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La vaccination du chien

 

Tous droits réservés pour tout support, reproduction interdite.




Points forts :

 

. Les chiens sont classiquement vaccinés contre la maladie de Carré, l'hépatite de Rubarth, la leptospirose (vaccin L4 pour quatre sérovars), la parvovirose, et les trachéo-bronchites infectieuses ("toux de chenil").


. Le vaccin contre la leishmaniose, disponible depuis fin 2011, ne garantit pas une protection à 100 % contre cette maladie, mais diminue nettement le risque de développer la maladie. En association avec les colliers ou pipettes répulsifs pour les "moustiques" (phlébotomes), ce vaccin constitue un progrès important dans la lutte contre la leishmaniose, maladie très répandue dans notre région.


. Le vaccin contre la piroplasmose est particulièrement intéressant pour les chiens qui voyagent dans des régions où cette maladie est fréquente (sud-ouest notamment), ou qui sont souvent infestés par des tiques.

 

. Le vaccin rage est obligatoire pour les chiens qui passent une frontière. Pour pouvoir être vacciné contre la rage, le chien doit être identifié par tatouage ou par puce électronique. Le vaccin rage est inscrit sur un passeport européen, délivré lors du premier vaccin.

 

. Les réactions vaccinales graves, (autres qu'une fatigue transitoire ou une douleur passagère au point d'injection), sont exceptionnelles chez le chien.

 

. Nos tarifs pour les vaccinations "chien" sont consultables par ici, et le même article en version "chat" est consultable par  !




                                   



Pourquoi faut-il faire vacciner son chien ?

 

La vaccination a pour but de protéger votre compagnon contre une maladie, le plus souvent d'origine virale ou bactérienne, mais aussi, depuis peu, parasitaire (piroplasmose et leishmaniose). C'est le meilleur moyen de lutte contre les maladies infectieuses, reconnu et appliqué universellement, aussi bien en médecine humaine qu'en médecine vétérinaire. Grâce à des programmes de vaccination systématiques, on peut même espérer éradiquer certaines maladies 
comme l'a été chez l'homme la variole en 1981. Sans pouvoir parler d'éradication, la maladie de Carré et la parvovirose, véritables fléaux chez le chien il y a quelques dizaines d'années, sont beaucoup moins fréquentes aujourd'hui.

 

Autre intérêt non négligeable de la vaccination : la consultation vaccinale ! c'est souvent la première occasion de présenter votre chiot à un vétérinaire, de voir si tout va bien (examen des oreilles, auscultation cardiaque…), et d'obtenir les réponses aux questions que vous pouvez vous poser (comportement, vermifugations, tatouage ou puce électronique, avantages et inconvénients de la stérilisation…)(photo ci-dessus à droite : examen complet, lors de la première consultation vaccinale d'un petit chi hua hua).

 

 

                                      

 

Alors, comment ça marche ?

 

La vaccination stimule les défenses immunitaires de l'organisme. Elle induit une réaction immunitaire qui permettra à votre animal de réagir rapidement et efficacement en cas de contact ultérieur avec le virus, la bactérie ou le parasite qui provoque la maladie, et lui évitera ainsi d'être malade ou en atténuera les symptômes.

 

Et tous les combien on vaccine ?

 

La première année, on parle de primovaccination. C'est en fait la première partie du protocole vaccinal. Elle peut être constituée d'une, deux ou trois injections, suivant la nature du vaccin et suivant l'âge de l'animal (voir détail ci-dessous, maladie par maladie). En général, la vaccination débute à partir de l'âge de sept semaines. Cependant, les chiots peuvent être protégés contre la parvovirose (voir la fiche conseil correspondante) dès l'âge de cinq semaines. Un carnet de santé (ou un passeport européen si l'on souhaite vacciner contre la rage), vous sera délivré lors du premier vaccin.

