour éviter une contamination ?


En premier lieu, lutter contre les insectes piqueurs. Les insecticides en "spot-on", que l'on peut utiliser chez le lapin pour lutter contre les puces et autres parasites externes, auront toujours un certain effet répulsif, que l'on pourra compléter par quelques mesures de bon sens (moustiquaires…), notamment pendant l'été, à la tombée du jour.


Après, éviter de sortir son lapin dans les coins du jardin pouvant avoir été visités nuitamment par des lapins sauvages, et ne pas nourrir son lapin avec de l'herbe ramassée à la campagne, et susceptible d'avoir été contaminée par les selles d'un lapin malade.




 

… Et pour faciliter le suivi de votre lapin par votre vétérinaire, n'oubliez pas d'apporter son carnet de santé à chaque visite !

© Copyright texte, logo et photos : SCP Vétérinaires Beaufils, Jumelle, Jannot, Lorant

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