 

    

 

On dit souvent qu'un chiot ne doit pas sortir avant d'être complètement vacciné : certes, cela réduit le risque d'attraper une maladie contagieuse pendant ces tout premiers mois, où le chiot est particulièrement vulnérable. Mais cela conduit aussi de jeunes chiens de presque cinq mois à n'être jamais sortis de leur appartement, avec tous les troubles comportementaux que cela risque d'entraîner ! (voir la fiche Comportement sur la socialisation du chiot). Il convient donc d'adopter une attitude raisonnable qui ménage les deux impératifs, sanitaire et comportemental : on peut et on doit faire sortir un chiot même s'il n'est pas encore complètement vacciné, mais il faut l'amener dans des endroits non souillés (éviter les trottoirs de ville avec une crotte tous les 10 mètres), et lui faire rencontrer des chiens que l'on connaît, en bonne santé et à jour de leurs vaccins.

Après la première année, il est impératif de procéder à des rappels annuels réguliers, afin d'entretenir la protection obtenue. Le plus souvent, le rappel est constitué d'une seule injection vaccinale. Toutefois, cela peut varier selon le contexte épidémiologique (rappel tous les six mois pour les chiens très exposés à la leptospirose, par exemple), et la législation en vigueur. Votre vétérinaire traitant  vous indiquera le protocole de vaccination le mieux adapté à votre animal.

 

Y a-t-il des effets secondaires ?

 

Un nodule ou une douleur peuvent se manifester au point d'injection, dans les deux-trois jours qui suivent le vaccin. On nous signale aussi parfois une fatigue, un chien un peu moins actif, pendant une demi-journée ou une journée. Ces effets secondaires sont rares sans être exceptionnels, et ne sont jamais graves. En cas de douleur importante ou de nodule bien visible, le chien pourra nous être remontré, et un anti-inflammatoire, en application locale ou en comprimés, sera prescrit si nécessaire. En tout état de cause, ces effets secondaires surviennent rapidement après l'injection : si un chien se met à vomir trois semaines après le vaccin, il faut rechercher une autre origine !

 

Les effets secondaires graves (choc allergique "sous la seringue", anémie ou thrombopénie à médiation immune se déclarant durant les jours qui suivent…) sont décrits, mais très exceptionnels.

 

Bon, et contre quelles maladies ?

 

Les vaccins "traditionnels" sont ceux dirigés contre la maladie de Carré, l'hépatite de Rubarth, la parvovirose, et les leptospiroses.

 

Nous avons pris l'habitude d'y associer systématiquement le vaccin contre les maladies respiratoires contagieuses du chien, souvent appelées de façon un peu caricaturale "toux de chenil".

 

Le vaccin contre la rage est surtout destiné aux animaux qui voyagent (et aux chiens de 1e et 2e catégories), cette maladie n'étant plus présente en France métropolitaine depuis pas mal d'années.

 

Enfin, les vaccins contre la piroplasmose et, plus récemment, la leishmaniose, seront conseillés aux chiens exposés à ces parasites.

 

 

Dans le détail :


1 - La maladie de Carré (C)
C'est une maladie très contagieuse, due à un Morbillivirus, qui touche 
essentiellement le chien, mais aussi le renard et le furet (voir la fiche conseil NAC sur la vaccination du furet). Elle n'est plus aussi présente que dans les années 1960 ou 70 (la dernière grande épidémie dans la région remonte à une vingtaine d'années), mais on la rencontre encore occasionnellement, et contrairement aux idées reçues, elle peut affecter des chiens de tout âge (nous avons vu mourir de maladie de Carré des vieux chiens de 14 ans). Le virus est inhalé par voie respiratoire, soit directement à proximité d'un chien malade, soit par l'intermédiaire des vêtements ou des chaussures du propriétaire, s'il a été en contact avec un animal infecté. La propagation du virus est très rapide, au sein d'un effectif de chiens non vaccinés. Les symptômes sont variés, avec une fièvre, un jetage oculaire et nasal purulent, de la toux, des vomissements et de la diarrhée, et en fin d'évolution, des symptômes nerveux (spasmes musculaires, paralysie)(photo ci-dessus à droite : chiot atteint de maladie de Carré, avec un jetage oculaire et nasal purulent). Les traitements sont peu efficaces une fois la maladie déclarée, et l''évolution est généralement mortelle dans les 2 à 4 semaines suivant l'infection.

Le vaccin contre la maladie de Carré est inclus dans tous les protocoles vaccinaux classiques chez le chien. Il est très efficace pour prévenir la maladie. Les rappels se font tous les deux à trois ans selon le contexte, plus souvent en cas d'épidémie.

2 - L'hépatite de Rubarth (H)
Cette maladie contagieuse est due à un Adénovirus qui entraîne de la fièvre et une atteinte grave du foie. Elle est aujourd'hui très rare, mais le vaccin contre l'hépatite de Rubarth reste traditionnellement associé à celui de la maladie de Carré.

3 - La parvovirose (P)
Il s'agit d'une maladie très contagieuse due, comme son nom l'indique, à un parvovirus. Celui-ci se transmet très facilement, essentiellement par les selles, et résiste jusqu'à cinq mois dans l'environnement. Les chiots sont particulièrement sensibles, ainsi que certaines races, comme les rottweilers. Une grande épidémie a eu lieu à la fin des années 1970-début des années 1980, et depuis, nous rencontrons régulièrement des cas occasionnels. La parvovirose se traduit chez le chien par une diarrhée et des vomissements hémorragiques extrêmement sévères (photo de droite), et un effondrement de l'immunité (pancytopénie), conduisant souvent à la mort de l'animal en quelques jours, voire en quelques heures.

Le vaccin est généralement très efficace. La vaccination des chiots contre cette maladie peut débuter dès l'âge de cinq semaines à l'élevage, mais sur des chiots vivant seuls et en milieu non contaminé, elle est généralement commencée à partir de sept semaines, avec les autres vaccins. L'un au moins de ces vaccins doit être injecté après l'âge de trois, voire quatre mois.

Plus d'informations sur la vaccination parvovirose, et notamment sur le "trou vaccinal" entre huit et douze semaines d'âge sont lisibles ici.

D'un point de vue législatif, la parvovirose est une maladie visée par la loi du 22 juin 1989 en tant que vice rédhibitoire. Mais cette notion, tout comme celle de vice caché antérieur à la vente, a perdu de son importance avec la loi Hamon du 18 mars 2014 : plus de détails en suivant ce lien.

4 - La leptospirose (L)
Cette maladie est provoquée par tout un groupe de bactéries, appelées leptospires (Leptospira icterohaemorragiae, Leptospira canicola, Leptospira grippotyphosa, Leptospira canada…), qui sont véhiculées par les rongeurs, essentiellement les rats. Elle peut toucher de nombreuses espèces animales, Homme inclus. La  contamination se fait principalement par contact avec des urines infectées (par exemple lorsqu'un chien boit une eau stagnante - flaque, lac - dans laquelle un rat porteur a uriné). La maladie peut aussi se transmettre, mais moins fréquamment, par morsure, de la mère au fœtus à travers le placenta, et en mangeant de la viande infectée. La leptospirose provoque une atteinte hépatique et rénale grave se traduisant par une fièvre, une gastro-entérite, une jaunisse (photo de gauche), des urines foncées, et une augmentation souvent dramatique de l'urée et de la créatinine. La maladie évolue souvent, plus ou moins rapidement, vers la mort.

Attention, la leptospirose est une zoonose, qui peut être transmise aux humains non seulement par les urines (ou la morsure) d'un rongeur, mais aussi par les urines d'un chien, évidemment pendant sa maladie, mais aussi, dans certains cas, après guérison.

Contrairement à la maladie de Carré ou à la parvovirose, la leptospirose peut être traitée efficacement, dans la mesure où il s'agit d'une bactérie répondant à certains antibiotiques… à condition toutefois qu'elle n'ait pas endommagé le foie et les reins de façon irréversible avant même que le traitement ne soit commencé !

Le vaccin contre la leptospirose est moins efficace que d'autres vaccins (par exemple, ceux contre la maladie de Carré et la parvovirose), et ce pour deux raisons : d'abord, sa durée d'action est relativement courte (une dizaine de mois), ce qui fait que les chiens les plus exposés (chiens militaires, chiens qui chassent au marais), pourraient recevoir trois injections de primovaccination au lieu de deux (toujours après l'âge de trois mois), et une injection de rappel tous les six mois, au lieu d'une fois par an. 

Par ailleurs, jusqu'à un passé récent, le vaccin n'incluait que deux "souches" de leptospires : Leptospira interrogans sérogroupe icterohaemorragiae, et Leptospira interrogans sérogroupe canicola, souches "historiques" qui n'étaient plus majoritaires aujourd'hui chez les chiens infectés. Or, il existe dans la nature plus de 250 sérovars pathogènes, répartis en 24 sérogroupes, dont 10 (sérogroupes) sont d'importance reconnue chez le chien ! Depuis la fin des années 2010, la plupart des vaccins, désignés sous l'appellation L4, intègrent deux autres souches : Leptospira interrogans sérogroupe Australis, actuellement très largement majoritaire chez les chiens infectés, et Leptospira kirschneri sérogroupe Grippotyphosa. Il semblerait en outre que le vaccin assure un certain degré d'immunité croisée vis à vis d'autres sérovars.

Ainsi, même si ce vaccin ne protège toujours pas à 100 %, son efficacité s'est largement améliorée avec l'arrivée des L4, diminuant le risque d'attraper la maladie, et de développer les formes les plus graves.


5 - Les maladies infectieuses respiratoires (Pi, TC)

De nombreux agents sont impliqués dans ce groupe de maladies, mais on retiendra surtout le virus parainfluenza, et l'agent de la rhinotrachéite infectieuse, la bactérie Bordetella bronchiseptica. Ce sont des maladies très contagieuses, se transmettant par des virus ou des bactéries véhiculés par l'air : le contact direct avec l'animal infecté n'est donc pas nécessaire. Les risques sont plus élevés en collectivité (chenil, pension, élevage, exposition…), d'où leur appellation un peu caricaturale et réductrice de "toux de chenil". Ces maladies se caractérisent par une trachéobronchite (toux forte et fréquente), souvent bénigne et guérissant spontanément, mais pouvant évoluer vers une atteinte pulmonaire grave (nous avons vu de telles pneumonies menaçant la vie de l'animal, et qui n'ont pu être guéries qu'après identification du germe par fibroscopie et lavage bronchoalvéolaire, et un traitement antibiotique long). (Photo ci-dessus : radiographie thoracique d'un jeune yorkshire terrier toussant depuis plusieurs mois. La radio montre une importante densification bronchique et interstitielle du poumon. Le lavage broncho-alvéolaire a permis d'isoler une Bordetella bronchiseptica, et de sélectionner l'antibiotique le plus actif pour la traiter).

Il existe plusieurs types de vaccins (injectés ou inhalés) contre ces maladies, qui ne sont pas traditionnellement associés aux vaccins classiques (maladie de Carré, etc). Depuis une vingtaine d'années, nous avons pris le parti de vacciner systématiquement contre le virus Parainfluenza et la bactérie Bordetella (deux injections de primovaccination la première année, suivies d'un rappel annuel), et nous avons constaté une nette réduction du nombre de chiens présentant ce genre de toux, souvent bénigne, mais handicapante (personne ne dort dans la maison pendant une dizaine de jours), très contagieuse à tous les chiens vivant à proximité, et dégénérant parfois en pneumonies potentiellement mortelles.

 

6 - La rage (R)
La rage est une maladie contagieuse, transmissible à l'Homme, et à ce titre… avec laquelle on ne plaisante pas !! (par exemple, la loi impose la mise sous surveillance sanitaire de tous les chiens ayant mordu une personne - des fois que).

Une fois la maladie déclarée, elle se traduit par des troubles nerveux conduisant inéluctablement à la mort, chez le chien comme chez l'humain. Elle fait l'objet d'une surveillance sanitaire stricte, qui impose la vaccination pour tous les chiens vivant dans une zone déclarée infectée. Le vaccin est aussi obligatoire pour les chiens de première et deuxième catégorie, tels que définis dans la loi 99-5 du 6/02/99, et pour tout passage de frontière dans un sens ou dans l'autre. En revanche, il n'est plus obligatoire pour se rendre en Corse, en Martinique, en Guadeloupe et à la Réunion depuis 2008, mais reste obligatoire pour la Guyane et Mayotte, où la rage est encore présente. Pour certains pays, une prise de sang pour dosage des anticorps antirabiques est, en outre, exigée avant importation de l'animal, afin de vérifier que le vaccin rage a bien "fonctionné" chez ce chien. D'une manière générale, il est conseillé de se renseigner sur la législation du pays de destination avant tout passage de frontière (très bonnes infos, régulièrement mises à jour sur le site Anivet).

Signalons que depuis 2007, la vaccination antirabique n'est plus obligatoire pour les lévriers participant à une course publique, ainsi que dans les lieux de rassemblement, (campings, centres de vacances, pensions, clubs d'éducation…), sauf si leur règlement intérieur le stipule.

 

La France est actuellement considérée comme indemne de rage et cette vaccination n'est pas obligatoire en dehors des cas précités. Cependant, suite à des cas de rage sur des animaux importés de l'étranger, la vaccination peut devenir obligatoire ponctuellement dans certains départements. (Ce fut le cas dans le Gard en 1998-1999). Signalons tout de même la présence de rage chez des chauves-souris, pouvant entraîner exceptionnellement une contamination chez des humains, (essentiellement spéléologues évoluant dans des grottes habitant de très nombreuses chauves-souris), ou des animaux de compagnie. (Un cas chez un chat en 2020, le cas précédent en… 2007).

Pour un chien qui ne voyage pas et qui ne rentre pas dans la liste ci-dessus, le seul intérêt de la vaccination est d'être protégé, (s'il est également identifié), en cas de contact avec un animal enragé… ce qui est tout de même très improbable, puisqu'il n'y a plus de rage en France métropolitaine, en dehors de cas d'importation tout à fait ponctuels. Souvenons-nous malgré tout que lors du cas de rage à Nîmes en mai 1998, les chiens présents dans la salle d'attente et dans le chenil du vétérinaire chez qui le chien enragé a été amené, ainsi que les chiens de la SPA susceptibles d'avoir été en contact avec lui, ont tous été euthanasiés.

Le vaccin antirabique se fait en une seule injection la première année, suivie d'un rappel tous les un à trois ans, selon le vaccin utilisé.

 

Attention, pour que la vaccination rage soit considérée comme valable, le chien doit être préalablement identifié par tatouage ou puce électronique (et uniquement par puce électronique pour les passages de frontière). Le vaccin rage est obligatoirement inscrit sur un passeport européen, qui est généralement délivré lors du premier vaccin antirabique.

 

7 - La leishmaniose

(plus de détails sur cette maladie en cliquant ici)

La leishmaniose est une maladie transmise par piqûre d'un petit moucheron (le phlébotome), très répandue dans notre région, particulièrement autour de Sommières-Villevieille, et dans les Cévennes en général ; elle est moins présente dans la Vaunage, et à proximité de la côte. Les symptômes sont variés, parfois évocateurs (squames sur la peau, saignements de nez…), mais le plus souvent frustres (fatigue, amaigrissement… évoluant sur des mois, voire des années). Le traitement, long, permet souvent, (pas toujours), de faire disparaître ces symptômes, mais les chiens restent généralement porteurs de la leishmaniose pendant tout le reste de leur vie. (Ci-dessus à droite, quelques dizaines de leishmanies autour du noyau d'un macrophage, sur un étalement de moelle lsseuse. Ci-dessous à gauche : un chien atteint de leishmaniose).

 

Un premier vaccin contre la leishmaniose (CaniLeish®) a vu le jour fin 2011, après plus de 10 ans de développement, grâce à une technique de culture in 

vitro des leishmanies mise au point par l'Institut de Recherche et de Développement (IRD) de Montpellier, dans les années 1990. C'est un vaccin constitué de protéines très immunogènes de leishmanies, avec de la saponine pour adjuvant. Le vaccin se pratique en trois injections espacées de trois semaines la première année, le chien étant immunisé un mois après la dernière injection. Un rappel doit être pratiqué chaque année, par la suite.


Un deuxième vaccin, (LetiFend®) est commercialisé depuis 2018. Celui-ci est un vaccin recombinant, obtenu par génie génétique, non adjuvé. La primovaccination se fait en une seule injection, l'immunité étant, là aussi, acquise un mois plus tard. Les rappels se font également une fois par an.


Les chiens peuvent être vaccinés contre la leishmaniose à partir de l'âge de six mois, mais pas en même temps que contre les autres maladies (maladie de Carré, leptospirose, parvovirose…) : un intervalle d'au moins un mois est recommandé. Avant d'injecter le vaccin, les chiens sont préalablement testés pour voir s'ils ne sont pas déjà porteurs de leishmaniose : seuls les animaux négatifs peuvent être vaccinés (voir plus loin).


Efficacité :

Il n'y a pas encore eu d'étude comparant l'efficacité des deux vaccins, dans une même population de chiens. Des publications différentes montrent que tous deux ont un effet protecteur, mais faute d'une comparaison directe, on ne peut pas dire si l'un des deux vaccins est supérieur à l'autre… et si oui, lequel !

 

Pour Canileish :

Dans une étude portant sur 60 chiens vivant dans des chenils très exposés à la leishmaniose, près de Naples et de Barcelone, 12,3% des chiens vaccinés ont été infectés par des leishmanies pendant les deux ans qu'a duré l'étude, contre 33,3% des non vaccinés. Et 7% des chiens vaccinés ont présenté des symptômes de leishmaniose, contre 23% des non vaccinés.

Dans une étude plus récente (2014) réalisée sur 90 chiens vivant dans des zônes de très forte endémie leishmanienne, 92,7 % des chiens vaccinés ne présentaient pas de symptôme de leishmaniose après deux saisons d'exposition, contre seulement 76,9 % des chiens non vaccinés. La vaccination a donc divisé par 3,6 le risque de développer une infection, et par 4, le risque de développer des symptômes de leishmaniose. En outre, si la probabilité d'être infecté par des leishmanies (mesurée par PCR) était la même dans les deux groupes, les chiens vaccinés ont été significativement plus nombreux à se négativer par la suite.

 

Pour LetiFend :

Dans une étude publiée en 2018 et portant sur 549 chiens vivant en zone de leishmaniose, en France et en Espagne, le risque pour les chiens vaccinés de développer l'infection a été divisé par 5 par rapport aux chiens non vaccinés, et celui de présenter des symptômes, par 9,8, pendant les deux ans qu'a duré l'étude.

 

Encore une fois, faute d'études comparant directement les deux vaccins, dans les mêmes conditions, sur les mêmes populations de chiens, il est impossible de comparer les chiffres ci-dessus, et d'affirmer que l'un des deux vaccins est supérieur à l'autre. Ce que l'on peut affirmer, en revanche, c'est que Canileish comme LetiFend diminuent nettement le risque d'attraper une leishmaniose et d'en développer les symptômes… sans le supprimer totalement ! Ces vaccins constituent donc une arme de plus contre la maladie, mais ne dispensent pas des autres mesures de protection (répulsifs contre le phlébotome, faire dormir les chiens à l'intérieur, etc).

 

Réactions post-vaccinales :

 

Pour Canileish :

Les propriétaires de chiens vaccinés ont noté des réactions post-vaccinales dans moins de 10% des cas : manifestations générales (fatigue, baisse d'appétit…) chez 6% des chiens, réactions locales (douleur au site d'injection…) dans 3,5% des cas. Ces manifestations régressent en 1 à 6 jours, (réactions générales), et 2 à 15 jours (réactions locales).

Deux rapports européens publiés par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation,  de l'environnement et du travail, publiés en 2013 et 2015, ont classé comme rares les effets indésirables graves qui apparaîtraient consécutivement à l'utilisation du CaniLeish (entre 1 et 10 chiens sur 10 000). Des cas de nécrose cutanée ont été quantifiés comme très rares.

(Source : Résumé des Caractéristiques du Produit). 

 

Pour LetiFend :

Des démangeaisons au site d'injection ont été observées très fréquemment, soit dans plus d'un cas sur dix. Ces démangeaisons ont disparu dans les quatre heures suivant l'injection.

(Source : Résumé des Caractéristiques du Produit).

 

Aucun des deux vaccins n'est dangereux pour un chien qui serait déjà porteur de leishmanies, ni ne risque pas d'aggraver la maladie. En revanche, à l'heure actuelle, aucune étude ne prouve que la vaccination présenterait un intérêt pour un chien déjà leishmanien : il est donc recommandé de tester les chiens avant de les vacciner pour la première fois, afin de ne pas les vacciner "pour rien" s'ils sont déjà positifs.


8 - La piroplasmose (ou babésiose) : plus d'infos par ici

La piroplasmose est due à un parasite des globules rouges, Babesia canis, également appelé piroplasme à cause de sa forme en poire, et transmis de chien à chien par morsure de tique. Il s'agit, de loin, de la plus connue et de la plus répandue des maladies transmises par les tiques chez le chien, en France, avec des milliers de cas décrits chaque année sur l'ensemble du territoire. Dans notre région, tout en étant beaucoup plus rare que dans le Sud-ouest ou dans la vallée du Rhône, par exemple, la piroplasmose s'observe avec une fréquence très inconstante : moins d'une dizaine de cas sont généralement diagnostiqués au printemps, aucun cas pendant l'automne 2012, par exemple… mais de très nombreux cas au printemps 2014, après un hiver particulièrement doux. Les symptômes sont variés et peuvent être trompeurs (toux, boiterie…), mais les plus fréquents sont une forte fièvre, une fatigue, une anorexie, des muqueuses pâles, et l'émission d'urines foncées. Les chiens non traités décèdent assez rapidement dans la plupart des cas, mais on dispose d'un traitement simple (en une seule injection !), qui guérit en 24 heures l'immense majorité des chiens atteints.

Depuis quelques années, il existe des vaccins contre la piroplasmose. Leur durée d'action est brève (il est donc recommandé de vacciner juste avant la saison des tiques), et leur efficacité n'est pas complète. Ils peuvent malgré tout empêcher un certain nombre de chiens d'attraper la piroplasmose, et ceux qui l'attrapent quand même font souvent des formes moins sévères. La vaccination se pratique en deux injections à un mois d'intervalle la première année, suivies de rappels annuels, voire bisannuels dans les zônes très exposées. Elle ne dispense évidemment pas des autres mesures de protection (colliers, sprays ou spot-on anti-tiques).

 

 

… Et pour faciliter le suivi de votre chien par votre vétérinaire, n'oubliez pas d'apporter son carnet de santé ou son passeport à chaque visite !

                            

© Copyright texte, logo et photos (hormis la photo du chien enragé -Dieu merci, nous n'en avons jamais vu de près - et les dessins d'infirmières) : SCP Vétérinaires Beaufils, Jumelle, Janot, Lorant. Tous droits réservés pour tout support, reproduction interdite.